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Vingt-deux étés
Quelques souvenirs en format fiction pour les 30 ans à venir de « Paris ailleurs » d’Etienne Daho

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Quelques souvenirs en format fiction pour les 30 ans à venir de « Paris ailleurs » d’Etienne Daho


A Melbourne, depuis 2014 sévit une formation singulière et inclassable nommée Exek. Trois albums et une tripotée d’EP’s sur des labels aussi pointus que éclectiques tels que Anti Fade, SDZ records, Homeless et W.25th, la filiale actuelle de Superior Viaduct. Tout cela en équilibre sur une ligne à haute tension, tantôt froide et caverneuse, tantôt expérimentale. Au fil du temps, une musique qui semble très réfléchie et parsemée d’effets et de machines qui laissent entendre que ces garçons ont évolué dans moult courants musicaux, du post-punk au dub en passant par le krautrock, et ont travaillé dur avant d’en arriver à un résultat qui combine mordant et contemplation. Pour section26, ils dévoilent en exclusivité Several Souvenirs, étonnant premier single froid/chaud extrait de Good Things They Ripped Up The Carpet, le prochain album des australiens à venir le 4 juin chez Lulu’s Disco Club, accompagné par son clip virevoltant réalisé par Hannah Nikkelson.
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Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

J’ai longtemps été fasciné par un tableau de Sir Edward Burne-Jones, La roue de la fortune (1883). Ce gris menaçant, ce cuivre étalé presque comme un regret et le pli de la robe, robe portée par un dessin sublime… Tout m’inquiète et me ravit dans cette œuvre. C’est figé à l’extrême et pourtant, un lourd mouvement se fait sentir. Lorsque le musée d’Orsay ouvrira de nouveau ses portes, j’irai le voir. J’irai trembler puis me perdre dans cette peinture. Continuer la lecture de « La roue de la fortune – Cory Hanson, Rainer Maria Rilke, Pier Paolo Pasolini »

De façon étonnante, le triangle Creuse-Allier-Puy-de-Dôme n’est pas un autre Bermudes : un aussi bel aéronef que le De Havilland DH.89, Dragon Rapide y décolle à l’aise, chargé de kérosène psychédélique ou baggy – c’est pareil – depuis sa conception – baggy tendance Happy Mondays retrouvés à Athens, Géorgie, période I.R.S., avec les murs d’arpèges, de riffs et de contrechants de guitare.
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Alors qu’il vient tout juste de célébrer la sortie de son très réussi quatrième album solo Drink Up, Rainforest Sinatra (Gone With the Weed), le fantasque Australien installé en France Nathan Roche – par ailleurs frontman du Villejuif Underground -, nous a fait le plaisir de sélectionner dix chansons d’artistes qui ont particulièrement compté pour lui. Le commentaire accompagnant son e-mail illustre particulièrement bien la nature hybride et foutraque de de la musique de Nathan Roche, à la croisée de différents courants du rock : « Je veux dire, il est presque impossible de lister toutes mes chansons préférées avec dix titres. La liste est plus ou moins infinie comme la galaxie… mais, c’est au moins 30% de quelque chose qui pourrait ressembler à une influence… dans mon cosmos… mes influences les plus importantes viennent des gens, des lieux et de l’expérience. Toute la musique est un désordre confus de merde et de couleurs… Tu m’as demandé d’écrire ceci, et j’y ai réfléchi pendant 5 minutes et je l’ai envoyé en 10 minutes. Si je me donnais une heure, les choses seraient différentes. »
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Gabe Beckles
Cincinnati, Ohio, États-Unis.
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Il y a quelque chose d’immédiat et d’infiniment attirant dans le premier album de Ryan Krga. Une indéfinissable familiarité qui, dès que l’on cherche à poser des mots ou des références sur ce premier sentiment irrépressible de sympathie et d’intimité déjà partagée, fait resurgir quelques traits étonnants qui rappellent un peu Liam Hayes, cette étoile mystérieuse et légèrement toquée qui traverse épisodiquement l’espace-temps de la pop haut-de-gamme. Au-delà même des coïncidences géographiques – Chicago où ils résident tous les deux – on croit discerner une certaine communauté d’inspiration dans ces deux volontés, certes distinctes, mais qui semblent tendre avec la même énergie farouche vers des points de fuite assez similaires. Continuer la lecture de « KRGA, Moi St. (Hoser Records) »
Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium
Travailler sur le label Lithium, c’était approcher une grande partie de l’œuvre de Programme. Et avoir une nouvelle occasion de répéter mon admiration sans borne pour les musiques et les mots du duo Arnaud Michniak – Damien Bétous. Si le premier m’avait précisé sans surprise et très rapidement qu’il lui serait impossible de répondre à mes questions, j’avais grand espoir de pouvoir échanger avec Damien Bétous, architecte des fresques sonores de deux disques majeurs, Mon cerveau dans ma bouche (2000) et L’enfer tiède (2002) et d’un appendice intrigant, Génération finale (2001), disponible gratuitement par correspondance auprès du label. Suite à la parution de son EP sur Bandcamp en 2017, j’ai écrit pour les amis de Musique Journal un texte sur cette œuvre discrète post Programme et Damien a écrit au journal qui m’a fait suivre. C’est durant le premier confinement que nous avons échangé par téléphone, longuement. Extraits. Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 8/8 »