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Otis Redding, Live In Europe (1967, Volt/ATCO)

Otis Redding, Live In EuropeLa carrière d’Otis Redding se révéla météorique. Le chanteur de Macon (Géorgie) n’enregistra sous son nom que pendant sept ans, de 1960 à 1967, date de son décès. Il ne publia, de son vivant, que six albums studios, entre 1964 et 1967, véritables points culminants d’une carrière arrêtée en plein vol. Le destin tragique d’Otis, un accident d’avion (avec une partie des Bar-Kays qui l’accompagnait), marqua les esprits et contribua à établir la légende. Pourtant, le chanteur afro-américain fit beaucoup pour la soul de son vivant. Il participa activement au succès de la musique noire auprès d’un public blanc encore très conservateur. Continuer la lecture de « Otis Redding, Live In Europe (1967, Volt/ATCO) »

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Section Sixteen #11 : Nils, 10 ans

Qu’écoutent réellement nos kids ?

Dessins de Nils
Logo : Gabrielle B.

Elles / ils sont des filles de, fils de – ou peut-être des cousines ou des cousins, des nièces, des neveux. Toute la journée, toute la semaine, ils subissent la musique forcément cool qu’écoutent leurs parents ou les membres de leur famille. Alors, ces ados et pré-ados sont-ils déjà condamnés à écouter ce qu’on leur impose au presque quotidien ? Pas forcément, la preuve par 16, comme en témoigne la onzième mixtape de cette série, concoctée par Nils, 10 ans.

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La Récré, Ne Penser à Rien EP (BMM)

Un peu plus d’un an après un excellent EP chroniqué ici-même, La Récré, le duo formé par Émile Sornin (Forever Pavot) et Cédric Laban, (Isaac Delusion) revient aux affaires avec Ne Penser à Rien. Ils retrouvent à nouveau le label Black Milk Music (Fat Badgers, M.A. BEAT!…) Le groupe affine ici encore d’avantage sa formule punk jazz, selon la description bandcamp des intéressés. Du punk, les Français ont gardé la liberté de ton et cette capacité à se défaire des conventions. Leur musique est certes ancrée dans le jazz, mais ne se contente pas de réciter les fondamentaux. La simplicité d’Absolument Rien n’a, par exemple, rien d’austère. Continuer la lecture de « La Récré, Ne Penser à Rien EP (BMM) »

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Clique & Collecte chez Le Souffle Continu à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Le Souffle Continu, Paris
Le Souffle Continu, Paris
Fondé en Octobre 2008 par deux anciens ténor du quartier Jussieu, Theo Jarrier (Paris Jazz Corner) et Bernard Ducayron (Jussieu Musique) Souffle Continu n’a jamais usurpé son titre de temple de l’underground parisien. Gardant et élargissant le cap de ces échoppes qui ont temporairement fait plus d’une éducation (Les Etablissements Phonographiques de l’Est, Wave) avant de devenir à raison, cultes, Souffle Continu ne propose pas seulement des disques à acheter mais surtout, une histoire oblique, une pédagogie, un accès sans contraintes à tout ce qui a pu pimenter les musiques transversales depuis deux siècles. Theo et Bernard ne s’arrêtent d’ailleurs pas là puisque Souffle Continu est également un éminent label de réédition de pointe dont les parutions hyper chiadées sont toujours des événements. Barney Willen, Steve Potts, Heldon, Red Noise, Emmanuelle Parrenin, Mahogany Brain, Mahjun, Jacques Thollot, et à mesure que la liste s’allonge, c’est bien un véritable patrimoine sonore qui se fait jour et qui ne tombera pas dans l’oubli. Le magasin prolonge ses explorations avec des rencontres, des débats et des concerts dont la liste donne le tournis et les intervenants (Thurston Moore, Don Cherry, Etienne Jaumet, Richard Pinhas, Areski ou encore Irmin Schmidt de Can) confortent toute la raison d’être de ce lieu décidément incontournable.
Le Souffle Continu, 20-22, Rue Gerbier dans le 11ème à Paris, également joignables sur leur site, leur page facebook, par téléphone au 01 40 24 17 21 et par mail : contact@soufflecontinu.com
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Clique & Collecte chez Modulor à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Modulor, Paris.
Modulor, Paris.
Créé en 2008 à Paris par Elvin Pagiras, Modulor est au départ un label et une société de distribution numérique et physique au service des artistes indépendants. Au fil des ans, Modulor se développe en lançant notamment ses services de promotion et marketing, sa propre logistique basée à Alfortville et plusieurs sous labels dont Le Très Jazz Club avec Fuzati du Klub des Loosers et Wewantsounds (dont nous vous avons déjà parlé ici notamment) avec Matt Robin. En 2018, Modulor lance son site de vente en ligne, modulor-records.com et l’année suivante, la société fait l’acquisition de nouveaux bureaux flambants neufs et s’installe dans le 20ème. Ces locaux sont l’occasion d’offrir une belle vitrine aux labels distribués, dont un certain nombre d’habitués des colonnes de section26 : Drag City, Mexican Summer, Sub Pop, Captured Tracks, Sacred Bones, Constellation, Asthmatic Kitty, Touch & Go, Kompakt, Ghostly International, Big Crown, Daptone, Glitterbeat, Analog Africa, Effiscienz, Rhymesayers, et Death Row pour n’en citer que quelques uns. Depuis l’offre de la boutique gérée par Pierre Blotman s’est élargie à d’autres fournisseurs. Il s’explique : “Le 20ème ne comporte presque aucun disquaire, nous sommes dans un quartier assez calme et familial. Malgré le jeune âge de la boutique et les mois d’arrêt dû au confinement, on a développé une clientèle d’habitués et de passage. Indépendante de la partie distribution située au même endroit, la boutique propose un choix plus large que ce qui est distribué, notre sélection est plutôt éclectique, allant du hip-hop au jazz, en passant par de l’électro et la world avec un grand choix de rock indé. Nous sommes plus tournés vers la musique indépendante et évitons au maximum la grosse cavalerie de major.” Et pour contrer la baisse d’activité liée à la fermeture provisoire, le site va proposer 15% de réduction sur tout le stock avec le code HIVER2020. A suivre !
Modulor, 28 rue du Surmelin dans le 20ème à Paris, et via leur site modulor-records.com et par téléphone au 01 42 23 09 06.
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Je déteste la musique

