
Après Le Gospel dont j’évoquais la naissance avec Adrien Durand, son fondateur, dans Papivole #3, je m’attarde aujourd’hui sur Fond de caisse. Comme le monde est petit, j’en avais appris la gestation en m’entretenant avec Mili & dYmanche pour Langue Pendue, drôle de duo, alors installé à Lyon et qui fréquentait les jeunes gens impliqués dans le projet qui n’avait alors pas encore de nom. Rien ne m’excite plus que de m’incruster devant un média dont je ne parle pas le langage, avec ses références et ses codes, que je mets du temps à maîtriser (ou pas). Avec Fond de caisse, je suis servi. Avec ses pseudos imagés, ses entretiens au coin du feu, ses fausses petites annonces, sa rubrique Cap ou pas cap (ma préférée), le fanzine, aux couleurs chatoyantes, m’a fait pénétrer un monde étrange avec des textes pleins d’humour et des groupes aux noms de société secrètes (plutôt celles qu’on découvrirait dans un téléfilm de Franju) : Golem Mécanique, Terrine, Begayer… Mais point de folie littéraire, Fond de caisse évoque scènes et musiciens de ce sous-sol qui irrigue le territoire, de squats en salles autogérées, et d’où émergent régulièrement de fortes têtes qui prennent un peu de lumière au mainstream : électroniques détournées, folklore renaissant, chansons de traverse, à fond ici, à fond maintenant, à fond la caisse. Continuer la lecture de « Papivole#4, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Le fanzine Fond de caisse »
Dans les années 80, le rêve de beaucoup de parents était que leurs enfants embrassent la carrière d’ingénieur en informatique. C’était le cas des miens. Du coup, j’ai eu droit à mon ordinateur personnel, un
Il y a deux automnes, au fin fond d’une vallée des Vosges du nord, dans une petite maison ouverte au quatre vents, le grand frère avait organisé un festival, à quelques mètres de vaches, les mammifères les plus pacifiques de la terre, qui paissaient, en silence… Il y avait aussi des saucisses qui grillaient dans un coin bar, tenu par les vieux parents, des enfants qui partaient en exploration, et quelques groupes (celui du grand frère donc, celui du cousin), un DJ qui vidait sans le vouloir la piste de danse et même une projection de film d’horreur à une heure du matin, devant laquelle tout le monde s’endormait. Une histoire de famille.
Ils sont une infime partie de ma collection de disques, ceux qui ont le privilège d’accompagner mes siestes, rares mais précieuses, quand le sommeil me gagne en début d’après-midi, qu’il fait soleil et que je peux m’allonger sur le lit, les portes du balcon grandes ouvertes sur les arbres qui bordent le parc en face de la chambre. Je m’assoupis dans un semi sommeil, tandis qu’ils deviennent la bande-son de mes errements chimériques, tandis que je flotte entre deux mondes.
Où cette histoire nous mènera ? C’est la question que j’aurais dû poser à 

