LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS D’OCTOBRE 2026 

Tous les mois, la rédaction de section26 propose une playlist constituée à 100% de nouveautés, entre trouvailles que vous n’écouterez qu’ici, sorties de groupes et d’artistes qu’on adore et retours de flamme inespérés. Les voici, une fois encore, choisis avec amour.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify ou autre.

1. Dummy, N of 1 (Polyvinyl Record Co.)


On en a déjà beaucoup dit sur Dummy, dans ces playlists mensuelles ou sur le site, mais arrêtons-nous un moment sur la perfection de ce titre – le breakbeat envahissant à souhait (fil conducteur de ce nouvel album), le chant franc d’Emma Maatman, qui rappelle ici de celui de Victoria Legrand (Beach House), les répétitions entêtantes de l’outro. Extrait de do you love the color of the sky?, le deuxième album des Californiens paru ce mois-ci, plus synthétique que jamais. CG

2. Yeule, Hystérique (Warner)


Deux ans après son album Evangelic Girl Is A Gun, essai dream pop en demi-teinte, Yeule revient aux sonorités électroniques vaporeuses de ses débuts sur son nouveau single Hystérique. Beat borné et ambiance y2k éthérée, iel retrouve sa palette fétiche pour un titre romantique et nerveux, en attendant un EP, intitulé À+E, prévu pour le 4 décembre. EV

3. Fontaines DC feat. Rosalía, Where Is Gone? (XL Recordings)


Ne pas taper : je connais finalement assez peu Fontaines D.C. – mais j’aime plutôt beaucoup tout ce que j’ai entendu –, tout comme je connais assez peu Rosalía – même si je me souviens qu’en 2017 elle reprenait I See A Darkness de Palace, produite par Raül Refree. Donc, je regarde d’assez loin les (d)ébats qui opposent celles et ceux qui savent à propos des artistes… En revanche, si j’étais un héritier de la famille Broccoli, je sais que je m’empresserais de produire un nouveau chapitre des aventures de James Bond pour que ce duo assez sublime trouve un écrin à la hauteur de sa splendeur mélancolique.
P.S. J’en profite pour rappeler ici que ce n’est pas la première fois que le dénommé Grian Chatten donne la réplique à la gent féminine espagnole puisqu’il était l’invité de luxe sur l’excellent morceau Stranger du groupe madrilène Hinds. CB

4. Radie Peat, Hares on the Mountain (Rough Trade)


L’omineux serait-il atteignable par un seul son de voix ? Le folk contemporain virevolte dans mille avatars ces dernières années pour mon plus grand plaisir, que les temps nouveaux nous mènent au chemin de l’immémorial : voilà le projet qui semble de plus en plus s’affirmer sur le sillon terreux de la voix singulière, sorcière et homoncule, de Radie Peat (entendue, vous le savez peut-être, au sein des remarqués Irlandais de Lankum). M’est d’avis que l’on n’a pas fini d’en entendre parler. No Human Tongue Can Tell, son nouvel album solo, sortira le 13 novembre prochain. PN

5. Gwenifer Raymond, Bird Songs for Atomic Skies (Fat Possum)


De tous les descendants de John Fahey, la galloise Gwenifer Raymond est sans doute la plus grande, honorant et prolongeant la beauté de l’american primitivism avec une énergie et une virtuosité rare, grattant des mélodies blues au milieu d’arpèges entremêlés, avec basses obstinées et bends viscéraux. Sur son nouveau single, Bird Songs For Atomic Skies, comme Fahey en son temps, elle ajoute de la batterie sur un instrumental de guitare. La révélation est immédiate, le rythme effréné emportant tout sur son passage. Un album entier de ça ne serait pas de refus. Elle sera en concert à Paris pour deux dates à la mi-novembre pour celleux qui veulent voir une prodige de leurs propres yeux. EV

