
Combien de points sont-ils nécessaires pour parvenir à esquisser une trajectoire ? A observer la discographie aux courbes incertaines esquissée depuis ses débuts en 2018 par Benjamin Woods – alias The Golden Dregs – les évidences de la géométrie semblent, dans son cas, largement remises en cause par les voltes musicales déroutantes. Un premier album presque garage-rock, un second un peu plus personnel et plus original mais toujours tourné vers l’Amérique et ses mythes. On a beau les réécouter depuis le troisième point de fuite provisoire : on n’y trouve pas grand-chose qui contribuerait à inscrire On Grace & Dignity dans la continuité linéaire de ces débuts prometteurs mais encore tâtonnants. Les guitares acerbes ont largement cédé la place aux claviers moelleux. Seule la voix, peut-être, demeure. Ces murmures de barytons qui donnent chair à des récits précis et incarnés, comme autant de petites nouvelles rescapées d’un voyage à rebrousse-temps. En 2020, Woods est retourné vivre chez ses parents, en Cornouailles, et tout a changé. Continuer la lecture de « Benjamin Woods (The Golden Dregs) : « J’ai détesté la plupart des moments que j’ai passés à écrire cet album » »
Dans une dimension parallèle où la pureté esthétique règnerait sans partage,
Pour en avoir vécu une infime portion dans les conditions du direct, on sait depuis bien longtemps que les souvenirs d’
1996. 
C’est à la fois une réédition et une épiphanie. Des chansons très anciennes enregistrées il y a cinquante ans par une femme très jeune. Un disque sans âge qui semble avoir traversé les décennies quasiment intact, tel une momie miraculeusement préservée dans les bandelettes de la confidentialité. Un point de croisement et de convergences aussi. Entre de petites histoires intimes – la rencontre amoureuse et artistique, à Paris, entre une novice américaine et un chanteur folk sicilien, disquaire à ses heures pas si perdues – et des aspirations collectives – celles que portent de jeunes musiciens français qui cherchent à prolonger les impulsions politiques de l’époque dans l’exploration des formes musicales traditionnelles. Les musiques des peuples leur apparaissent comme une alternative cohérente avec leurs idées et, parfois leurs engagements.
Comment apprécier avec l’illusion de posséder une ouïe toute neuve une musique qui transporte –intentionnellement ou pas, ce n’est pas vraiment le problème – plusieurs décennies de références ? Un premier album d’indie-rock enregistré en anglais par un groupe français : il y avait tout à craindre des obstacles pour qui ne bénéficie plus depuis bien trop longtemps des privilèges de la virginité musicale. Les associations charriées par la mémoire surgissent en premier : on n’y peut rien. Autant les laisser affluer avant d’apprécier ce qui leur survit. L’homonymie d’abord : 
