Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , , , ,

EggS, A Glitter Year (Howlin’ Banana / Safe In The Rain / Prefect Records)

Comment apprécier avec l’illusion de posséder une ouïe toute neuve une musique qui transporte –intentionnellement ou pas, ce n’est pas vraiment le problème – plusieurs décennies de références ? Un premier album d’indie-rock enregistré en anglais par un groupe français : il y avait tout à craindre des obstacles pour qui ne bénéficie plus depuis bien trop longtemps des privilèges de la virginité musicale. Les associations charriées par la mémoire surgissent en premier : on n’y peut rien. Autant les laisser affluer avant d’apprécier ce qui leur survit. L’homonymie d’abord : Eggs était demeuré pendant près de trois décennies cette éphémère formation américaine emmenée par Andrew Beaujon, co-fondateur avec Mark Robinson du label Teenbeat qui n’avait laissé comme seul testament méconnu que deux albums. Dont Exploder, 1994, un fourre-tout génial, un mini-monument à la gloire de la spontanéité bricoleuse et de la prise de risque semi-improvisée pas toujours contrôlée. On y croisait toute une série d’éléments hétéroclites : des harmonies vocales en dérapages contrôlés, des solos de synthétiseurs et des mélodies merveilleuses assemblées à la va-vite. On retrouve, par hasard, un peu de cette bizarrerie splendide sur A Glitter Year. Mais aussi beaucoup d’autres choses et c’est bien mieux. Continuer la lecture de « EggS, A Glitter Year (Howlin’ Banana / Safe In The Rain / Prefect Records) »

Catégories interviewÉtiquettes , , , , , ,

EggS, l’indie next door

Brillant premier album pour le quatuor nord parisien devenu septette

Eggs
Eggs / Photo : Jules Vandale

Il aura pris son temps pour arriver à terme, mais il est enfin là. A Glitter Year, premier et excellent album de EggS est sorti ce vendredi 4 novembre sur Howlin Banana, Safe In The Rain et Prefect Records chez nos amis d’outre-Manche (et en édition limitée chez Rough Trade), on y reviendra d’ailleurs dans peu de temps. En attendant, rencontre avec Charles, Léo, Manolo et Rémi pour discuter fanzinat et héros locaux, musique de copains et références obscures, autour d’une ou deux Super Bock. Continuer la lecture de « EggS, l’indie next door »

Catégories avant-première, borne d'écouteÉtiquettes , , , , ,

EggS, héros à domicile

Quelques jours avant l’arrivée de leur premier album des franciliens, un nouveau clip fait maison avec amour.

eggs / Photo : Jules Vandale
eggs / Photo : Jules Vandale

I read about your band, you don’t mention my name
I guess you said the truth Facebook is a grave
I saw you play tonight one more local show
Be sure I’ll be there dancing by the stage

Après lecture du premier couplet de Local Hero, je suis un tantinet partagé sur ce que le deuxième single de EggS tente de nous raconter. Est-ce un tacle visant ces “groupes qui se la jouent grosses rocks stars mais qui peinent à remplir une cave avec une jauge de cinquante personnes”, avec supplément mauvaise foi de l’individu visé par ce “I read about your band, you don’t mention my name” un poil désabusé ? Ou est-ce au contraire un hommage à ces “héros locaux”, ceux qui font battre le cœur des tiers-lieux qu’on affectionne tant malgré un son poussiéreux comme une Rickenbacker trouvée dans un grenier ? A en croire Charles Joujoujag, le principal intéressé : “C’est un peu ces deux choses à la fois, et c’est peut-être aussi un des morceaux les plus autobiographiques du disque. Une forme de catharsis tout en restant super accrocheur. Puis on a tous des local heroes. Nick Wheeldon à Paris, la bande de Moleskine à Nantes…


Continuer la lecture de « EggS, héros à domicile »

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

TH da Freak, Coyote (Howlin’ Banana)

Je découvrais TH da Freak en février 2018, à l’occasion de la sortie de son album The Hood. J’étais vite devenue accro à ces onze titres, à ces guitares dans lesquelles je retrouvais à la fois la désinvolture slacker de Pavement et l’énergie skate punk de Mazes. Mon coup de cœur s’était confirmé en concert, où la bande de Bordelais menée par Thoineau Palis prenait pour moi tout son sens. Je décidais d’en parler dans ces pages à l’occasion d’un Sous Surveillance dans lequel Thoineau confiait : « Sur la pochette, c’est la Statue de la Liberté à dix mètres de chez moi à Bordeaux, pour dire que j’aime les States et que le disque sonne ricain ». Effectivement, tout dans le son et l’image convoquait le Seattle des nineties, et il ne m’en fallait pas plus pour être conquise. C’est aussi malheureusement là, in the hood, que j’ai laissé le garçon aux cheveux bleus : parce qu’il est si prolifique et que je le découvrais principalement sur scène, j’ai perdu le fil pendant la pandémie et retenu seulement quelques tubes de ses albums suivants, comme Peeling the Onion et Hospital (Freakenstein, 2019). J’ai donc abordé Coyote, son cinquième LP tout juste paru, comme des retrouvailles, c’est à dire avec un peu d’appréhension et de curiosité : allais-je y retrouver ce qui m’avait plu dans The Hood en 2018 ? Dans quelle direction Thoineau avait-il pu évoluer au cours des quatre dernières années ?