6. Everything But The Girl, Young and Dumb (Buzzin’ Fly Records)


Ce n’est pas pour jouer au plus malin mais on s’y attendait un peu. Depuis que Tracey Thorn et Ben Watt ont décidé il y a quelques mois de nouer avec la scène (pour le moment, celle du Moth Club, à Londres) dans une formation à quatre entièrement dédiée à l’acoustique, on se disait bien que le couple allait renouer avec ses premières amours, la bossa nova et les ambiances feutrées de certains clubs de jazz. C’est donc chose faite avec ce nouveau single, Young And Dum, dont les paroles superbes résonneront chez toutes celles et ceux qui se disent que les aventures de la vie ne sont jamais finies. À écouter en boucle, jour et nuit. CB

7. Sourdure, Cinq (Murailles Music)


Sourdure poursuit sa musique qui expérimente quelque chose entre le grotesque, dans le meilleur sens du terme, et l’ancestral. Un multi truc, monde et verse, qui semble trouver enfin une proposition, un inattendu, de son entendable par toustes, peu importe d’où nous venons (Gnaoua ou Auvergnat), face à notre temps inaudible. Merci donc pour le crincrin qui clique et qui claque, les beats d’outre monde et la langue qui boucle pour mieux dire. Nous pouvons désormais dire que nous entendons mieux, un moindre mal. Outredore, son nouvel album est sorti le 25 septembre. La petite perle cinématographique de clip signé Julien Éthoré-Bonet, elle, vient de sortir. PN

8. Tindersticks, Loving, Leaving (City Slang)


On connaissait la passion de Stuart Staples et donc Tindersticks pour les crooners abîmés des années 1960 ou le post-punk tarabiscoté des années 1970/1980… Après tout ce temps, l’un des plus talentueux chanteurs-conteurs-auteurs-compositeurs de ces trente dernières années prend tout le monde à contre-pied et emprunte une nouvelle direction. Car, premier signe d’un album annoncé pour le mois de mars prochain, Loving, Leaving est un hommage à peine déguisé au Roxy Music d’Avalon (avec, histoire de faire encore une fois le malin, une petite pointe du (Feels Like) Heaven de Fiction Factory). C’est pop, c’est élégant, c’est (presque) dansant, c’est doux, c’est tendre. C’est à vous faire fondre le cœur. CB

9. Olivier Rocabois, Smoking in the Rain (December Square/Kuroneko/Virgin France Music)


Deuxième extrait de Mutual Admiration Society, le nouvel album d’Olivier Rocabois attendu le 6 novembre, Smoking In The Rain enchantera les irréductibles de la volute, pour qui « le temps prend une cigarette » (« Time takes a cigarette ») comme dans le Rock’N’Roll Suicide de Bowie, auquel on pense, ainsi qu’à Todd Rundgren, sur cette balade douce-amère qu’on a hâte d’entendre sur scène le dimanche 13 décembre à Petit Bain. PR

10. Dermot Henry, I Love You, That’s All (Adventure Recordings/Island Records UK)


Comment peut-on en 2026 encore écrire à 22 ans des titres d’une simplicité bouleversante, dont on sait qu’on pourra les réécouter dans 30 ans sans qu’ils n’aient pris une ride ? C’est le tour de force du tout jeune Dermot Henry – à ne pas confondre avec l’artiste folk irlandais du même nom –, déjà repéré notamment grâce au titre I Wish I Was Ennio Morricone. Avec un peu de chance, vous l’avez déjà entendu dans les rues de Paris où il a passé une année, ce qui lui a permis de peaufiner son écriture et terminer son premier album, intitulé Bad Throw, Good Catch. A ne pas manquersur scène jeudi 5 novembre au Supersonic avec Little Grandads et Cicada dans le cadre du Pitchfork festival. PR

