
Tous les mois, la rédaction de section26 propose une playlist constituée à 100% de nouveautés, entre trouvailles que vous n’écouterez qu’ici, sorties de groupes et d’artistes qu’on adore et retours de flamme inespérés. Les voici, une fois encore, choisis avec amour.
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1. Westside Cowboy, Well Done Kid, You Did It (Island Records)
Nouveau buzz qui vient de Manchester, rien d’étonnant donc, la scène mancunienne vibre toujours. Le tout jeune quatuor vient de sortir un premier album nerveux et mélodique, It Goes On. “Nous voulions une musique immédiate, concise et authentique par rapport à ce que nous sommes aujourd’hui. Il y aura bien assez de temps à l’avenir pour un triple album tentaculaire avec cuivres et cordes, mais pour l’instant, il s’agit d’une musique jeune, créée par des gens jeunes (ou presque). Nous voulons des chansons épurées et imparfaites. Nous en sommes très fiers et nous espérons qu’il vous plaira.” – mission accomplie ! CM
2. The Strokes, Dine N’Dash (RCA Records)
Le disque qui a divisé la sphère pop moderne (© RPM canal historique) dans la chaleur de l’été, sans juste milieu possible : contempteurs contre thuriféraires, une guerre à peu près sans pitié. Mais soyons brefs… Ce nouvel album des Strokes est à la musique ce que l’Espagne 2026 est au football : séparément, les chansons de ce septième album ne sont peut-être pas les meilleures du quintette américain mais ensemble, elles forment l’un des meilleurs disques d’un groupe qui se refuse à se répéter depuis un quart de siècle. Dine N’Dash est bien sûr l’exception qui confirme cette règle puisque ce seul morceau annihile tous les efforts de Fontaines D.C. et est très certainement l’un des meilleurs morceaux du répertoire fantasmé de Joy Order (ou New Division) – à tel point que ça vaudrait presque une Ceremony. CB
3. GB, Starsound (AD 93)
Un extrait de l’élégant second album du Danois Gustav Bernstern (GB), chez qui l’on retrouve autant du spleen de Kozelek avec les Red House Painters ou Sun Kil Moon que de la clarté d’une pop à la Real Estate. Dès les premiers titres, la certitude de tenir un ouvrage sans faute de goût ou disons plutôt, reflétant exactement ce que l’on a envie d’écouter, là, aujourd’hui. En concert au Chinois à Montreuil le 28 septembre. CG
4. Luluc, Honeyeater (Community Music)
Sixième album et autant de réussites pour le duo australien, longtemps exilé à Brooklyn. Toujours aussi merveilleusement mise en valeur par les enluminures folk de la guitare de Steve Hassett, la voix de Zoe Randell demeure l’une des plus délicates et des plus touchantes dans ce registre pourtant très encombré par la concurrence. MG
5. Lande Hekt, Circles (Tapete Records)
En direct de Scarborough, Lande Hekt propose une pop impeccable teintée d’un son indie assez ‘fair’. Coloré et entraînant, ce nouveau single vient de sortir pour annoncer un prochain EP, Threadbare, à paraître après un top album sorti chez Tapete Records en début d’année. On aura la chance de la découvrir sur scène en France pour l’ouverture du Paris Popfest le 24 septembre. PN
6. Tracey Nelson, Hercules (perennial)
Tracey Nelson c’est cette voix nasale trop affectée à la Cameron Winter, Geordie Greep, Greg Freeman, bref cette voix un peu énervante qu’ont tous les chanteurs de groupes aux influences country d’aujourd’hui, mais ici doublée par celle de MJ Lenderman (que l’on ne met pas le même panier, non), par ailleurs coproducteur de l’album avec un membre de son groupe, Colin Miller (dont l’album Losin’, paru l’an dernier, vaut le détour). On a du mal à trouver de l’originalité dans cet album dont on imagine qu’il doit beaucoup de ses qualités aux deux garçons susmentionnés, mais qui a tout de même été l’un de nos compagnons de l’été. CG
