
S’il n’y a nul besoin de justifier le fait de porter un vieux cardigan chéri, il est parfois délicat de s’enthousiasmer publiquement pour des groupes qui nous accompagnent depuis plus de trente ans, au risque de passer pour une vieille baderne. Et pourtant les raisons qui faisaient qu’on écoutait Heavenly plutôt que Gala en 1996* sont plus valables que jamais. Le regard bienveillant mais la langue (et les guitares) acérées de Heavenly offre toujours la même respiration, le même sentiment d’appartenance à une minorité qui privilégiera éternellement les pubs et les médiathèques aux salles de crossfit (bonus si vous ne voyez même pas ce que c’est). Highway To Heavenly, le nouvel album du groupe, n’est donc pas une autoroute vers un paradis perdu nostalgique, mais un sentier alternatif qui contient la promesse de cieux plus radieux, même si pour l’instant, il pleut.


« Choses, choses, choses, qui en disent long quand elles disent autre chose. » Cette citation d’Henri Michaux résume avec poésie
servent donc à raconter l’Angleterre des années 70, celle d’un garçon maigrichon de Sheffield élevé avec amour et humour par sa mère, ses grands-parents et ses tantes après le départ du père, celle des pulls en synthétique, du 