11. Cameron Winter, If You Turn Back Now (Live at Carnegie Hall) (Partisan Records / Play It Again Sam)


Oui, j’ai cru être à contre-courant en critiquant Cameron Winter et son groupe Geese pendant toute l’année 2025 et oui, j’avais tort. Cameron Winter, à 23 ans, est peut-être bien le generational talent que le monde pense qu’il est et le parallèle entre son concert à Carnegie Hall et celui de Bob Dylan au même endroit en 1963, à 22 ans, est peut-être justifié. Il fallait y être, comme il fallait être à l’International le 23 novembre 2021 quand Geese y a joué devant à peine 150 personnes. De toute façon, quand autant de gens aiment quelqu’un, c’est qu’il y a une raison. Non, je ne suis pas mauvaise perdante. CG

12. Hudson Freeman, Fell Ass Backwards (Mom+Pop)


Je n’aime la musique du jeune américain que depuis deux morceaux, mais quels morceaux. I-40, paru en août, et ce Fell Ass Backwards très lo-fi, bien plus crades et dérangeants que son trop maniéré album de 2025, « is a Folk Artist ». En espérant que le reste de l’album, Doom Country, à paraître le 6 novembre, soit dans la même veine. CG

13. The Olivia Tremor Control, Timewaster (Elephant 6 Recording Co.)


Peut-on parler de « nouvel album » pour un groupe dont les membres fondateurs sont décédés en 2012 et 2024 ? 27 ans après leur disque précédent, voici donc l’ultime production de The Olivia Tremor Control, remarquablement terminée par les membres restants. The Same Place réunit 27 titres qui raviront les amateurs du groupe d’Athens, en attendant l’album solo d’un génie venu de Géorgie attendu pour 2027. PR

14. Katie Dey, For You (autoproduction)


Que faire de l’absurdité de notre petite musique indé qui papillonne dans le vide alors que toutes les lumières semblent s’éteindre autour de nous ? Comment réconcilier l’amour que l’on peut avoir pour des murs de guitares abîmées et l’absolue inutilité de ces sons à l’aune de lendemains irrémédiablement dégradés ? L’australienne Katie Dey n’a pas de réponse à ces questions mais pourtant il faut continuer à pointer à l’usine à contenus, et espérer trouver un peu de sens sur le chemin. Son nouveau single, For You, est une épopée douloureuse, bruyante et intime, qui s’effondre au fil de ses 5 minutes sous le poids d’une immense fatigue et d’un désarroi sans réelle consolation. Et pourtant, une beauté absolue, une voix qui transperce, des mots pour tenter d’y survivre. Son nouvel album, Universal Will, sortira le 6 novembre. EV

15. Bassvictim, White Flag (autoproduction)


Toujours indomptable, bordélique et farouchement indépendant, le duo Bassvictim revient déjà avec un second album pour 2026, le mastodonte de 19 titres intitulé Peace + War prévu pour le 6 novembre. Le premier single est l’énervé White Flag, où le groupe continue à balancer de l’electroclash crâneur semblant venir directement de 2009, porté par la voix gueularde et infectieuse de Maria Manow qui, après avoir récité une litanie d’insultes, supplie pour un peu de paix : I show you my white flag, I want peace, We chill right there. Si seulement. EV

16. June McDoom, Human Light (Jagjaguwar)


L’artiste new-yorkaise publiait ce mois-ci son premier album, l’attendu Follow the Light, après deux EPs largement remarqués, le dernier lui ayant valu de suivre Clairo sur sa dernière tournée européenne. On retrouve la douceur de sa voix, la harpe et la dentelle d’arrangements qui caractérisaient déjà sa musique, mais cette fois aussi une forte influence dub et reggae puisée dans ses origines jamaïcaines. Un des plus beaux albums de l’année. CG

