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Tahiti 80, The Sunsh!ne Beat Vol. 1 (Human Sounds)

Vingt-cinq ans d’existence, un premier album il y a dix-neuf ans, six autres depuis : les Français de Tahiti 80 sont désormais des briscards de la pop indépendante hexagonale, de ceux capables de traverser et résister aux différentes modes. Imaginez-vous, certains lecteurs et lectrices de cette chronique (probablement égarés) n’étaient potentiellement pas nés quand Heartbeat passait dans les clips de M6 la nuit ! Chevronnés certes, mais pas blasés, les Rouennais. A vrai dire, leur volonté de se renouveler et de garder une oreille attentive et innocente sur l’idiome pop a quelque chose d’attachant et charmant.

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The Last Detail, The Last Detail (Elefant Records)

Le terme de perfection pop figure depuis trop longtemps au registre des poncifs de la critique musicale pour que l’on songe à l’utiliser sans quelques précautions réticentes. D’autant plus que, la plupart du temps, il en est venu à qualifier des œuvres où la recherche pointilleuse de la reconstitution historique et le respect compassé des formats canoniques de la chanson finissent par étouffer les velléités d’expression personnelle et spontanée. Nulle trace de ce type de dévotion stérile à un âge d’or supposé sur ce premier album de The Last Detail, porté par le souffle combiné de deux inspirations complémentaires et profondément vivaces. Continuer « The Last Detail, The Last Detail (Elefant Records) »

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Brace ! Brace !, Brace ! Brace ! (Howlin’ Banana)

La France et la pop entretiennent une relation compliquée. Beaucoup de groupes d’ici n’eurent pas toujours le succès qu’ils méritaient, des Freluquets en passant par Tahiti 80, Aline ou Mehdi Zannad. La règle a bien sûr eu ses exceptions (Phoenix, Laurent Voulzy, Les Innocents etc…), et la situation est  étonnamment positive ces derniers temps. L’Hexagone possède désormais une scène florissante et multiple (Biche, Pearl & The Oysters, Good Morning TV, En Attendant Ana, Lemon Swell, Requin Chagrin, Julien Gasc…) Parmi eux, figurent en bonne place Brace ! Brace !, une très jolie et prometteuse formation parisienne dont le premier album, après deux EPs, sort sur l’une des places fortes du garage français.  Continuer « Brace ! Brace !, Brace ! Brace ! (Howlin’ Banana) »

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Selectorama : Xavier Boyer

Xavier Boyer
Xavier Boyer / Photo : JB Ambrosini

Ce week-end, les indie kids avertis seront (presque) toutes et tous au Paris Pop Fest au Hasard Ludique. Samedi, gardez un peu de votre attention et de votre passion pour Xavier Boyer. Si Lawrence est la tête d’affiche, il serait dommage de passer à coté du Normand, l’un des plus beaux orfèvres de la pop d’ici, dont les deux albums nous ravissent. Une carrière solo plus succincte que celle de son autre groupe (Tahiti 80), mais au charme unique qui depuis vingt ans nous séduit toujours. Après avoir discuté avec lui du Mot‘ il y a quelques mois, nous sommes ravis de l’accueillir pour un second Selectorama, fort du différent du précédent mais certainement tout aussi attachant et intéressant. Continuer « Selectorama : Xavier Boyer »

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Tahiti 80, Ballroom (Human Sounds)

Les années 90 sont si proches et pourtant si éloignées. Nous étions fringants et beaux. Notre soif d’idéalisme n’avait pas encore été perverti par un matérialisme galopant. Que reste-t-il de nos amours de jeunesse ? Évaporées en souvenirs diffus et sibyllins, quelques chansons émergent de la brume. Heartbeat est de celle-ci. La guitare funk blanc façon Orange Juice, son motif de synthétiseur obsédant (agaçant diront certains) et l’accent français de Xavier Boyer agissent de concert pour ressusciter notre candeur. Déjà quinze ans que Puzzle (1999) est sorti ! Près de deux décennies après leur formation Tahiti 80 est encore là. Durablement installé dans le paysage musical français, le groupe n’a jamais cessé de composer de très bons disques de pop, largement boudés par un grand public frappé de cécité ! Loin de se décourager, les Rouennais ont chéri leur formule magique : une pop bien écrite, légère, dansante, optimiste mais teintée de mélancolie. Dans les grandes lignes, un programme appliqué par la Motown pendant plus d’une décennie. Ballroom, sixième album ne fait que confirmer ce que nous savions déjà : Tahiti 80 est un groupe rare et unique en France. Les normands ont fait appel à Richard Swift (Foxygen). Ce dernier a bouleversé la routine de vieux couple de la formation, la poussant à expérimenter. Revigoré par l’expérience, le groupe s’amuse, accepte ses imperfections, les cultive même ! Ballroom n’en est que plus sincère et attachant. Toujours aussi doué pour les tubes, Tahiti 80 propose en hors d’œuvre son meilleur candidat (Crush). Un single dans la grande tradition du groupe, lointain écho aux Soul Deep et Easy . Le groupe, libéré de cette obligation morale, se lâche dans un disque réjouissant et inventif. Déluge de synthétiseurs analogiques (Coldest Summer), mélodies sixties (T.D.K.), pont psychédélique baggy (Back 4 More) la formation s’éclate à emprunter les itinéraires bis, sans jamais perdre de vue leur essence: de très bonnes chansons. Solid Gold conclut l’affaire avec panache, Tahiti 80 n’a pas l’intention de rendre les armes, les normands ont encore de belles années devant eux et le font savoir avec cet excellent Ballroom.