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Spencer Radcliffe & Everyone Else, Hot Spring (Run For Cover)

spencer radcliffe hot springIl y a un truc que les Américains savent faire, c’est avoir une sorte de singer-songwriter charmant dans chaque (aéro)port. Ici, c’est l’Illinois, c’est Chicago, ça pourrait être n’importe qui mais c’est Spencer Radcliffe et «Everyone Else», très précisément.

Il y a quelques années (2015), un des ces titres discrets qui ont tout pour se faire oublier avait rejoint ma sélection favorite quasi-instantanément, ça ronflait bizarrement dans le fond, ça rentrait dans la tête facilement, ça s’appelait Mermaid et c’était sur l’album Looking In, avec sur la pochette un poisson qui regardait très absurdement un chat dans un bocal. Continuer « Spencer Radcliffe & Everyone Else, Hot Spring (Run For Cover) »

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Dois, Fenòmeno EP (Discos de Kirlian)

Il y a un an, nous évoquions ici-même le 45 tours posthume du très bon groupe étasunien The Yetis, publié par la charmante maison de disques Discos de Kirlian (des amateurs de Le Mans à n’en pas douter !) Le label  barcelonais confirme à chaque sortie être de ceux que nous souhaitons chérir longtemps. La structure défend une certaine idée de l’indépendance, romantique, détachée de certaines contingences matérielles, proposant des disques pop dans l’âme. Nous ne les évoquons ainsi pas suffisamment, mais nous écoutons chacune de leur sortie avec la plus grande curiosité.  Continuer « Dois, Fenòmeno EP (Discos de Kirlian) »

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Peter Davison, Glide (Avocado Records, 1981)

La pochette de Glide de Peter DavisonIl faut croire que l’on a besoin d’un peu de paix. De silence. C’est peut-être l’époque qui veut ça. Une lourde fatigue greffée à l’échine, filant des envie d’ailleurs où s’étendre de tout son saoul pour oublier la pulsation des artères. Regardez-nous, explorateurs immobiles, ballotés au vent aléatoire des suggestions YouTube, tombant amoureux en cascade d’un obscur disque dédié aux plantes vertes, nous perdant par paquets de mille dans sa douceur analogique au point de la faire revenir des morts (immense Plantasia de Mort Garson, réédité en vinyle ce mois-ci chez Sacred Bones). Continuer « Peter Davison, Glide (Avocado Records, 1981) »

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Papivole#5, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : 
Jean-Philippe Talaga et le fanzine Junior

Junior
Junior #1

Directeur artistique couru dans le monde des musiques pointues et populaires, Jean-Philippe Talaga a exploré toutes les facettes du métier : avant de prendre les commandes du fantastique label Gooom (qui révéla M83 notamment), il a édité le fanzine Junior au milieu des années 90. En graphiste fin et minimal, il évoque pour Section 26 cette expérience fondatrice en pleins (un entretien complet) et en déliés (une playlist évocatrice des années Junior). Continuer « Papivole#5, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : 
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Blind Test : Howe Gelb

Howe Gelb
Howe Gelb / Photo : Christoph Voy

Après deux albums de ballades au piano (Future Standards et Further Standards) baignant dans l’atmosphère surannée des standards de Tin Pan Alley, Howe Gelb revient avec Gathered, un disque plus conforme à ses habitudes, qu’il a enregistré au quatre coins du monde, de Tucson à Copenhague, en passant par Dublin, Portland, Amsterdam et même Paris. Un disque sur lequel il retrouve une pléiade d’invités comme Matt Ward, Anna Karina ou Talula Gelb, sa propre fille, pour une poignée de duos bien sentis, dont une superbe reprise de A Thousand Kisses Deep de Leonard CohenQuelques jours après son concert donné sur l’île Séguin, à Boulogne-Billancourt, Howe Gelb a accepté de se plier au jeu du blind test.  Continuer « Blind Test : Howe Gelb »

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Chris Cohen : « Écrire des chansons n’est pas simple. »

Chris Cohen / Photo : Joe McMurray

C’est dans le parc de la Villette, dans le cadre du Beau Festival, que j’ai eu le plaisir de rencontrer Chris Cohen. Couvert de sa parka orange malgré la météo printanière, le Californien a proposé d’aller s’asseoir là, dans l’herbe. Il neigeait des aigrettes de pissenlit. Entre deux époussetages, nous avons parlé de son troisième album en solitaire, dernier volet d’une trilogie débutée en 2012 avec Overgrown Path. Paru le 29 mars chez Captured Tracks, le sobrement intitulé Chris Cohen [chroniqué ici] semble marquer l’acceptation de celui qui s’est pendant si longtemps caché derrière d’autres noms : The Curtains, Cryptacize ou Deerhoof. Une conversation limpide et délicate, comme la prestation qu’il allait nous offrir, quelques heures plus tard, sur la scène du Trabendo.

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The Good, The Bad & The Queen of Pop

avant / après

« Now it’s time for a ballad » : le concert court depuis déjà une bonne demi-heure quand Damon Albarn se saisit de sa guitare nylon pour entamer les accords de Ribbons, extrait du dernier album de The Good, The Bad & The Queen. L’ambiance est chaleureuse et décontractée ce soir au Trianon, et la chanson se déroule comme les rubans du titre. Le métier… Seulement, à la fin du morceau, quelque chose se passe : Damon n’est pas satisfait, il nous explique que le concert est filmé, que ces images vont rester « forever and ever », bref il n’est pas content de lui et va rejouer la chanson. Pardon ? Oui. Dont acte. Et c’est reparti pour trois (un peu longues, cette fois) minutes de Ribbons. Difficile après coup de faire la différence. D’accord, la deuxième fois il était peut-être un peu plus dedans, et après ? Le bégaiement a cassé quelque chose, la grâce du moment sans retour possible a laissé place au professionnalisme de l’exécution, un ange est passé et, contre la logique linéaire implacable du temps réel, la chanson a eu lieu deux fois. Laquelle était la bonne ? Continuer « The Good, The Bad & The Queen of Pop »

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Cate Le Bon, Reward (Mexican Summer / Modulor)

De toutes les belles lignes qui frappent durant Reward, « solitude is wrinkles in the dirt » (la solitude est les replis dans la saleté), est celle qui vient soudain tendre l’air à l’écoute de ce nouvel album de Cate Le Bon. Je me souviens d’un passage dIdiotie dans lequel Pierre Guyotat racontait avoir pris conscience de sa puissance poétique en tentant de « rafraîchir l’air à la faveur des mots » : à mes oreilles, « solitude is wrinkles in the dirt », ça jette un froid. Du froid, il y en a pourtant peu dans ce Reward qui curieusement débute à Miami – quand bien même il n’y fut ni écrit, ni enregistré, bien au contraire – dans une luxuriante entrée au matière. Une fois les arrangements, et leur discrète étrangeté, installées, la chanteuse galloise joue du dispositif : il n’est question de la Floride qu’à l’arrivée du refrain, les couplets eux glissent l’auditeur dans un état rêveur et déconcertant qui ne s’approfondira que davantage. « Move with me » intime-t-elle lors de son introduction en territoire du rêve. Continuer « Cate Le Bon, Reward (Mexican Summer / Modulor) »