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Papercuts, Parallel Universe Blues (Slumberland)

Papercuts, Parallel Universe BluesCe n’est qu’avec la sortie de Parallel Universe Blues, sixième album de Papercuts, que j’ai découvert la dream pop de Jason Quever et le talent inouï de ce touche-à-tout californien. Tandis que j’écoutais Luna, Beach House ou The Mantles, c’est dans les studios d’enregistrement de ces derniers que le producteur s’affairait. Après quatre ans consacrés à la musique de ses pairs, il se recentre enfin sur sa propre production et, sans doute nourri par ces collaborations au sommet, délivre un album si actuel qu’il est naturellement passé pour celui d’une formation émergente auprès de mes oreilles profanes. Continuer « Papercuts, Parallel Universe Blues (Slumberland) »

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Rolling Blackouts Coastal Fever, Hope Downs (Sub Pop)

Sub Pop fut, quelques décennies plus tôt, un haut lieu du grunge et du son de Seattle. Le catalogue actuel ressemble pourtant plutôt à un inventaire à la Prévert: Beach House, Low, King Tuff, Mudhoney, Shabazz Palaces, Downtown Boys, etc. D’excellentes formations, mais dont nous peinons à identifier l’héritage commun. Cependant, la force de frappe de la structure américaine, en 2018 impressionne, et en quelques mois, les Américains ont placé les Australiens de Rolling Blackouts C.F. dans les espoirs les plus attendus de la pop indépendante. Continuer « Rolling Blackouts Coastal Fever, Hope Downs (Sub Pop) »

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Brace ! Brace !, Brace ! Brace ! (Howlin’ Banana)

La France et la pop entretiennent une relation compliquée. Beaucoup de groupes d’ici n’eurent pas toujours le succès qu’ils méritaient, des Freluquets en passant par Tahiti 80, Aline ou Mehdi Zannad. La règle a bien sûr eu ses exceptions (Phoenix, Laurent Voulzy, Les Innocents etc…), et la situation est  étonnamment positive ces derniers temps. L’Hexagone possède désormais une scène florissante et multiple (Biche, Pearl & The Oysters, Good Morning TV, En Attendant Ana, Lemon Swell, Requin Chagrin, Julien Gasc…) Parmi eux, figurent en bonne place Brace ! Brace !, une très jolie et prometteuse formation parisienne dont le premier album, après deux EPs, sort sur l’une des places fortes du garage français.  Continuer « Brace ! Brace !, Brace ! Brace ! (Howlin’ Banana) »

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The Yetis, Little Surfer Girl (Discos de Kirlian)

L’univers réserve parfois des connexions insoupçonnées, comme tomber sur un tweet d’un label espagnol que nous suivons à propos d’un groupe américain, sur lequel nous avons écrit il y a quelques années déjà. Merci donc aux Barcelonais de Discos de Kirlian de nous permettre de nous rappeler au bon souvenir des Yetis d’Allentown en Pennsylvanie. Continuer « The Yetis, Little Surfer Girl (Discos de Kirlian) »

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Tahiti 80, Ballroom (Human Sounds)

Les années 90 sont si proches et pourtant si éloignées. Nous étions fringants et beaux. Notre soif d’idéalisme n’avait pas encore été perverti par un matérialisme galopant. Que reste-t-il de nos amours de jeunesse ? Évaporées en souvenirs diffus et sibyllins, quelques chansons émergent de la brume. Heartbeat est de celle-ci. La guitare funk blanc façon Orange Juice, son motif de synthétiseur obsédant (agaçant diront certains) et l’accent français de Xavier Boyer agissent de concert pour ressusciter notre candeur. Déjà quinze ans que Puzzle (1999) est sorti ! Près de deux décennies après leur formation Tahiti 80 est encore là. Durablement installé dans le paysage musical français, le groupe n’a jamais cessé de composer de très bons disques de pop, largement boudés par un grand public frappé de cécité ! Loin de se décourager, les Rouennais ont chéri leur formule magique : une pop bien écrite, légère, dansante, optimiste mais teintée de mélancolie. Dans les grandes lignes, un programme appliqué par la Motown pendant plus d’une décennie. Ballroom, sixième album ne fait que confirmer ce que nous savions déjà : Tahiti 80 est un groupe rare et unique en France. Les normands ont fait appel à Richard Swift (Foxygen). Ce dernier a bouleversé la routine de vieux couple de la formation, la poussant à expérimenter. Revigoré par l’expérience, le groupe s’amuse, accepte ses imperfections, les cultive même ! Ballroom n’en est que plus sincère et attachant. Toujours aussi doué pour les tubes, Tahiti 80 propose en hors d’œuvre son meilleur candidat (Crush). Un single dans la grande tradition du groupe, lointain écho aux Soul Deep et Easy . Le groupe, libéré de cette obligation morale, se lâche dans un disque réjouissant et inventif. Déluge de synthétiseurs analogiques (Coldest Summer), mélodies sixties (T.D.K.), pont psychédélique baggy (Back 4 More) la formation s’éclate à emprunter les itinéraires bis, sans jamais perdre de vue leur essence: de très bonnes chansons. Solid Gold conclut l’affaire avec panache, Tahiti 80 n’a pas l’intention de rendre les armes, les normands ont encore de belles années devant eux et le font savoir avec cet excellent Ballroom.

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Bleeding Rainbow, Interrupt (Kanine)

Reading Rainbow était un charmant duo indie pop de Philadelphie. Aux côtés d’ Eternal Summers et des Young Sinclairs, ils représentaient les plus sérieux espoirs du coin. Après deux albums très chouettes dont l’excellent Prism Eyes (2009), le duo devient quatre et lâche Reading pour Bleeding. Édité dans la foulée, Yeah Right (2011) est une relative déception. Le son a gagné en puissance, mais le groupe a perdu en grâce. Interrupt, bien que dans la lignée de son prédécesseur, nous réconcilie en partie avec les Américains, sans toutefois évacuer tous nos regrets. Dans ses meilleurs moments (Dead Head, Time & Place), le disque évoque une rencontre entre les Posies et Hole, soit un album sous forte influence 90’s. On imagine volontiers Bleeding Rainbow dans le catalogue de Sub Pop produit par Don Fleming. Les batteries cognent, les guitares noisy et massives en mettent plein la gueule. Seule la voix de Sarah Everton amène un peu de lumière dans cet univers impitoyable (Out Of). La recette fonctionne assez bien. On est souvent séduit (Tell Me, Start Again), mais attention à l’indigestion cependant (Images). Un peu de légèreté aurait été bienvenue.