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Simon Ripoll-Hurier, HITS (*Duuu éditions)

 

Quelques heures après la Fête de la Musique, je me posais cette question : que serait la musique populaire sans son public, tiens ? Et pourquoi la musique populaire, sous forme de piécettes de quelques minutes, rejouables à merci, crée-t-elle cette proximité ? Une proximité qui attire un grand nombre de personnes à se projeter en elle, à vouloir en être. Beaucoup se gaussent quand M. ou Mme Anonyme prennent leurs guitares pour rejouer Téléphone ou AC/DC, ou leur set de platines pour devenir l’espace d’un instant DJ David Guetta. Beaucoup, aussi, revendiquent simplement ce moment d’abandon, et tant pis pour les oreilles du voisin. Continuer la lecture de « Simon Ripoll-Hurier, HITS (*Duuu éditions) »

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Rhume, Vigilance Rose (Liquide l’après-midi / Bruit Blanc)

 

Rhume Vigilance Rose

« Je monte les barreaux d’une échelle,
elle est molle »

À l’occasion de sa sortie en vinyle et en cassette le mois dernier, je voulais évoquer Vigilance rose (qui date de l’année dernière) du groupe Rhume. Comme de trop nombreux disques mis de côté, il était finalement passé à l’as, à force de reporter sine die son écoute. Il se trouve que le nom du groupe m’est revenu aux oreilles par la bande, puisqu’en travaillant sur les Années Lithium (encore elles, il faut vous y faire, hein, c’est l’œuvre d’une vie), j’ai interviewé Christian Quermalet (des Married Monk notamment). Ce dernier, metteur en son de Vigilance Rose, avait évoqué Rhume, en me disant que ça pouvait m’intéresser. D’ailleurs, en y jetant une oreille rapide à l’époque, j’ai vite fait le lien avec une question qui revenait souvent à propos du label de Vincent Chauvier (ne serait-ce que dans l’émission sur Rinse France, que je vous invite à réécouter) : pouvait-on identifier clairement un héritage, des descendants qui s’inscriraient dans une identité rattachée à Lithium ? Continuer la lecture de « Rhume, Vigilance Rose (Liquide l’après-midi / Bruit Blanc) »

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Les Calamités, Encore ! (1983-1987) (Born Bad Records)

Les Calamités Born BadNotes à propos de la réédition des chansons des Calamités sur le label Born Bad

Dire que c’était un rêve d’écrire à propos du groupe de Beaune pour le fameux label, oui, carrément. Quand Jean-Baptiste Guillot m’a appelé, je crois qu’on devait être dans le premier confinement, j’ai eu du mal à réaliser. Un peu inconscient, j’ai dit oui. En même temps, j’avançais dans Les années Lithium et j’avais pris un peu d’assurance dans les entretiens téléphoniques notamment. Passer d’une histoire à l’autre, ça me permettait de ne pas devenir trop obsessionnel. Continuer la lecture de « Les Calamités, Encore ! (1983-1987) (Born Bad Records) »

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LL, LL♥️ (Neutral)

« J’fais des cabrioles dans une Jeep noire »

Quand j’avais décidé de me remettre à écrire sur la musique, je m’étais dit que ça serait une bonne idée de retourner dans le passé et m’intéresser à mes vieux polaroids doudou rangés dans mes cartons : Kid Vynnyl, Les Scoubidous, plus tard Les Calamités pour les années 80, Newell et le label Lithium pour les années 90. A chacun ses marottes. Mais tout cela n’allait pas sans une attirance certaine pour les photos numériques nouvelles, les terra incognita du présent, les musiques réalisées dans une même économie de moyens que j’avais connues. Même si les outils n’étaient plus les mêmes, au magnétophone 4-pistes avaient succédé les ordinateurs, les fanzines avaient laissé place aux Insta et les cassettes compilation aux Soundcloud et autres Bandcamp. Écrire et éditer les œuvres de Sinaïve et Paris Banlieue allaient de soi, tant elles me semblaient s’inscrire dans le grand arbre généalogique de nos musiques secrètes. Continuer la lecture de « LL, LL♥️ (Neutral) »

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V/A, Bienvenue au Club 1 (Bienvenue au Club)

