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Tapeworms, Funtastic (Howlin’ Banana, Cranes, Testcard et Coypu Records)

TapewormsNous avions fait connaissance avec Tapeworms au printemps 2018, à l’occasion de la sortie de leur second EP, Everything Will Be Fine. Les lillois y affirmaient leur identité – un shoegaze tapageur et terriblement efficace – et nous annonçaient leur projet d’album (ndlr, rencontre à retrouver ici). Repoussé par la pandémie, le tant attendu Funtastic a finalement vu le jour ce vendredi, porté par plusieurs labels dont les français Howlin’ Banana et Cranes Records.

Si l’on y retrouve tous les codes de ses prédécesseurs, Funtastic, par la liberté créative qu’il inspire, propulse Margot, Théo et Eliott dans la cour des grands. Il ne s’agit plus pour eux de fantasmer la décennie de Loveless mais de reconquérir leurs propres souvenirs de ces années-là. Après tout, ces trois-là aussi ont connu les années 1990. C’est dans la MJC du village d’enfance de Margot qu’ils ont choisi de s’installer pendant un mois. Dans ce décor de gymnase, ils se sont amusés, en ne se posant aucune limite.

Parmi les nouveautés, le synthétiseur, désormais omniprésent : utilisé pour créer des motifs, des nappes de sons, mais aussi, et de manière plus fantaisiste, des sonorités issues du retrogaming (Safety Crash), voire de la science-fiction (Smiling Through It All, un interlude spatial) ou même de la k-pop. Il y a définitivement un côté geek à tout cela (quel amateur de synthés y échappe ?), mais surtout un clin d’œil, on l’imagine, à l’Emperor Tomato Ketchup ou au Dots and Loops de Stereolab.

Tapeworms
Tapeworms

Le groupe se détache un peu plus du traditionnel schéma batterie-guitare-basse en utilisant ponctuellement la boîte à rythmes ou en introduisant des samples, comme ce surprenant battement de cœur qui interromps le titre d’ouverture, Next Time (Maybe). Plus étonnante encore est cette guitare folk qui clôt, par de doux arpèges, l’explosif Crush Your Love. Il se passe beaucoup de choses au cours de ces trente minutes, mais le trio ne nous perd jamais : les associations fonctionnent, aussi farfelues soient-elles.

Les voix de Margot et Théo s’unissent sur les deux plus gros tubes de l’album, Safety Crash et Alternate Ending. Nous pensons à Peel Dream Magazine, un autre projet aux influences sterolabiennes que nous avions découverts et adorés en début année (ndlr, chronique à lire ici). Les voix masculines et féminines se partagent le devant de la scène, se séparent parfois et quand Margot chante, nous pensons à Lush, la distorsion en plus.

Alors que nous avions trop hâtivement pris Tapeworms pour un pur groupe de shoegaze, Funtastic démontre que ces jeunes gens en savent bien davantage. Nous avons là est un concentré d’influences hétéroclites, revisitées avec beaucoup d’audace. Ce sont ces prises de risque qui, sans doute, les ont fait grandir.

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