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Machines #6: Atari ST, Atari Teenage Riot

L’histoire des ordinateurs personnels est fascinante. Si nous manquons de recul sur leur impact dans nos vies, il est indéniable que ces objets autrefois réservés aux laboratoires de grandes universités et aux multinationales ont durablement modifié le travail, les relations humaines et la création, notamment musicale. Nous nous souvenons tous, pour ceux qui ont connu l’avant en tout cas, de l’arrivée dans nos vies de ces étranges machines. Dans ce domaine, une place particulière doit être accordée à la série ST d’Atari (520/1040 pour la mémoire vive en kilo-octet) qui au milieu des années quatre vingt a largement contribué à la démocratisation des studios à la maison et surtout des séquenceurs midi. Sans nul doute, il s’agit, avec le Tascam Portastudio 4 pistes, de la révolution la plus importante des trente-cinq dernières années en matière d’enregistrement et composition. Il peut sembler incongru de consacrer un article de la série à un instrument qui n’est pas spécifiquement dédié à la musique et ne produit pas de son… et pourtant, nos STAN (STations Audio Numériques) actuelles doivent beaucoup à des logiciels développés sur l’Atari ST voilà trente ans. Par la force des choses, l’Atari ST fut ainsi le chef d’orchestre discret de nombreux hits faits à la maison à la fin des années 80 et dans les années 90. Continuer « Machines #6: Atari ST, Atari Teenage Riot »

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The Leisure Society, Arrivals And Departures (Ego Drain/Modulor)

Depuis quand n’avait-on pas écouté – réécouté même – un double album dans son intégralité dès sa découverte, sans éprouver la moindre trace de lassitude, sans tricher en en fractionnant les longueurs indigestes ou fastidieuses ? On a beau chercher, farfouiller dans les tréfonds de vieux souvenirs d’adolescence : la réponse ne s’impose pas. Contrairement à ce cinquième album de The Leisure Society qui s’est immédiatement incrusté avec une force inattendue dans les recoins d’un quotidien dont il a pris possession depuis quelques semaines. Fascinant jusque dans ses moindres méandres, impossible à déloger de cette place centrale et privilégiée qu’il occupe d’ores et déjà tout près du cœur, le diptyque composé par Nick Hemming et Christian Hardy semble doté d’une force et d’une évidence que ne possédaient pas tout à fait les quatre premiers volets d’une œuvre pourtant très appréciable et conséquente. Continuer « The Leisure Society, Arrivals And Departures (Ego Drain/Modulor) »

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Kitchen

Kitchen

Qui ?

Kitchen est le projet de James Keegan, jeune chanteur, guitariste et pianiste américain. Il s’entoure d’une formation mouvante de cinq ou six amis – « selon qui est dans le coin » – parmi lesquels se retrouvent généralement un batteur, une violoniste, un altiste, une bassiste et plusieurs chanteuses. Continuer « Kitchen »

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Léonore Boulanger chez Eva Pritsky

Léonore Boulanger
Léonore Boulanger / Décalcomanie : Jean-Daniel Botta

À flanc d’église, Ménilmontant. On fume devant, on fume dedans, des cigarettes, des vraies. Les bières sont tirées du pack, vite rafraîchies, décapsulées pour 2,50 euros. Chez Eva Pritsky légendaire bar-brocante, 5 rue d’Eupatoria, le concert va commencer. J’inspecte la scène bricolée à même le sol, au centre baroque des objets de bazar : un arbuste de câbles maigres, quelques micros, un clavier Nord pour adultes, un Casio pour enfants, une rutilante guitare demie-caisse mal branchée dans un minuscule ampli-basse, quelques pédales tombées du camion, des jouets… Jean-Daniel Botta gesticule au comptoir face aux indigènes et sourit patiemment à celui-là qui regrette que le concert ne soit pas assuré par le groupe de punk qu’on ne sait pas qui avait promis. Et kurde en plus. Du punk kurde, ça promettait d’être pas mal. Remarque, il a vu la balance, et c’est peut-être bien punk un peu aussi votre machin, qu’il concède. Continuer « Léonore Boulanger chez Eva Pritsky »

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Young Gun Silver Fox, AM Waves (Légère Recordings)

Young Gun Silver FoxPas un jour ne passe sans que l’un d’entre nous annonce son départ des réseaux sociaux. La démission de facebook devient l’une des nombreuses figures de styles du monde contemporain, une manière d’affirmer aux yeux des autres sa singularité. Reconnaissons être tous plongés dans une certaine lassitude vis à vis de l’application (ou du site) du géant américain ; la spontanéité des débuts a laissé place à une communication resserrée et contrôlée pas toujours propice à découvrir et échanger avec les autres. Mais parfois des limbes, surgit l’inattendu. Continuer « Young Gun Silver Fox, AM Waves (Légère Recordings) »

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The Cure, 
Disintegration (Polydor/Universal)

Les 30 ans du dernier grand album de The Cure

The CureMais comment en est-on arrivé là ? En à peine plus de dix ans, les choses ont incroyablement changé pour The Cure. Né de l’urgence du punk, devenu emblème post-existentialiste (la faute d’Albert Camus), le groupe a vite évolué au gré des humeurs et aspirations d’un leader qui commence par se chercher (un album rose, une compilation américaine) avant de trouver. Trouver une voie (et voix) sonique qu’il s’empresse d’explorer de fond en comble dès les premiers soubresauts de la décennie quatre-vingt. Continuer « The Cure, 
Disintegration (Polydor/Universal) »

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Rouge, Impair et Plank

« Mon père, Conny Plank, révolutionnaire du son » de Stefan Plank et Reto Caduff

Conny Plank
Conny Plank dans sa cuisine.

Conny Plank : The potential of noise, traduit en français par Arte sous le titre Mon père, Conny Plank, révolutionnaire du son, est enfin diffusé ce vendredi 3 mai par la chaîne franco-allemande, un an après avoir été présenté en France lors du festival Musical Écran à Bordeaux. De facture assez classique, ce documentaire a été co-réalisé par son fils, Stefan Plank et le suisse Reto Caduff. Une aubaine pour tous ceux qui sont familiers du plus grand producteur musical allemand de l’après-guerre (Giorgio Moroder est italien) comme pour les curieux d’en savoir plus sur cette figure tutélaire pop rock au sens large, hélas disparue en 1987 à l’âge de 47 ans.

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