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Cadavre Exquis : Ellah A Thaun

Ellah A Thaun / Photo : François Grivelet
Ellah A Thaun / Photo : François Grivelet

On l’a déjà dit à plusieurs reprises, Ellah A Thaun est certainement l’un des groupes les plus complexes et passionnants de l’hexagone. Leur troisième album, sorti l’an dernier, sûrement le plus réussi, et ils viendront le défendre ce mercredi sur la scène de La Station à Paris. Nathanaëlle, fulgurant leader charismatique du groupe, nous dit : « Pour ce Cadavre Exquis à l’avant veille de notre release party, j’ai choisi de demander un titre à chacune de personnes présentes sur scène Mercredi, puis de les associer à deux titres de ma bibliothèque, parce que je suis gémeaux. » Continuer la lecture de « Cadavre Exquis : Ellah A Thaun »

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Mélanie Pain, How & Why (Capitane Records/Modul)

 

Depuis longtemps, je me demande si nous sommes nombreuses et nombreux à réagir de la sorte – mais j’oublie toujours de poser la question. Oui, je me demande si comme moi, parfois, il suffit des quelques secondes d’une intro, un simple changement d’accord, l’esquisse d’une mélodie pour que déjà, vous sachiez qu’une chanson a (entre autres) été écrite pour vous, qu’elle va tourner en boucle pendant plusieurs jours / mois / semaines / années (rayez la mention inutile si tant qu’il y en ait une) et qu’elle ouvre un album que vous allez aimer adorer (la formule “adorez aimer” fonctionne aussi)… Depuis longtemps, j’ai ce rapport à la musique – pour le meilleur, mais pour le pire aussi : l’intro de la première chanson d’un disque attendu avec une certaine impatience déçoit, et son sort en est scellé… Continuer la lecture de « Mélanie Pain, How & Why (Capitane Records/Modul) »

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Cyrille Martinez, Comment habiller un garçon (Gallimard / Verticales)

Je n’ai jamais trop su comment me saper, ni d’ailleurs cherché à corriger ce handicap social. Au « prime » de ma jeunesse, je me suis converti à une culture musicale idoine pour un gars dépourvu de la moindre appétence pour le vêtement (malgré un fort tropisme familial du côté du Sentier). Un uniforme succinct et finalement passe-partout. Peu de marques, ni trop de réflexion, ni trop de variables : polo Fred Perry, jean 501, chemise Ben Sherman, Docs ou Adidas trois bandes, Harrington ou bomber. Aucun casse-tête. Pour cette raison, la culture mod, ô combien fascinante par ailleurs, notamment sur le plan musical — des jazzmen de Blue Note à Paul Weller, en passant par la northern soul et les Small Faces —, m’est toujours demeurée, au fond, intrinsèquement, un peu interdite. Continuer la lecture de « Cyrille Martinez, Comment habiller un garçon (Gallimard / Verticales) »

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Société Étrange, Heat (Carton Records)

 

Musique instrumentale de pleins, de déliés et de vides, cette Lyonnaise des eaux troubles nous plonge dans un monde de l’attente : d’un trajet sur une route de montagne, d’une planque dans un quartier chelou, d’une salle du même nom d’un dentiste ou d’un doc, d’un rendez-vous dans un café désert, d’une journée fériée… C’est tout un univers cinétique quasi immobile qui s’ouvre dans sa lenteur et sa masse, devant nous. Continuer la lecture de « Société Étrange, Heat (Carton Records) »

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Doggy, Un Jour Parfait (Anorak)

« L’heure sonne et je m’étonne encore d’être ici »

C’est le retour de Doggy, après leur album Radio .TP. sorti avant le confinement et qui correspondait à mon retour à l’écriture sur la musique. Ça tombait bien, je m’étais mis en tête entre autres de faire la chronique des gens de ma génération (peu ou prou) qui continuaient tranquillement à produire des disques et à écrire des chansons, suivant bonhommement leur chemin, forcément à l’écart des grands courants et des grandes modes du commerce. Au même moment, je sortais ce Langue Pendue rétrospectif sur l’anorak pop et la noisy pop en France du début des années 90 (le fameux Côte Ouest avec l’ami Franck Vergeade), et j’avais repris contact avec la bande de Limoges, structurée dans les nineties autour de la maison de disques Anorak et du groupe originel Caramel : Guillaume Bassard y tenait la guitare, Stéphane Balanche la batterie, et on les retrouvera émancipés dans Doggy donc avec Pierre Escarguel et Stéphane Pomedio. Continuer la lecture de « Doggy, Un Jour Parfait (Anorak) »

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Les Thugs, IABF, Alternative Tentacles / Vinyl Solution / Bondage Records (1991)

Les Thugs, IABFPourquoi s’embêter à vous parler des Thugs ? Nous sommes certes sûrement quelques‑un(e)s à nous en souvenir, ou à les considérer comme un insondable mystère. Au même titre que La Souris Déglinguée, leur postérité se révèle ainsi si dérisoire dans la mémoire collective de la Gen Z, pourtant gavée de streaming et d’archives sur YouTube. De tous les groupes sortis du ventre fécond du rock alternatif – vous savez, ce grande fourre‑tout stylistique mais indubitable fait social total, entreposé au cœur des années 80 – les Thugs appartiennent à l’infime pourcentage qui a réussi à rayonner hors de nos frontières, y compris outre-Manche et chez l’oncle Sam. Continuer la lecture de « Les Thugs, IABF, Alternative Tentacles / Vinyl Solution / Bondage Records (1991) »

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Sur le fil

Coraline Gaye / Photo : Breche de Roland
Coraline Gaye / Photo : Breche de Roland

Je ne sais pas comment vous allez vous, en ce moment, mais moi ça ne va pas trop trop bien. Le monde part en vrille, partout la colère, la vengeance et la pensée bas de plafond rognent peu à peu ce qu’il me restait d’espoir pour les années à venir. Alors je m’accroche à tout ce que je peux, le soleil revenu, l’amour des miens, les mots des livres et les chansons. Je cherche la beauté et parfois il arrive qu’elle me parvienne, car oui la beauté existe encore, j’en suis convaincue, il faut le croire. Continuer la lecture de « Sur le fil »

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Chiens de Faïence, Touché Coulé (Safe in the Rain/Langue Pendue)

Chiens de faïence, Touché CouléJe l’ai écouté pour la première fois un vendredi soir dans le bus 46 entre Montgallet et Voltaire, à la nuit déjà tombée. Vous voyez un peu la scène, vous connaissez le moment : la fin de semaine un peu hard, celle qui déconnecte des sentiments, qui laisse une pellicule un peu dégueu sur à peu près tout. À la première seconde d’écoute, je sais déjà que Touché Coulé va être un de mes trucs préférés. Comment se peut-il qu’on puisse encore en faire quelque chose comme ça, un truc, un disque, un EP. Que je trouve ça formidable de ne pas en revenir d’avoir un cœur, une pompe, un truc qui marche alors que tout autour est cassé. J’en reviens pas des êtres humains qui font encore des trucs d’êtres humains. 

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