
Ivan Smagghe a consacré les derniers mois dans sa maison de l’Est londonien, à lire toujours plus de livres, à regarder toujours plus de films… avant de retrouver le sens de sa démarche et de reprendre le chemin des clubs, où le Dj et producteur demeure une des personnalités les plus attachantes de ces trois dernières décennies. Sur le fil toujours, des bancs de Science Po aux ondes de Radio Nova, des lignes de la RPM au comptoir du disquaire Rough Trade jadis rue de Charonne, Ivan incarne à son corps défendant une certaine idée de la musique, sans concession, ni chapelle, ni dogme. Dans Passeur, le récit autobiographique de Jean-Daniel Beauvallet à paraître, l’ancien rédacteur en chef des Inrocks se souvient qu’Ivan le Terrible lui conseille alors ainsi le premier album de Palace Brothers : « Ça devrait te plaire, c’est hyper chiant ». Il joue alors aux soirées Respect à côté de la scène émergente, Daft Punk ou Dimitri From Paris en tête, mais c’est un petit club des Grands Boulevards qui l’intronise sommité dark aux Dj sets remarquables. Continuer la lecture de « Selectorama : Ivan Smagghe »
Figure centrale de la scène expérimentale, dans son versant bruitiste/no-wave, 




Il est des albums dont l’importance se révèle dans un contexte d’autant plus inattendu que leur beauté singulière contraste alors avec la triste banalité de l’instant. En l’occurrence un quai bondé de RER en panne, l’attente qui semble interminable et l’accablement du début de semaine qui s’ajoute aux angoisses agoraphobes. Dans ces cas-là, le désir de musique a tendance à disparaître, submergé par les envies envahissantes de circonstances : sortir, avancer, récupérer un peu de vie et ne plus être là, tout simplement. Même s’il ne saurait se réduire à cette seule dimension thérapeutique,