
C’est un printemps où la lenteur se mêle à l’impatience, c’est un printemps où les corps restés longtemps captifs n’aspirent qu’à retrouver la rue à nouveau vivante, les visages souriant à l’ombre des terrasses, les silhouettes dansantes dans la nuit qui descend. C’est un printemps pour se rencontrer et se plaire, et laisser derrière nous ce qui déborde de colère et de haine, c’est un joyeux recommencement. C’est un printemps qui ressemble déjà à l’été où le soleil s’applique à nous réchauffer le cœur et nous piquer les yeux, où le thermomètre affole la température de nos peaux d’un désir caniculaire. C’est une chanson qui s’écoute en boucle, une chanson qui nous tourne autour, une chanson sucrée et obsédante. C’est l’histoire de l’amour qui débarque soudain et qui nous prend par la main et par surprise. C’est beau, c’est si beau, on ne le sait pas encore et pourtant c’est déjà là. Continuer la lecture de « Providence »
« Condamnés par Dieu à manger de l’or, et une fois remplis, en manger encore, qu’ils voient dans l’immense pauvreté de la mort, que la faim est un trésor »
Redécouvrir aujourd’hui le travail de
L’artifice rhétorique est souvent associé aux tentatives de réhabilitation des œuvres jugées trop confidentielles par ceux mêmes qui les louent. Pour mieux inciter, sans doute, le lecteur avide de découverte distinctive à leur emboiter le pas, les critiques ont pris l’habitude d’abuser de la métaphore du secret : ceux que l’on garde jalousement et que seuls les initiés dévoilent et se partagent avec une parcimonie qui permet d’entretenir le sentiment du mystère et du privilège. En dépit de son absence à peu près totale de notoriété ou de reconnaissance publique – à l’exception, certes notable, de quelques passages sur les ondes nationales britanniques –
On se souvient forcément de la première fois. Surtout de la première fois où on a écouté une production 