Schädel mit Kerze (Crâne avec bougie), Gerhard Richter, 1983
Schädel mit Kerze (Crâne avec bougie), Gerhard Richter, 1983

Sortir de la nuit : marcher vers la lumière — ne pas atteindre le bout du chemin. Peut-on, par l’entremise de la peur et de la désolation, perdre jusqu’à la dernière fonction émotionnelle ? Peut-on, sous la menace du temps qui file entre nos mains, craindre même l’écoulement de la chanson ?

J’écris ici à la lumière d’une bougie. Autrement dit : encore tapi dans la nuit, observant grâce au début d’un regain de lumière, ce qu’il manque encore de jour à la vie. Je voudrais que revienne mon attention au monde car je l’ai perdue. Des mois que je n’ai pas écouté le commencement d’une chanson sans que mon esprit s’égare et se referme. Des jours que je n’ai pas ressenti le début d’une émotion claire et distincte. Des heures que je n’ai pas appartenu à l’humanité pleine et entière. Continuer la lecture de « Je déteste la musique »

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Clique & Collecte chez Dizonord à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Dizonord, Paris
Dizonord, Paris.

Créé en 2019, Dizonord (pour Disquaire de la Zone Nord) s’est immédiatement imposé comme l’un des hauts lieux du digging pointu et oeucuménique. Field recording, Folk trad, musiques africaines, japonaises ou orientales, musiques pour enfants, expérimental, noise ou free côtoient toutes les formes de musiques électroniques – dancefloor, rave ou plus abstraites, l’offre est impressionnante. L’ambition, pour les fondateurs et animateurs du lieu, étant de réunir les multiples communautés qui gravitent autour des différentes chapelles musicales, de faire du shop un point de rencontres et d’échanges. Un établissement qui est aussi très actif dans son quartier (ateliers pour les enfants, dj set, rencontres, etc.), et qui fait office de label ou de maison d’édition. Mention spéciale pour leur capacité à dénicher les deadstocks des labels et autres distribs les plus improbables !

Dizonord 9 rue André Messager, 75018 Paris. https://dizonord.fr
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Clique & Collecte chez Ground Zero à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Ground Zero, Paris
Ground Zero, Paris

Originaire de Perpignan, Franck Pompidor débarque à Paris pour travailler dans des labels au début des années 2000. Après plusieurs stages pour Tricatel et les défunts distributeurs Source ou Poplane, il se rend compte alors que de nombreux artistes et leurs disques ne se vendent plus vraiment nulle part. Il se lance alors au pire moment, comme il le décrit, en ouvrant Ground Zero en 2004, au 12, rue de Crussol, à quelques encablures du Bataclan et du Cirque d’Hiver. La boutique aimante les fans d’indie pop, qui fouillent les bacs du disquaire avant d’aller descendre des pintes au Pop In voisin. Franck tient alors la batterie du groupe garage Hushpuppies, et parvient à fédérer une communauté solide avec des évènements dans le magasin, qui se finissent plus tardivement dans le mythique bar de la rue Amelot (ndlr. Le Pop In, donc). On se souvient particulièrement d’un concert vraiment touchant de Jeffrey Lewis, mais d’autres artistes comme Julie Doiron, Troy Von Balthazar, et Herman Düne, viennent se produire au milieu des rayons, en plein jumelage antifolk avec les open mics du dimanche au Pop In et le festival Mofo à Mains d’Œuvres à Saint Ouen. En 2008, Ground Zero quitte le 11ème arrondissement pour agrandir son espace du côté de la charmante place Sainte Marthe, sous Belleville. Ground Zero étend alors son spectre aux musiques world ou électroniques, et devient l’un des fers de lance des premières éditions du Disquaire Day français, qui symbolise ce retour de flamme hexagonal du vinyle. Continuer la lecture de « Clique & Collecte chez Ground Zero à Paris »