7. Way Dynamic, I Was the Dancer (Jagjaguwar)
Encore un gars et sa guitare, je sais, mais c’est cette façon de faire courir ses notes sur les cordes, de se balader comme ça, comme si c’était si simple, puis de tout retenir juste avant le refrain, où l’on respire enfin ; c’est ça qui fait flancher. CG
8. Sam Burton, I’m a Stranger (Captured Tracks)
Dès les premiers coups de médiator on sait que le morceau sera parfait, mais il serait bien dommage de se priver de le suite. On pense à Max Clarke de Cut Worms, l’un des rares autres auteurs-compositeurs à la voix de crooner à savoir faire revivre la folk des années 60 d’une si belle manière. CG
9. Michael Nau, Popfly (Suicide Squeeze)
Michael Nau (Page France, Cotton Jones) poursuit depuis plus de 20 ans sa ligne claire indie folk, sans artifice, de la main au cœur. Ses cartes postales intimes du Maryland ou du Vermont manquent rarement de chambouler en douceur, et comme il faut — un nouvel album éponyme, Popfly, sortira le 23 octobre. PN
10. Django Django, Cameos (Clouds Hill)
Premier morceau tiré du sixième album de Django Django, à paraître le 6 novembre, l’excellent Cameos nous rappelle le potentiel des écossais, parfois un peu passés inaperçus, en espérant que ce nouveau disque, produit par Nick McCarthy (ex-Franz Ferdinand) donnera lieu à un concert parisien. PR
11. Teenage Fanclub, Day In The Sun (Merge)
Fidèles au poste, les vétérans écossais s’apprêtent à publier en octobre leur nouvel album dont ce premier extrait, signé Norman Blake, annonce d’ores et déjà les couleurs ensoleillées. MG
12. Johanna Samuels feat. Tyler Ballgame, Circles (Jealous Butcher)
Enregistré avec la coopération bienveillante de Jonathan Rado et de quelques autres collègues, le quatrième album de Johanna Samuels, Sorry Kid, confirme tout le bien que l’on pensait déjà de cette autrice-interprète capable de rivaliser avec Weyes Blood ou Aimee Mann dans l’art de conjurer en chansons les tourments les plus intimes. MG
13. The Lazy Eyes, The One Who Got Away (autoproduction)
Ceux qui aiment Saint Etienne, le moment où ils vont découvrir ce titre de The Lazy Eyes, j’aimerais voir leur tête et regarder la nostalgie envahir leur regard. MV
14. Odessey and Oracle, Des rêves en cinémascope (Doux et dur)
On est cramés de la voix de Fanny Lhéritier, c’est un fait, depuis longtemps, c’est documenté. Frissons à chaque fois qu’on entend la chanteuse-claviériste se faufiler dans le labyrinthe de cette chanson d’artisans-experts en toute maîtrise, et on revient sur tous nos jugements à l’emporte pièce sur la virtuosité comme tue-l’amour de l’émotion. L’exception qui confirme la règle, peut-être, mais alors quelle exception ! RS
15. Lael Neale, Slip Away (Consensual Sound)
La brillante Lael Neale est de retour avec Slip Away, premier single de son cinquième album As Killers Do, qu’elle sortira le 20 novembre en autoproduction après cinq ans de bons et loyaux services chez Sub Pop. On y retrouve tous les éléments de la palette sonique qu’elle tricote avec son partenaire Guy Blakeslee depuis plusieurs albums : des accords velvetiens qui scintillent à l’omnichord, une production crépitante sur cassette 8 pistes et une voix qui semble venir du fond des âges. Avec peut-être cette fois-ci une énergie plus rageuse, comme en témoigne le rythme frénétique de la boite à rythme et les paroles que Lael a décrites de cette manière : « La seule consolation que j’ai dans un monde de milliardaires mégalos et de dirigeants sociopathes, c’est qu’ils vont tous mourir. Nous allons tous mourir et la Terre continuera”. Mood. EV
