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Mount Eerie, Now Only (P.W. Elverum & Sun)

Le bouleversant A Crow Looked At Me paru l’an dernier a marqué les esprits. Une mise à nue complète, et rare, d’un artiste qui ressassait le long d’une dizaine de chansons fragiles, émouvantes et éprouvantes la disparation trop brutale de sa compagne, la bédéiste et musicienne québécoise Geneviève Castrée, alors même que le couple venait de donner naissance à une petite fille. Continuer « Mount Eerie, Now Only (P.W. Elverum & Sun) »

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Fontaine Wallace, Fontaine Wallace (Microcultures/Differ-ant)

Superflu. Un groupe-culte ? Ça semble un peu exagéré. Pourtant, ça correspond peu ou prou à la définition donnée du genre : après tout, cette formation nordiste, active entre 1998 et 2007, a acquis un (petit) noyau dur d’amateurs dévoués. En suis-je ? Pas sûr. Je possède Tchin-Tchin (2000) et le tardif La Chance (2007), mais les écoute rarement.

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The Caretaker, Everywhere at the End of Time, Stage 4 (History Always Favors The Winner)

The Caretaker - Everywhere at the End of Time, Stage 4Il n’y a aucun plaisir à tirer de cet album. Aucune joie. Aucun contentement. Il n’y a rien à y faire, rien à y vivre, si ce n’est y errer sans but dans la tempête. Un très mauvais moment à passer seul, les yeux flasques et la gueule ouverte, pour mieux subir l’irrespirable odeur de décomposition qui s’en dégage. Dans le noir, évidemment. Qui voudrait contaminer le soleil d’un tel poison ? Continuer « The Caretaker, Everywhere at the End of Time, Stage 4 (History Always Favors The Winner) »

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Musique Chienne, La maison de Billy (Cheptel Records)

Musique chienne La Maison de BillyOn l’a vu poser en photo sur les réseaux, l’air plutôt fier, avec ses vinyles tout frais pressés sous le bras. Fin mars, Flavien Berger passait rendre visite aux amis disquaires de Ground Zero à Paris pour déposer le premier album de Musique Chienne. Ce petit non-événement illustre plutôt bien ce qui se dégage de La Maison de Billy.

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Stratocastors, Living Under The Johnny Vacances (Et Mon Cul c’est du Tofu? / ɖɛɠəɭɨʈe)

Stratocastors, le nom claquerait bien pour un groupe hommage à Eric « papa » Clapton et Mark « rasant » Knopfler. Nous imaginons déjà quatre fringants quinquas, fièrement équipés de Fender Strat’ Fiesta Red vintage, reproduisant, inlassablement, Layla ou Sultans of Swing. Un tour en concert permet fort heureusement de dissiper le doute : ils sont pas tout à fait trentenaires, désargentés et fans de post-punk.  Continuer « Stratocastors, Living Under The Johnny Vacances (Et Mon Cul c’est du Tofu? / ɖɛɠəɭɨʈe) »

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Josh Rouse, Love In The Modern Age (Yep Roc Records)

En 2003, Josh Rouse, alors joli espoir indie sans trop d’envergure, avait réussi un coup de maître en signant l’une des œuvres les plus nostalgiques et élégantes de la décennie, le magnifique 1972, véritable ode au folk rock satiné et grand format des années 70 qui, tout en reconstituant à la perfection le son d’une époque, sonnait également comme le disque le plus personnel de son auteur. Un chef d’œuvre qui aujourd’hui encore n’a pas pris une ride. Continuer « Josh Rouse, Love In The Modern Age (Yep Roc Records) »

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The Shifters, The Shifters (Future Folklore)

Les petites maisons de disques indépendantes françaises auraient-elles trouvé une corne d’abondance de groupes en Australie ? Après Polaks et Vintage Crop, S01E02 de notre nouvelle série: Future Folklore et The Shifters. Si le label hexagonal existe depuis 2015, il ne s’agit que de leur second vinyle, en plus de deux cassettes d’Yves Bernard et…  Continuer « The Shifters, The Shifters (Future Folklore) »

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Gary War, Gaz Forth (Feeding Tube Records)

En dépit de quelques beaux exemples, le succès d’Ariel Pink ne profite guère à ses vieux amis. Ces jours-ci, Julia Holter et John Maus font figure d’exception après quelques années d’indifférence – on ne cessera de rire en songeant à l’accueil de Songs en 2006 par les médias qui l’encensent aujourd’hui. Et pourtant, entre Norah Keyes (The Centimeters, Rococo Jet), Robert Robinson (Sore Eros), Matt Fischbeck (Holy Shit), Geneva Garvin (Geneva Jacuzzi), le loufoque Harry Merry et Greg Dalton (Gary War), le talent ne manque pas… Continuer « Gary War, Gaz Forth (Feeding Tube Records) »

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The Garden, Mirror Might Steal Your Charm (Epitaph)

The Garden Mirror Might Steal Your CharmQu’il fasse sortir de votre bouche sèche un soupir de contentement ou une nausée incontrôlable, impossible d’enlever au troisième album de The Garden, Mirror Might Steal Your Charm, son étourdissante propension à provoquer des réactions aussi épidermiques qu’imprévisibles. Depuis haha en 2015 et la poignée de singles et EP’s qui l’ont suivi (dont le toujours délicieux Call This # Now en 2016), les frères jumeaux Wyatt et Fletcher Shears semblent avoir perfectionné leur punk oblique et quasi-aléatoire pour en faire aujourd’hui la plus excitante démonstration d’un rock en négation, crachant de l’idée tordue par hectolitres, à des lieues de la lente décomposition d’un certain indie rock aux guitares papiers-peints tricotant de l’accord bossa-nova sous péridurale. Continuer « The Garden, Mirror Might Steal Your Charm (Epitaph) »

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John Moore, Knickerbocker Glory (The Germ Organization)

Cet homme-là a déjà vécu mille vies. Et je me demande bien pourquoi il n’a jusqu’alors jamais pris le temps de les raconter par écrit – note pour plus tard : lui poser un jour la question. Membre de The Jesus & Mary Chain à l’époque où ça avait vraiment de la gueule (Darklands, 1987), prêt à devenir Idol à la place de Billy le temps d’une carrière solo expéditive placée sous le signe du cuir noir, à la recherche de la rédemption sous un nom peu engageant (Revolution 9, quand même), éminence grise avec l’Auteur Luke Haines du trio mixte et caustique Black Box Recorder, importateur d’absinthe en Grande-Bretagne, ventriloque, père, peintre, dandy adepte d’une vie bohème : John Moore a été / est tout cela à la fois – je dois même oublier quelques lignes à ce CV extravagant. Continuer « John Moore, Knickerbocker Glory (The Germ Organization) »