Continuer la lecture de « TH da Freak, Coyote (Howlin’ Banana) »

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , ,

Stranger Teens #29 / Guest : TH da Freak

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Au début des années 2000, quand on a 14 ans, il y a peu de manières de trouver et découvrir de la musique. La première solution était d’avoir les nouvelles chaînes de télé et notamment MTV, sur laquelle j’ai fait mon immersion dans le monde du rock avec les passages répétés de American Idiot par Green Day en 2004. La deuxième solution est bien sûr d’avoir des grands frères qui savent se servir d’internet et de Limewire, un logiciel de téléchargement pirate au logo citronné. Alors quand mon grand frère chope les Strokes, Nirvana, Arctic Monkeys, les Kooks et Franz Ferdinand, je me rue sur le dossier de mp3 crados pour les mettre sur mon baladeur 512 Mo. Dans le tas, il y a quelques titres d’un groupe avec un nom assez long : The Velvet Underground et en regardant vite fait, je me rends compte que les chansons sont aussi longues, la flemme, je préfère écouter The End Has No End. Continuer la lecture de « Stranger Teens #29 / Guest : TH da Freak »

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , , , ,

édgar déception ne noie pas le poisson avec ce nouveau single

edgar déception
edgar déception

L’aventure d’edgar déception nait d’un deuil. Lorsque les funérailles du poisson rouge Edgar sont célébrées, les tout juste vingtenaires Eva, Tessa et Valentin créent un groupe à son nom, histoire de catalyser leur émotions. Sur leur premier EP et leur album bien-nommé Décès (multi sorti sur Et Mon Cul C’est Du Tofu?, OffNoise, Hellzapoppin Records et Buddy Records), on découvre un travail à trois aux accents lo-fi et punk emo. Retour sur le devant de la scène avec un nouvel EP Clown Clown Dead à venir le 18 novembre prochain sur Flippin’ Freaks Records et Howlin’ Banana Records, avec un très joli single introductif en avant-première chez nous avec un clip animé réalisé par Eva. Un départ mignon limite twee, puis des guitares vrombissantes, tout ce qu’on aime. Continuer la lecture de « édgar déception ne noie pas le poisson avec ce nouveau single »

Catégories avant-première, borne d'écouteÉtiquettes , , ,

Baston porte toujours bien son nom

Baston
Baston

Dire que les gaziers de Baston sont peu portés sur la communication est un doux euphémisme – ils le reconnaissent eux-mêmes : « Stratégie de comm’ : faire les morts pendant 3 ans – sortir un disque – faire les morts pendant 3 ans – sortir un disque – ad lib ». Donc, après le EP Gesture en 2015, l’album Primates en 2019, on attendait impatiemment la suite logique, et la voilà avec La Martyre, un huit titres impeccable qui sort le 13 mai chez Howlin’ Banana – un bien cool label a d’ailleurs dignement fêté ses 10 ans le week-end dernier au Point Éphémère à Paris. Continuer la lecture de « Baston porte toujours bien son nom »

Catégories avant-première, borne d'écouteÉtiquettes , , ,

Avant-1ère : « Oh Id », le nouveau clip de Fontanarosa

Paul Verwaerde a certainement du avoir quelques riffs dans les oreilles dès son plus jeune âge, puisqu’il est né à Reading, Royaune-Uni, et a pas mal voyagé, parents obligent. On avait salué son premier essai en solo lors d’un Sous Surveillance il y a deux ans, revoici le lyonnais d’adoption en compagnie d’un groupe (Florian Adrien, Grégoire Cagnat, Kevin Lafort) pour l’accompagner sur scène. Et c’est plutôt une bonne nouvelle puisque les chanceux qui ont déjà pu le voir en concert nous en ont dit de très bonnes choses, et ce nouvel album Are You There? à venir le 18 mars chez Howlin’ Banana Records en est – parait-il – une autre. Fontanarosa s’émancipe et s’épanouit dans la composition de chansons qui sont autant de clins d’œils au rock de son adolescence qu’au garage. Pour preuve, ce clip réalisé par un américain connu sous le nom de Documavision, que Paul a découvert sur Instagram en regardant le clip de Dummy. Pour Oh Id, il est parti sur le travail du vidéaste sud-coréen Nam June Paik, point de référence pour la vidéo. « We are foreigners », chante Paul dans le morceau, pas vraiment étonnant pour un ex-ado globe-trotteur comme lui.