16. mary in the junkyard, Blood (AMF Records)
Avec Role Model Hermit, le trio londonien mary in the junkyard réussit un premier album plus complexe qu’il n’y paraît, la voix sucrée de Clari Freeman-Taylor – qui n’est pas sans rappeler celle de Stina Nordenstam – attirant l’oreille vers des compositions denses et tendues. A voir sur scène le lundi 5 octobre à la Bellevilloise. PR
17. mary in the junkyard, Blood (AMF Records)
Sweeping Promises monte le curseur encore un peu plus dans le rouge pour son troisième album, You Say I Romanticize, sorti à la mi-août chez Sub Pop. Adepte d’un post-punk fiévreux depuis ses débuts, le duo américain y joue avec une énergie et une hargne inédites, toujours portés par la voix tempétueuse de Lira Mondal, qui se démultiplie sur des refrains hymnes qui vous prennent par le col et ne lâchent pas. La preuve avec ce Abduction on Camera, colérique et grunge, qui donne légitimement envie de tout cramer. EV
18. The TSG, Fool’s Gold (Gob Nation)
Une power pop irrésistible emmenée par Taylor Stewart, par ailleurs batteur émérite dans le groupe The Tubs. Un premier EP vient de sortir, Skydiver – trois perles pop impeccables. CM
19. The Garden, Banned From Paradise (Epitaph)
The Garden continuent de tracer leur route : un sixième album, Bootleg, sorti cet été sans fanfare, avec toujours cette patte de punk arty où se croisent vieux claviers atmosphériques et guitares californiennes gorgées de soleil. Une formule inchangée, profondément désintéressée à l’idée de s’ouvrir vers autre chose – une bulle, un ailleurs. Sur Banned From Paradise, un piano qui martèle quelques notes et les deux frères jumeaux, Wyatt et Fletcher, qui se partagent le micro pour mieux y gueuler leur spleen désabusé. EV
20. Ween, There’s a Smooth Talkin’ Dude Around (Elektra)
A l’occasion de la réédition du génial 12 Golden Country Greats – parfois incompris à sa sortie malgré la présence du gratin de Nashville, le problème de vouloir passer pour des branleurs, c’est que les critiques ont souvent pris le groupe pour des épigones –, Ween s’offre le luxe de sortir un EP de prises studio alternatives inédites, ainsi que ce génial There’s a Smooth Talkin’ Dude, première ébauche de ce qui deviendra Pretty Girl sur l’album. PR
21. Sr. Chinarro, El deseo del genio (Eclipse Melodies)
Quelques mois à peine après la sortie du très bon et très beau El Año De La Pera, où Antonio Luque – alias Sr. Chinarro – revisitait avec élégance quelques-unes de ses chansons des années 1990, le voilà déjà de retour pour un nouvel album. Alors que le grand débat du début de l’été presque passé était de savoir si « oui ou non », Julian Casblancas avait utilisé trop d’autotune sur le nouvel album des Strokes, l’Andalou s’approprie un riff qui n’aurait pas dépareillé sur Is This It. Is This It alors ? Non, car El Deseo del Genio dépasse le seul exercice de style et revêt les atours d’un petit hymne de pop nerveuse tout la fois joyeux et mélancolique, parfait pour accompagner l’été indien qui se profile à l’horizon. CB
22. Kiwi Jr., Photos Of The Reenactment (perennial)
Ceux qui aiment Felt, le moment où ils vont découvrir ce titre, j’aimerais voir leur tête et ensuite je leur demanderai sur quel album de Felt, Photos Of The Reenactment de Kiwi Jr. pourrait figurer. MV
23. Dropkick, Side Note (Sound Asleep/Rock Indiana)
Premier extrait d’un album annoncé pour l’automne, Side Note semble d’ores et déjà annoncer quelques innovations majeures dans la discographie pléthorique d’Andrew Taylor et de ses camarades. L’inspiration mélodique n’a pas disparu, loin de là, mais les arrangements s’enrichissent désormais de tonalités plus tranchées. Et c’est tant mieux. MG
