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I Like 2 Stay Home #46 : Bleep Techno & early IDM (1989-1996)

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

La parution en 1992 chez Warp de la compilation Artificial Intelligence a pu poser les bases d’une techno autorisant un rapport décalé au dancefloor. Se tenant à l’écart des autoroutes 4/4, c’est en quelque sorte une musique électronique renouant avec ses racines ambiant, pop ou expérimentales que les productions du label de Sheffield ont remis au premier plan.
B12/Musicology, The Black Dog/I.A.O, Speedy J et leurs propositions bleep, version typiquement britannique de l’acid house. Aphex Twin (sous ses divers alias) ou Autechre, et leurs expérimentations early IDM. Ou encore la présence de quelques « franc tireurs », pas forcément assimilés au premier abord à l’écurie Warp, mais qui n’en demeurent pas moins fondamentaux : Orbital  ou outre-Atlantique, Richie Hawtin. Tout ceci dessinant le périmètre d’un genre qu’une série de labels comme Rephlex ou Skam ont pu par la suite honorer. Comme notre playlist qui ambitionne de redécouvrir cet âge d’or, celui d’une certaine techno anglaise des années 1989 – 1996. Loin de nous l’idée de conforter le préjugé élitiste d’une techno dite « intelligente », par opposition à une autre, soi-disant plus primaire ou moins cérébrale. Mais plutôt de rendre hommage à un genre dont les caractéristiques nous semblent parfaites en cette période de confinement : une techno à écouter chez soi, comme si il s’agissait d’étendre l’expérience du Chill-out à l’espace domestique. Continuer la lecture de « I Like 2 Stay Home #46 : Bleep Techno & early IDM (1989-1996) »

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Tryphème, Aluminia / Calum Gunn, Addenda (Central Processing Unit Records)

Fondé à Sheffield en 2012, le label Central Processing Unit Records (CPUR) s’inscrit explicitement dans le sillage d’une filiation glorieuse. Celle qui, avec Warp et ses productions bleep techno et proto-IDM du début des 90’s, a pu poser les bases d’un son typiquement britannique rejouant à sa manière ce qui a été élaboré du côté de Detroit et Chicago. Et ceci est particulièrement évident si l’on parcourt le catalogue de CPUR : de DMX Krew à Microlith ou Bochum Welt, c’est bien un parti pris esthétique cohérent qui se dessine. Comme si LFO période Frequencies (1991), B12 ou Sweet Exorcist rencontraient l’électro US canal historique (de Cybotron à Drexciya). Et leurs deux premières sorties de l’année 2020, Aluminia de Tryphème et Addenda de Calum Gunn, ne dérogent pas à cette règle, toute entière vouée au culte des séquenceurs, synthés et boîtes à rythmes Roland ou Korg. Continuer la lecture de « Tryphème, Aluminia / Calum Gunn, Addenda (Central Processing Unit Records) »

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Transversales / Jonathan Fitoussi et Sébastien Rosat

Jonathan Fitoussi, Transversales
Jonathan Fitoussi, Transversales

Fondé en 2017 par Jonathan Fitoussi et Sébastien Rosat, Transversales Disques s’est très rapidement imposé comme l’un des labels les plus passionnants de ces dernières années. Porté par une haute exigence esthétique et un parti-pris à l’érudition impeccable, c’est autour de deux axes principaux qu’il développe une ligne impressionnante par son refus de certaines facilités qui peuvent caractériser un secteur aujourd’hui saturé : que ce soit par la redécouverte de travaux de certains représentants de la musique électro-acoustique, liés au GRM, comme Bernard Parmegiani, Luc Ferrari ou François Bayle, ou encore par une attention toute particulière portée à la bande originale de film et à son âge d’or (les années 60-70-80) avec François de Roubaix, Philippe Sarde, Ennio Morricone, l’acte de redécouverte de l’inédit ou de réédition n’est jamais gratuit, évitant soigneusement l’archive dispensable ne valant que par sa pseudo-rareté. Continuer la lecture de « Transversales / Jonathan Fitoussi et Sébastien Rosat »

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FAME 2020 : Felix in Wonderland de Marie Losier

Felix in Wonderland de Marie Losier
Felix in Wonderland de Marie Losier

Depuis plus d’une trentaine d’années, Felix Kubin élabore une œuvre parmi les plus iconoclastes de la scène électronique allemande. Creusant une esthétique kraftwerkienne à la théâtralité rétro-futuriste encore plus marquée, son travail a pu s’imposer en jouant sur quelques motifs obsessionnels orchestrés au gré d’une discographie pléthorique et de prestations scéniques joyeusement décalées, comme en à témoigné un passage mémorable au festival BBmix à Boulogne en 2013. Continuer la lecture de « FAME 2020 : Felix in Wonderland de Marie Losier »