17. Cate Le Bon, Something fragile (Mexican Summer)


Je me lève en ce matin peu glorieux du jeudi 22 octobre, l’œil englué dans une énième notification dont celle-ci dit ?????????? ??? ? ???? ?? ???? de la part de Mexican Summer. Non, en fait pire, je reçois une notification Soundcloud qui me dit qu’il y a un nouveau Cate Le Bon. J’écoute dans un demi sommeil Something Fragile. Je me dis que quand même bon sang Cate, quelle beauté, talent, fil mélodique plein de style et de clarté, émotion intacte dans le choix des mots, des intonations. Ma géante, Cate. Mexican Summer sort donc de nulle part une de ces compilations de bon aloi qui raviront les oreilles de celles et ceux qui apprécient le roster impeccable du label (L’Rain) et les trouvailles magiques d’Anthology (Colin Broster). Le titre, Everybody’s Got a Song to Sing, annonce le geste, et la chose vient de sortir donc. PN

18. Supermalprodelica, Le Tour des Roches (Charlotte Leclerc) (autoproduction)

maison blanche de supermalprodelica
Nouvel EP du légendaire Supermalprodelica (dont vous avez pu lire l’histoire de son pas-tout-à-fait-lost album de 1997 dans Langue Pendue n°12 – Super Mal Produit) qui reprend ici la non moins légendaire Charlotte Leclerc, dont l’album Moiré nous poursuit depuis l’année dernière déjà. RS

19. World Brain feat. Kumisolo, Life in theory (Mansions and Millions)


On avait découvert le projet de pop électronique de Lucas Chantre avec l’hypnotisant Open Source, en 2024, dont les synthétiseurs à la Mort Garson évoquaient à la perfection les grands espaces suggérés par sa pochette. Le français revient avec un album tout aussi beau et subtil, mais davantage tourné vers la machine, où disons, vers nos vies humaines peuplées de machines (ce qui donne envie de relire le poème de Richard Brautigan, All Watched Over by Machines of Loving Grace). Musicalement, on peut penser à Vinyl Williams pour le futurisme et à Peel Dream Magazine pour la douceur. CG

20. The Yearning, In A Hearbeat (Elefant Records)


La question se doit d’être posée : le dénommé Joe Moore (pas de lien avec Roger) est-il doué du don d’ubiquité ? Sincèrement, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement tant l’homme a une capacité redoutable à multiplier les projets – dans le désordre, Sunlit, The Perfect Kiss, diverses productions et musiques de film. Aujourd’hui, le voilà de retour sous couvert de l’identité The Yearning – ce groupe qui a signé il y a dix ans l’une des plus belles chansons au monde, The Moment Your Heart Would Say Goodbye –, avec un nouvel album annoncé pour le 4 décembre et pour lequel, après une parenthèse avec Luci Ashbourne, il retrouve son égérie historique Maddie Mae. Alors, In A Heartbeat prend les atours d’une chanson parfaite pour servir de générique à la cinquième saison de Mad Men et rappelle avec bonheur et insouciance la pop rétrofuturiste chère aux labels d’antan, The Compact Organization et Él Records. CB

21. Brooke Combe, Passing Faces (Fontana)


Il y a quelques mois, je disais tout le bien que je pensais du deuxième album de la jeune Écossaise Brooke Combe, investie par elle-même d’une mission : redorer le blason de la northern soul. Alors, toujours produite par James Skelly (The Coral), elle poursuit avec beaucoup de talent et un supplément d’âme son bonhommme de chemin au rythme parfait de ce nouveau single qui la mène tout droit aux portes des casinos où l’on danse tout le weekend. Été comme hiver. CB

22. The Avalanches, Can’t Get Over Losing You (Polydor)


Après avoir inspiré des générations, The Avalanches semblent s’être offerts une cure de jouvence en basant leur quatrième album No Bad Memories autour des fascinations des scènes vaporwave : le jingle publicitaire comme madeleines modernes, le early internet comme paradis perdu. Un voyage nostalgique particulièrement réussi sans renier cependant leur capacité à bricoler des tubes autour de quelques samples finement choisis, comme ce superbe Can’t Get Over Loosing You où ils laissent le micro à la jeune et brillante Portraits of Tracy. EV