24. Bernardino Femminielli, Disco Polizei (Knekelhuis)
Le Canadien en errance revient avec son truc le plus abouti, un album parfait qu’on a du mal à décrypter. On s’est arraché les cheveux tout l’été pour tenter d’ordonner nos pensées sur l’objet, en vain, on arrive pas à s’enlever de la tête ces petites bottines rouges croco flamboyantes que le chanteur exilé de tout portait avec élégance dans une salle près de l’autoroute à Strasbourg il y a plusieurs mois de ça. Ou années. On ne sait plus. Avec le B, on ne sait jamais, c’est ça qui est beau. RS
25. Portraits of Tracy, Caught In a Jam (autoproduction)
À seulement 22 ans, l’américaine Portraits of Tracy signe un des meilleurs projets pop de l’été avec son EP Q: From Where Do Our Primal Instincts Originate? A: MTV!, décharge psychédélique et effrénée qui brasse les décennies pour n’en garder que le meilleur, intégralement autoproduit et enregistré par la jeune prodige. Et des six titres explosifs, difficile de ne pas être estomaqué par Caught In A Jam, mi-tube indie pop des années 2000 mi-thème d’un James Bond pour gamins hyperactifs, avec ses synthétiseurs new wave et ses mélodies fébriles. EV
26. Fionavair, familyguy (autoproduction)
Quatuor montréalais formé autour de la compositrice Seyjii Schultz, Fionavair affiche déjà un EP et quelques singles au compteur après une petite année d’existence. Sur leur dernier single familyguy, iels proposent un indie rock sophistiqué et viscéral, où se croisent accords bossa nova, arpèges jangle pop, silences étourdissants et voix oscillant entre murmures et hurlements lointains à la Slint sur des paroles délicieusement amères : « But it’s not a show, it’s my life/Tomorrow you do not love me/I’m nothing when you’re sober ». EV
27. Getdown Services, Cha Cha Slide (Breakfast Records)
Josh et Ben sont non seulement des musiciens talentueux mais aussi de belles personnes, dont l’ironie et l’auto-dérision se marient avec l’empathie et l’honnêteté. Leur deuxième album, Massive Champion, est une réussite qui allie bangers détonnants et douces ballades. We fucking love you guys! CM
28. Spike, Dying On The Vine (Gob Nation)
Spike est le projet synth-pop de Hannah McLoughlin, qui par ailleurs compose des musiques de film et fait régulièrement de la musique expé au Cafe Oto de Londres – une voix envoutante tout au long de l’album éponyme sorti fin juillet. CM
29. Boy Harsher, Jeans (Nude Club/Atlantic)
Avec Jeans, Boy Harsher rend hommage à des éléments chéris des années 80 : le jean, James Spader, le rouge à lèvres des amazones de Robert Palmer, New Order et Bronski Beat. Ce virage pop du duo américain donne envie d’écouter Get Mean, leur cinquième album, à paraître le 18 septembre. En concert au Bataclan le 15 novembre. PR
30. DMX Krew, Voices Inside My Head (Permanent Vacation)
Ceux qui aiment The Police – car Voices In My Head est au départ un titre qui figure sur l’album Zenyattà Mondatta –, le moment où ils vont découvrir ce titre, j’aimerais voir leur tête. Ils risquent de ne pas comprendre. Moi, en attendant, je l’écoute en boucle ce titre, celui de DMX Krew, pas celui de The Police. MV
Bonus (album) : Fully Nowhere : A World Resources archive (World of Echoes)
V/A – Fully Nowhere: a World Resources archive de World of Echo
Une compilation-anthologie qui retrace l’histoire du label néo-zélandais World Resources. Actif pendant les 90’s, ultra-confidentiel et structuré autour du trio drone-noise Surface of the Earth, son esthétique est à la croisée d’un post-rock DIY et d’une no-wave noise psychédélique. L’underground et sa créativité à leurs points les plus hauts. VC