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David Byrne, Qu’est-ce que la musique ? (Philharmonie de Paris)

David Byrne, Qu'est-ce que la musique ?La figure du musicien-théoricien a toujours été singulière dans le domaine des musiques populaires : de Brian Eno à David Grubbs ou David Toop, elle a le plus souvent concerné ce lieu plutôt marginal qui a assumé un certain dialogue avec les musiques expérimentales et autres gestes avant-gardistes. Tout se passant comme si l’impératif de réflexivité ne pouvait concerner que cette figure du créateur fréquentant le bord le plus « savant » des pratiques musicales contemporaines : Eno, dans la préface qu’il consacre au classique Experimental Music de Michael Nyman, parle en effet d’une « musique hautement intellectuelle », d’une « expérience spirituelle qui, dans les faits, était un terrain où nous pouvions exercer, mettre des propositions philosophiques en pratique ou nous approprier des procédés fascinants et ludiques. » (p. 10.) L’élaboration de concepts, la mise en œuvre d’hypothèses théoriques, allant ici de pair avec cet archétype de l’artiste chercheur et inventeur de formes. Et à ce titre, la figure de David Byrne ne nous semble pas déroger à la règle. Continuer la lecture de « David Byrne, Qu’est-ce que la musique ? (Philharmonie de Paris) »

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Caterina Barbieri, Ecstatic Computation (Editions Mego)

Lors de son passage parisien à l’occasion de l’édition 2019 du festival Présences électroniques, Caterina Barbieri a pu confirmer ce que l’on pressentait d’un travail tout entier dédié aux “effets psycho-physiques de la répétition” et à l’exploration des “opérations basées sur des patterns” : approfondir une ligne minimaliste qui aujourd’hui fait figure de passage obligé pour tout un pan des musiques électroniques contemporaines, qui se caractérise par un travail sur la séquence prise comme matrice d’une logique de variation, de recomposition et décomposition du motif sonore. Une pratique de l’arpeggiateur notamment, qui fait penser au New Age typique des 80’s (certains travaux de Suzanne Ciani en tête). Déjà, avec Patterns of Consciousness, sorti en 2017 chez Important Records et qui a imposé Caterina Barbieri comme l’une plus importantes représentantes de la nouvelle garde néo-ambiant, l’ambition esthétique était clairement perceptible, insistant sur l’automatisation comme contrainte pour la composition. Continuer la lecture de « Caterina Barbieri, Ecstatic Computation (Editions Mego) »

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Igor Wakhevitch, Kshatrya (The Eye of the Bird) (Transversales)

Igor Wakhevitch KshatryaDès Lovesong to Ekalavya, “prologue ” qui ouvre Kshatrya, enregistrement d’Igor Wakhevitch datant de 1999 et revisité pour le label Transversales (Jonathan Fitoussi et Sebastien Rosat), c’est l’omniprésence du matériau modulaire et analogique qui s’impose tout particulièrement. Rien de très étonnant pour ce pionnier français de l’usage des synthétiseurs ARP2600, Moog et AKS, proche du Groupe de Recherches Musicales (GRM), de Pink Floyd, Soft Machine ou de Jean-Michel Jarre : il s’agit bien ici, avec l’exaltation caractéristique des grands défricheurs, d’aborder ces zones du psychédélisme électronique qui s’ouvraient alors à l’exploration. Aux côtés de Tangerine Dream, du Morton Subotnick de Silver Apple Of The Moon ou encore du Terry Riley période Les yeux fermés, le travail de Wakhevitch évoque ce moment si singulier de la musique de la deuxième moitié du XXe siècle au cours duquel esthétique planante et recherche avant-gardiste ont convergé. Continuer la lecture de « Igor Wakhevitch, Kshatrya (The Eye of the Bird) (Transversales) »

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Mark Stewart, Learning to Cope With Cowardice (On-U Sound, réed. Mute)

Dans une série d’articles écrits pour le magazine Wire au tournant des années 1990-2000, Simon Reynolds a pu évoquer l’hypothèse d’un “continuum hardcore” qui caractériserait la scène électronique anglaise, depuis l’explosion rave jusqu’aux UK Garage, Grime et Dubstep, en passant bien évidemment par l’axe Jungle / Drum and bass / Breakcore. Une lignée subculturelle ayant pour épicentre Londres évidemment, mais aussi certaines villes comme Bristol, et qui constitue une véritable version “mutante”, typiquement britannique, de la house et de la techno.
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