23. Lesneu et Djokovic, Même si tout vous sépare (Arbre Arbre Arbre)


Quand deux potes de longue date s’acoquinent et qu’en plus ils sont musiciens et bretons, ça ne peut donner que du bon. Voilà donc Lesneu et Djokovic qui balancent un premier extrait de leur album L’ Amour, La Gloire, La Beauté (sortie le 11 décembre) – beau et mélancolique comme le dernier apéro de l’été sur la plage. CM

24. Unschooling, Perform (Howlin Banana Records)


Trois ans sans rien sortir et Unschooling nous fait le plaisir de revenir. Le résultat est toujours aussi efficace. On a hâte d’entendre le reste de l’album… VDPJ

25. Liminal, Hyper Normal (autoproduction)


Qui sait où se trouve Lismore en Australie ? Sans doute dans une zone frontière dont le rite de passage mêlerait Spacemen 3 à Roni Size et au plus planant des prog. Enfin, c’est là où je suis quand j’écoute ce soir par hasard l’Hyper Normal de Liminal. Les Australopithèques (= le nom officiel des spécialistes des scènes underground australiennes) en savent sûrement plus que moi. Qu’importe, vive la jeunesse ! Il y a 5 morceaux en 1, il y a un petit Scopitone au digicam… si c’est de l’esbrouffe, rien à dire là-dessus : elle me séduit, elle me convient. Leur troisième album, éponyme, est sorti le 16 octobre. Trigger warning : c’est du jazz. PN

26. Gwendoline, Régis (Born Bad Records)


Les Brestois sortent le 7 février prochain un très attendu troisième album, Ni fait ni à faire, et à l’écoute de ce premier extrait on ne sera pas déçu : « Un hymne au train de 5h22, au sandwich triangle, aux aires d’autoroute… » (sans oublier « les 30 goths de Dieppe »). Une musique qui donne irrésistiblement envie de danser et bouger sur des paroles caustiques, avec une autodérision mâtinée d’humour noir, la shlagwave colle si bien à notre époque. CM

27. Nina Berthier, H&M (autoproduction)

C’est pas du nougat ! de Nina Berthier
On ne sait plus comment on est tombé dessus, mais ce petit hymne punk pop à la gloire de notre magasin préf des années 90 est parfait pour redonner la pêche et la banane, et des fois c’est bien. RS

28. Caroline Rose, Calm (2026 SUCK records/Caroline Rose Music, LLC)


Caroline Rose explique aimer manier le sarcasme, comme en témoigne ce morceau dont les guitares énervées sont assez loin du titre annoncé. Sorti en simultané avec le très Devo Hello Again, Jim, dans lequel iel raille un archétype masculin de l’industrie du disque – le mec dont le confort matériel lui permet d’être cool, de conduire une Porsche et de sortir avec des jeunes femmes de 22 ans – Calm fera le bonheur de ceux et celles à qui les injonctions sociétales à la zenitude donne envie de hurler, et/ou de sautiller dans une cave au sol collant. Nouvel album Gentling the Horse at the Walt Whitman Mall, à écouter le jeudi 12 Novembre à 17h aux Balades Sonores. PR

29. Pellegrini, Je verrai demain (ZRP)


Est-il encore besoin de présenter Federico Pellegrini ? The Little Rabbits, French Cowboy, Moon Gogo… il nous enchante depuis de nombreuses années. Sa dernière sortie est sobrement signée Pellegrini – une chanson électropop chic et carrément addictive. CM

30. Institut, Numéro un des ventes (Rouge Déclic)


Quand ils laissent un peu tomber de leur armure conceptuelle, Institut laissent paraître une sacrée émotion derrière leur vocabulaire transparent en apparence, c’est ce qui se passe dans leur dernier album Changer de paradis, tout simplement, tout simplement. RS