S’il m’a fallu du temps pour aborder cette compilation disponible via bandcamp, c’est qu’il y une raison, enfin, plusieurs. Plusieurs pièces d’un puzzle que mon cerveau a mis du temps à assembler, le temps que plusieurs planètes s’alignent. Je vous raconte : d’un côté, une amie me demande quel groupe je ferais jouer dans un grand raout organisé par l’institution pour laquelle elle travaille dans ma ville européenne. Elle me demande si Sinaïve serait ok, je lui dis, en bon crypto impresario qui prendrait un pourcentage au passage (je plaisante, hein), que bien sûr. Mon amie insiste sur le fait que le groupe remplisse des critères de jeunesse et slash ou que ses membres soient inscrits à l’université. Je réfléchis ensuite des heures, des nuits, à quel autre groupe pourrait bien faire l’affaire si jamais le néo trio ne pouvait assurer la date. Panne plus ou moins sèche. Parallèlement, j’échange avec un ami qui s’occupe de la programmation d’une salle de bonne taille dans notre même ville. C’est le privilège de l’âge, pas mal d’amis sont aux commandes, c’est amusant. On échange sur une première partie possible (importante, dont on reparlera) et il me dit, tiens, pour Groupie, tu devrais écrire quelque chose sur Beatrice Melissa, un duo électro pop. Continuer la lecture de « V/A, Bienvenue au Club 1 (Bienvenue au Club) »

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Pierre Gisèle, Distorsion (Flippin Freaks, Safe In The Rain)

Ce n’est pas parce que je n’habite pas à Bordeaux que je vais me priver des conseils du disquaire du coin, Martial de Total Heaven. Un peu de prosélytisme, des rappels pour les étourdis, sur les réseaux, ça ne nuit à personne, la preuve, j’arrive deux mois après la bataille, mais on s’en fiche. L’EP, Distorsion de Pierre Gisèle est sorti fin janvier et je viens juste de tomber dessus. Pierre Gisèle est une chanteuse issue du collectif Flippin Freaks dont j’avais survolé les sorties jusque là sans accrocher, si ce n’est le J’ai raté ma vie du groupe Teeth, parce que ça parle de dentition, et que ça me touche. Continuer la lecture de « Pierre Gisèle, Distorsion (Flippin Freaks, Safe In The Rain) »

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Jacques, LIMPORTANCEDUVIDE (Recherche & Développement)

 

« Quand on m’demande ce que je fais
dans la vie, j’me le demande aussi »

Cher Jacques,

                    Évacuons d’emblée cette histoire autour de ta coupe de cheveux qui peut en incommoder plus d’un : j’ai toujours pensé qu’elle faisait de l’ombre à ta musique, même si elle m’a fait réfléchir à ce que sont les normes physiques et à ce qu’on attendait d’un homme et d’un musicien, la transgression, le rapport au ridicule, tout ça. Je me doute qu’elle te sert aussi à créer une image que tout le monde peut facilement mémoriser et instantanément identifier. Les casques de Daft Punk, les lunettes d’Elton John (je repense toujours à cette fabuleuse fin d’un numéro du Muppet Show dans lequel il était invité, entouré par les marionnettes qui portaient toutes des lunettes multicolores en plumes), les globes oculaires géants des Residents ou, bien sûr, les tonsures des Monks. Mais peut-être que je fais fausse route, peut-être que tout le monde s’en fiche de cette coupe de cheveux, je me dis juste que tu devrais profiter que tu en as, parole de cinquantenaire décati. Continuer la lecture de « Jacques, LIMPORTANCEDUVIDE (Recherche & Développement) »

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Marie Delta, Route de nuit (autoproduit via La Souterraine)

« J’aimerais faire l’amour
dans un appartement vide »

Si je devais créer un sous-ensemble récent des musiques pop synthétiques et hantées, j’y rassemblerais quelques beaux disques parus ces mois-ci : celui d’À trois sur la plage par exemple, ou celui de Rémi Parson. J’y ajouterais ce disque de Marie Delta qui vient de sortir en vinyle après avoir été mis sous les projecteurs par les agents secrets de la Souterraine en avril de l’année dernière. Ils ont tous en commun une simplicité apparente, un flou qui dissimule de fortes personnalités et des paroles qui ne respirent pas forcément la joie de vivre. Une sorte de nouvelle petite vague froide qui se serait débarrassée de ses oripeaux et surtout de ses figures folkloriques encombrantes. Continuer la lecture de « Marie Delta, Route de nuit (autoproduit via La Souterraine) »