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Le Culte de Curtis

Master de la première cassette enregistrée en décembre 77, contenant « Ideal For Living » de Warsaw, qui deviendra Joy Division, vendu lors d’une vente aux enchères organisée par Peter Hook en mars 2019.

Le suicide de Ian Curtis le 18 mai 1980 ressemble à un jeu de miroirs. Le culte morbide autour du chanteur de Joy Division, au-delà de l’évolution musicale de New Order, est longtemps resté sinon minoritaire, tout au moins sous-jacent. En 1985, le journaliste Michka Assayas assiste à Manchester au tournage du vidéoclip de The Perfect Kiss par le réalisateur américain Jonathan Demme avec à ses côtés, le grand Henri Alekan en tant que chef opérateur. The Perfect Kiss (“My friend, he took his final breath/Now I know the perfect kiss is the kiss of death”) sort le même jour, le 13 mai 1985, que la centième référence du label Factory, Low Life, troisième album de New Order, qu’il contient : une première pour le quatuor. Continuer « Le Culte de Curtis »

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Le Mister INXS

Retour sur le documentaire consacré à la pop star australienne Michael Hutchence

michele bennett et Michael Hutchence
Michele Bennett et Michael Hutchence

19 février 1996. À l’Earls Court Exhibition Centre de Londres, lors de la cérémonie annuelle des Brit Awards (l’équivalent de nos Victoires de la Musique, la dimension internationale en plus), Oasis rafle la mise avec trois récompenses. Lorsque Michael Hutchence, chanteur du groupe australien INXS, leur remet l’un des prix, Noel Gallagher balance : “Has beens should not be presenting awards to gonna be’s” (“Les has been ne devraient pas remettre de récompenses à ceux qui vont avoir du succès”). Un an et demi plus tard, Michael Hutchence n’est plus de ce monde : il s’est donné la mort par pendaison dans une chambre d’hôtel. Continuer « Le Mister INXS »

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Sale temps pour la musique

Interview inédite d’Andy Weatherall en 2011, pour la réédition de « Screamadelica »

Andy Weatherall
Andy Weatherall

La musique compte chaque jour ses morts. Mais celle d’Andy Weatherall, si elle peut laisser indifférent le grand public (“Qui ça ?”) a été saluée avec la plus grande émotion par ses pairs. Tous, y compris ses admirateurs anonymes au moins aussi reconnaissants, ont insisté sur le sens de l’humour, la gentillesse, le savoir vivre et la culture extra-musicale du monsieur. Il serait trop fastidieux de rappeler que Weatherall a changé la musique pop dès sa deuxième production en 1989 avec Loaded de Primal Scream. Mais celui qui était toujours capable d’initier Convenanza en 2013, un nouveau festival défricheur et intimiste à Carcassonne, a surtout refusé de capitaliser sur sa réputation et de devenir sans trop se fatiguer un “gros” DJ et producteur discographique de stars. Il a préféré explorer les marges sans relâche, quitte à nous perdre parfois en route bien au-delà de Sabres Of Paradise, Two Lone Swordsmen et tout ce qui est sorti sous son nom. Il faudra encore du temps pour bien écouter, essayer de comprendre et peut-être réaliser à qui nous avions affaire derrière ses différentes identités sonores. Pour donner un exemple évident, la liste désormais détaillée des samples de Loaded ne saurait à elle seule expliquer le résultat final. Weatherall reste aujourd’hui encore un pionnier musical tous azimuts, toutes directions. Continuer « Sale temps pour la musique »

Catégories livres

Les mystères musicaux de mister Gainsbourg

« Le Gainsbook » n’est pas qu’un ouvrage de plus sur le grand Serge.