31. Championne, Décroche (Parapente music)


Un premier extrait accrocheur de l’album Le Milieu qui sortira le 13 novembre : « C’était comme le besoin de revenir à mes basiques et à la grande Mylène qui m’avait tant inspirée sur le premier maxi ». Bravo Mathilde. CM

32. Next Week’s Washing, Clear Eyes (Bilford’s Bangers)


Derrière un nom à coucher dehors (ou à la porte d’un lavomatic), se cachent quatre (à peu près) gamins canadiens, dont je ne sais rien. Et qu’importe. Car après un mini-LP réalisé en début d’années – je me dois de l’écouter dans les jours qui viennent –, le groupe sort un morceau qui me laisse croire – derrière les influences très convenues que ces jeunes gens avouent (The Strokes, Oasis, Radiohead… Zzzzzzz) – qu’il écoute en fait en boucle ce disque qu’il conviendrait d’ailleurs de réhabiliter d’urgence (allo, Bertrand), le premier album des Américains de Drop Nineteens et en particulier cet hymne shoegaze façon Dorian Gray, Winona. Pas sûr que le reste soit à cette hauteur mais écoute en boucle prescrite. CB

33. Texas, Another Way To Cry (PIAS)


J’entends déjà les ricanements, et ce n’est pas nouveau. Résumé des épisodes précédents : après des débuts empruntés, Texas se métamorphose en passeur pop niveau ligue des champions. Du parcours du bassiste vétéran Johnny McElhone aux compositions de la figure de proue Sarleen Spiteri, sans oublier les collaborations impeccables (RZA, Rae & Christian, Gregg Alexander de New Radicals, Paul Buchanan de The Blue Nile avant-la-citation-par-Taylor-Swift…) et les reprises au diapason, le groupe continue de déplaire aux gens qui à priori savent alors que certains de ses albums sont des petits chefs d’œuvre de pop accrocheuse et de clins d’œil à un héritage que les Écossais savent faire fructifier. Pour fêter les futurs 30 ans de l’album White On Blonde (1997), Texas publie aujourd’hui l’inédit Another Way To Cry, histoire de rappeler sa passion sans fin pour la northern soul. En piste ! CB

34. Music for Alternative Babies, Don’t Ask (Le Motel Records)


Via son projet Music for Alternative Babies, Sebi Browne propose une sorte de baggy lo-fi faussement naïf, un peu art brut, dont les recoins citent par touches les meilleur·es références anti-(folk, indie, et tutti quanti). Une musique qui fait se balancer, qu’on peut écouter en vivant. Music For Alternative Babies, Vol.2, est sorti le 30 octobre chez les amis du Motel (Records). Release party le samedi 7 novembre au Chaton Indépendant, 105 rue Amelot à partir de 18h. PN

35. The Gentle Spring, Down with Love (Skep Wax)


Dans un Scopitone fait de bric et de broc et de scrabble, l’ex Field Mice Michael H et ses deux acolytes Emilie G et Jeremie O nous font scruter en filigrane une collection de disque impeccable. Leur deuxième album ne sortira qu’en janvier prochain mais d’après ce morceau, il pourrait bien être parfois primesautier. EG

36. Josh Rouse, Spring (New West Records)


Je crois que c’est une chose à peu près acquise : d’aucuns pensent que l’ami américain Josh Rouse ne pourra jamais faire mieux que ses albums 1972 et Nashville. Et je crois que d’aucuns se trompent. Car, à un rythme assez métronomique, l’homme réalise des disques où il excelle toujours à l’heure d’imaginer des mélodies pop douces-amères que l’on sifflote à l’envi, un sourire doux accroché aux lèvres et les yeux un peu dans la vague. Un an après un disque resté virtuel de reprises (mention très spéciale pour sa version de l’inusable Streets of Your Town), Josh Rouse offre un nouvel album assez splendide, baptisé Museums & Women, et qui donne à l’automne les couleurs du printemps. Spring, donc – mais avec un tel titre, pouvait-on vraiment choisir une autre chanson ? CB

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