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FAME 2019 : Lords Of Chaos de Jonas Åkerlund

Maman j’ai pas raté la prison

« Lords Of Chaos » de Jonas Akerlund
FAME 2019
En partenariat avec le festival FAME

Depuis que des copies ont commencé à circuler, on dit déjà un peu tout et n’importe quoi sur Lords Of Chaos, adaptation cinématographique du livre culte et déjà controversé en son temps de Michael Moynihan et Didrik Søderlind sur la genèse et les faits divers qui ont instauré une mystique autour du Black Metal norvégien. Financé par Vice, qui n’en sont pas à leur première tentative d’appropriation culturelle, et réalisé par Jonas Åkerlund, ex Bathory – groupe à l’influence majeure sur nos petits camarades ; clippeur reconnu et parfois sulfureux (sic) pour Madonna, U2, Metallica, Lady Gaga, Rammstein et The Prodigy (Smack My Bitch Up, c’est lui), le film vaut pourtant plus que les critiques apocalyptiques qu’il génère au sein des cénacles concernés.

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rustin man, Drift Code (Domino)

Rustin Man Drift Code DominoC’est peu dire que ce premier véritable album de Rustin Man était attendu par une frange de connaisseurs patients qui ont suivi le parcours de Paul Webb en différents endroits au fil du temps. Chez Talk Talk d’abord, pour un phénoménal travail d’épure qui fera passer la new wave au post rock, chez .O. Rang ensuite, où il donna cours en compagnie de Lee Harris (le batteur de Talk Talk) à son goût pour une opération très étudiée sur des rythmiques inspirées des musiques du monde, puis finalement sous l’alias Rustin Man en compagnie de Beth Gibbons (Portishead, qu’il avait d’ailleurs fait débuter sur un album d’.O. Rang) pour un Out Of Season  (2002) dont certains attendent encore la suite avec des cailloux dans les bottes à force de trouver le temps long. Continuer « rustin man, Drift Code (Domino) »

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Swervedriver, Future Ruins (Rock Action)

Swervedriver Future RuinsLe temps a, une fois de plus, effectué son formidable travail de sape. Et pourtant, qui aurait parié un repas chaud sur Swervedriver, groupe d’Oxford apparu comme des suceurs de roue de Ride (même ville, même label : Creation, même genre musical, qu’on appelait alors à peine Shoegaze) avec de plus une donnée capillaire infranchissable pour les jeunes snobinards que nous étions. Car pour nous, les dreads (et les groupes de sinistre mémoire auquel on les associait : Credit To The Nation, Back To The Planet, Ozric Tentacles, j’en vois frissonner d’horreur au fond du campement et ils ont raison) étaient éliminatoires, d’office, circulez y’a rien à voir, bande de hippies. Assez peu portés sur la tolérance et l’amitié entre les peuples (exception faite du cas A.R. Kane), sales couillons que nous fumes, nous passâmes donc à coté d’un groupe qui a finalement traversé le temps et notre connerie avec une force tranquille et un talent qu’on finira par leur reconnaître sur le tard. Continuer « Swervedriver, Future Ruins (Rock Action) »

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Steve Gunn, The Unseen In Between (Matador)

Steve Gunn, The Unseen In BetweenLorsqu’en 2016, je prétendais que Eyes On The Lines était le meilleur album de tous les temps de l’année paru ce mois-ci et encore, pfiou, bien au-delà, on me fit volontiers passer pour un candide de première catégorie.
Non seulement Steve Gunn venait de signer son premier album véritablement électrique (et sur un gros label – Matador – qui plus est, le faquin, le traître, le parvenu), mais de plus, j’avais probablement vaqué à mes occupations lorsque l’homme s’était produit en de nombreuses occasions dans notre bonne capitale sous les bonnes auspices de l’ami Maxime Guitton, plus en tant que digne représentant surdoué d’une école acoustique qui irait de John Fahey à David Grubbs.
Bref, j’étais complètement à côté de la plaque, je n’en restais pas moins ébahi.
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BBMIX 2018 : America Endless

Endless Boogie

Toujours là, toujours là-bas (au bout de la ligne 9, arrêt Marcel Sembat), toujours vivant, toujours vital. On ne saurait mieux résumer l’exigence sans faille du BBMix festival protéiforme pour lequel notre attachement de cœur reste absolu depuis maintenant quatorze ans. Si l’ouverture ce vendredi soir proposera une soirée essentielle autour du label Saravah avec des rencontres scéniques attendues entre le vétéran Areski et une certaine frange débraillée (Borja Flames, ARLT, The Recyclers) des musiques franches d’ici, et que le dimanche soir promet son lot de frissons dystopiques avec entre autres Evan Crackshaw & The Dead Mauriacs, c’est sur l’impeccable buffet chaud-froid du samedi que nous allons arrêter notre attention, si vous le voulez bien. Quels deux plus grands opposés pouvait-on proposer, entre les tueurs à sang chaud Endless Boogie et les espions venus du froid Pan•American ? Cette affiche bien innervée résume à elle seule, le sautillement qui nous étreint à nous rendre, malgré les frimas, dans l’antre cosy du BB Mix. Et ce, depuis toujours, un coup d’œil à l’historique de la programmation suffira à nous faire cligner le panonceau « meilleur concert de ma vie » à plusieurs reprises (The Raincoats, Swans, Young Marble Giants, pour n’en citer que trois). Continuer « BBMIX 2018 : America Endless »

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The Posies, Frosting On The Beater (Omnivore Recordings)

Qui sont les Posies à l’heure où sort leur troisième album ? Une sorte d’anomalie dans un courant et une époque qui surfe sur la révolution Nevermind pour ne surtout pas trier le bon grain de l’ivraie. Il y a trop d’argent et de drogues en jeu. On vous passera la liste des containers entiers de la déchetterie que furent aussi ces années-là, mais s’il est bien un disque à réécouter sans a priori en gardant le souvenir d’une fanitude commencée là et largement confirmée depuis (Blood/Candy en 2010, chaudement conseillé), c’est bien Frosting On The Beater, véritable tour de force power pop d’une rentrée 1993 qui en comptait pourtant d’autres, ramenant le sceptre et le spectre de Big Star aux nouvelles générations, le récemment réévalué Thirteen du Teenage Fanclub en tête. Continuer « The Posies, Frosting On The Beater (Omnivore Recordings) »

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Teenage Fanclub, Thirteen / Howdy ! (Creation / Sony)

Vous l’aurez compris, Songs From Northern Britain (1997) fait une sorte d’unanimité au sein de la rédaction, et nous avons laissé le regard neuf et fougueux d’Alexandre Gimenez Fauvety prendre le soin de vous en parler. Cependant, on ne saurait passer sous silence ce qui fait aussi le piment et les contradictions de cette série Ô combien bienvenue de rééditions, celui de la réévaluation, de la remise à plat et de l’éventuelle redécouverte. Continuer « Teenage Fanclub, Thirteen / Howdy ! (Creation / Sony) »

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The Orchids

The Orchids
The Orchids / Photo : Michael Prince

C’était déjà parfaitement avouable à l’époque, c’est rétrospectivement encore plus flagrant, The Orchids étaient bien le groupe le plus classe, le plus doué et le plus génial jamais sorti du giron de Sarah Records, demandez donc à Stuart Murdoch ce qu’il en pense. Et c’est bien à cette source, autant que chez Felt ou Kaleidoscope (UK) que se sont abreuvés jusqu’à plus soif les disques de Belle And Sebastian. Continuer « The Orchids »