Encore un livre sur la pierre de touche, incontournable au point d’en devenir parfois encombrante, de la chanson française, enfin pop plus encore que populaire. Certes, mais c’est le troisième par ordre d’importance, après la biographie imposante de référence, Gainsbourg, publiée l’année qui a suivi la disparition du grand Serge en 1991 par feu le journaliste belge Gilles Verlant, et le Gainsbourg Sans Filtre de Marie-Dominique Lelièvre, contrefeu admirable en 1994 sous la plume acérée de la future biographe de Coco Chanel, Françoise Sagan, Brigitte Bardot et Yves Saint-Laurent. Continuer « Les mystères musicaux de mister Gainsbourg »

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Fontaines D. C. – L’oasis

Fontaines D.C.
Fontaines D.C.

Depuis combien de temps un groupe de rock n’avait-il pas ainsi retenu notre attention ? Rien de neuf pourtant sous le soleil intermittent de Dublin, juste cinq jeunes hommes âgés de 22 à 24 ans réunis dans Fontaines D.C., en équilibre entre bruit post-punk et pop mélodique, avec un chanteur charismatique jusque sur scène, pour faire du groupe l’une des révélations de l’année 2018, avec un premier album Dogrel sorti ce printemps. Continuer « Fontaines D. C. – L’oasis »

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Rouge, Impair et Plank

« Mon père, Conny Plank, révolutionnaire du son » de Stefan Plank et Reto Caduff

Conny Plank
Conny Plank dans sa cuisine.

Conny Plank : The potential of noise, traduit en français par Arte sous le titre Mon père, Conny Plank, révolutionnaire du son, est enfin diffusé ce vendredi 3 mai par la chaîne franco-allemande, un an après avoir été présenté en France lors du festival Musical Écran à Bordeaux. De facture assez classique, ce documentaire a été co-réalisé par son fils, Stefan Plank et le suisse Reto Caduff. Une aubaine pour tous ceux qui sont familiers du plus grand producteur musical allemand de l’après-guerre (Giorgio Moroder est italien) comme pour les curieux d’en savoir plus sur cette figure tutélaire pop rock au sens large, hélas disparue en 1987 à l’âge de 47 ans.

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Fontaines D.C., Dogrel (Partisan/PIAS)

Une fois n’est pas coutume, il sera d’abord question de l’ultime chanson de l’album inaugural de Fontaines D.C., du calme après la tempête, de Dublin City Sky, parenthèse apparemment apaisée entre la Nico de Chelsea Girl et les héros The Pogues. Chez les plus grands, le dernier titre d’un album annonce souvent la suite sur le prochain. Mais en attendant confirmation (ou démenti sous forme d’exploration psyché-tropicale-ragga-électropop-je-ne-sais-quoi), comment ne pas succomber immédiatement et sans réserve aux dix hymnes, entre pop à guitares et réminiscences post-punk, qui précèdent ? Continuer « Fontaines D.C., Dogrel (Partisan/PIAS) »

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Musical Ecran 2019 : Desolation Center de Stuart Swezey

Mojave Auszug, 1984 / Photo : Fredrik Nilsen Hacke
En partenariat avec le festival Musical écran

Le début des années 1980. Los Angeles. Une scène locale punk (Black Flag, le groupe d’Henry Rollins, The Screamers, avec son chanteur sosie de Jim Carrey, Germs…), filmée par Penelope SpheerisWaynes’s World en 1992, c’est elle – dans le premier volet de sa trilogie The Decline of Western Civilzation (1981) n’a rien à envier à celle de New York et Londres une décennie plus tôt, avec pour correspondance européenne paradoxale, Berlin. Indésirables en ville, quelques activistes fans de musique extrême vont trouver refuge dans le désert de Mojave, celui de Zabriskie Point (1970) de Michelangelo Antonioni puis de la mort de Gram Parsons en 1973, quelques années avant de servir de décor à la pochette du The Joshua Tree (1987) de U2 photographiée par Anton Corbijn. Le réalisateur Stuart Swezey, l’un de ces amateurs paradoxaux de Throbbing Gristle et autres joyeusetés antinomiques du style de vie californien, a proposé de 1983 à 1985 une poignée de concerts, matière de son documentaire Desolation Center, récit d’une jeunesse ô combien sonique. Continuer « Musical Ecran 2019 : Desolation Center de Stuart Swezey »