Ed Harcourt, El Magnifico (Deathless Recordings)

Ed Harcourt est le dernier grand romantique. On le savait déjà, mais il nous le confirme avec ce nouvel album au titre évocateur, El Magnifico. Enregistré dans sa maison et dans une église, ce disque nous ramène à la grande époque de cet éternel jeune premier. Alors que le monde s’enflammait pour les Strokes (à juste titre) et pour le premier disque des Libertines (ce qui se discute), Ed Harcourt campait sur ses positions en s’enfermant avec un Death In Vegas et Gil Norton pour faire se rencontrer les disques de Radiohead et les débuts d’Elton John sur son premier album.
Jeff Barrett avait eu l’instinct de signer ce natif de Wimbledon et avait des rêves de gloire le concernant. Cheveux aux vents, marcel blanc immaculé, Ed Harcourt avait tout pour faire entrer en transe les charts. Accompagné des Magic Numbers et de Graham Coxon, produit par Tchad Blake, Ed Harcourt avait l’allure d’un jeune Alain Delon et les chansons pour régner en maître absolu. Le coup d’état n’arriva malheureusement jamais. Harcourt quitta discrètement les devants de la scène au début des années 2010, joua pour Sophie Ellis-Bextor et Marianne Faithfull… Aujourd’hui, Ed Harcourt pige pour les Libertines.

El Magnifico reprend les codes de la période Heavenly du garçon. Un piano, des chansons qui ne demandent qu’à partir au galop et surtout Greg Dulli (The Afghan Whigs) qui surgit sur Broken Keys avec le fantôme de Mark Lanegan. Photographié (et filmé) par Steve Gullick, Ed Harcourt déroule sans coup férir une dizaine de titres qui nous ramènent au début du siècle. Conséquence inévitable de l’écoute ce disque : on cherche frénétiquement dans sa discothèque les premiers disques de l’auteur et on espère secrètement retrouver les disques des Magic Numbers. Sacré album du mois par un certaine revue pop moderne en 2001 avec Here Be Monsters, Ed Harcourt vient sans s’en rendre compte de publier l’un des plus beaux disques de l’année.


El Magnifico d’Ed Harcourt est disponible via Deathless Recordings.

Une réflexion sur « Ed Harcourt, El Magnifico (Deathless Recordings) »

  1. Avec quelques mois de recul, un disque formidable, ce que ne laissait pas forcément entrevoir Strange Beauty, un titre certes de bonne facture mais qui se révèle pleinement dans la continuité de l’album. Ed Harcourt n’écrit pas pour passer le temps ; résultat, l’ensemble est d’une très grande cohérence, et à écouter absolument dans l’ordre pour en saisir toute la beauté. Parfaitement anachronique, donc – mais il vient s’imposer dans mon actualité personnelle avec ce qui est peut-être pour moi son meilleur album.

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