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V/A, Voulez-Vous Cha Cha ? (Born Bad Records)

La présence de Born Bad Records dans le paysage musical français est presque devenu normale au point de parfois en oublier la qualité et la singularité de son catalogue, sans équivalence dans l’Hexagone. Coté nouveautés, le label peut compter sur la jeune garde parisienne électrique de Bryan’s Magic Tears et du Villejuif Underground. Le maître à bord Jean-Baptiste Guillot veille aussi  au grain des rééditions, aidé de passionnés tout aussi exigeants. Le francilien propose ainsi des compilations aux thèmes inédits et souvent passionnants. Qui d’autre que le label de Romainville aurait pu proposer une plongée dans l’univers iconoclaste de Chevance, une maison de disques dédiée à la musique pour les enfants ? Après des incursions en Algérie (Mazouni, Un Dandy en Exil), aux Antilles (Antilles Méchant Bateau, Disque La Rayé) Born Bad revient à la métropole, mais non sans un parfum de voyage et de lointain avec Voulez-Vous Cha Cha ? Continuer « V/A, Voulez-Vous Cha Cha ? (Born Bad Records) »

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Mark Stewart, Learning to Cope With Cowardice (On-U Sound, réed. Mute)

Dans une série d’articles écrits pour le magazine Wire au tournant des années 1990-2000, Simon Reynolds a pu évoquer l’hypothèse d’un « continuum hardcore » qui caractériserait la scène électronique anglaise, depuis l’explosion rave jusqu’aux UK Garage, Grime et Dubstep, en passant bien évidemment par l’axe Jungle / Drum and bass / Breakcore. Une lignée subculturelle ayant pour épicentre Londres évidemment, mais aussi certaines villes comme Bristol, et qui constitue une véritable version « mutante », typiquement britannique, de la house et de la techno.
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Holger Czukay, Cinema (Grönland)

KRAUTROCK Special

Environ six mois après sa disparition, l’œuvre de Holger Czukay se voit gratifier d’une dense anthologie (cinq disques, quand même) publiée chez les anglais de Grönland Records. Intitulée Cinema, elle vient nous rappeler que la vie du bassiste moustachu ne saurait, en effet, se résumer à sa seule participation au groupe allemand Can – aussi essentielle fut-elle. Continuer « Holger Czukay, Cinema (Grönland) »

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Daniel Darc, Amours Suprêmes (Water Music)

Via son label Water Music, Frédéric Lo – l’homme par qui Daniel Darc a ressuscité une dernière fois en 2004 avec l’immortel Crèvecœur – offre aujourd’hui au parfois discuté Amours Suprêmes – deuxième et dernier chapitre de ses aventures musicales avec l’auteur de Paris ou Je Suis Déjà Parti – une nouvelle vie en format digital. L’occasion était trop belle pour ne pas demander à l’amateur (de vin, de rock, de littérature, de vélo – dans le désordre, bien sûr) Michel Valente de rejoindre Section 26.

– Christophe Basterra

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Stratis, New Face (Dark Entries)

Stratis, New FaceLa réédition d’œuvres oubliées ou considérées comme cultes fait aujourd’hui office de secteur bien identifié de la production discographique. Et ce jusqu’à une certaine forme de saturation, la recherche de la rareté à tout prix, l’exhumation de l’incunable (typique du digger), conduisant parfois plus au dispensable qu’à la redécouverte décisive—une logique qui est trop souvent celle de la surenchère érudite. Reconnaissons dès lors au label états-unien Dark Entries le mérite de ne pas céder à cette forme de facilité, et de toujours nous proposer un choix impeccable dans ses parti pris éditoriaux. Fondé en 2009 par Josh Cheon, on lui doit notamment les redécouvertes d’Eleven Pond, Zwischenfall, de certains disques de The Neon Jugment ou encore de superbes compilations du Patrick Cowley compositeur de BOF porno gays. Un catalogue cohérent qui couvre cette sphère underground 70’s/80’s croisant disco, post-punk, synthpop ou encore proto-house.

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Le flou et la transparence

Lawrence, Felt
Lawrence, captation d’image extraite d’une vidéo YouTube de Felt « Why Do I Cry » (Live London 04/12/1985)

De même que Bernard Noël a jadis postulé qu’il y avait l’écriture du voile et celle du dévoilement, de même on peut dire qu’il y a deux façons de produire un disque : la réaliste, la non réaliste. L’une vise à donner l’illusion que les musiciens sont dans la pièce, l’autre que la musique ne vient pas d’instruments joués, mais d’un « quelque part » qui serait comme le rêve de la chanson soudain magiquement rendu à notre oreille : ainsi de la lumière sur une toile de Turner, qui paraît sans rapport avec la réalité matérielle des pinceaux… Continuer « Le flou et la transparence »

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Spectrum, Highs, Lows, and Heavenly Blows (Silvertone Records)

SpectrumL’impact de Spacemen 3 n’est aujourd’hui plus à démontrer. Celui de ses suites et projets parallèles non plus, qui, de Spiritualized (Jason Pierce) à Experimental Audio Research, en passant par The Darkside ou Slipstream, n’ont pas manqué d’incarner à la perfection un certain underground noise planant et space rock ‒ véritable chaînon manquant entre un axe The Jesus and Mary Chain / My Bloody Valentine et tout un pan avant-rock US (Jim O’Rourke, Tortoise , etc). Continuer « Spectrum, Highs, Lows, and Heavenly Blows (Silvertone Records) »

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Psychocandy, l’âge du Christ

The Jesus and Mary Chain, PsychocandyAu détour des réseaux sociaux, j’ai appris hier que Psychocandy, le premier album de The Jesus And Mary Chain (ex-aequo, je crois, avec I Love You But I’ve Chosen Darkness dans la course au titre du meilleur nom de l’histoire) fêtait ses trente-trois ans. Avec un passé où se croisent une éducation judéo-chrétienne et quelques années de Fac d’histoire, la référence m’a paru suffisamment savoureuse pour que je rallume mon vieil ordinateur professionnel afin de retrouver quelques lignes que j’avais dû écrire au sujet de ce disque que j’avais reçu en 1985 (l’année de mon bac et d’autres petites choses un peu plus importantes) comme un uppercut en plein ventre – même si deux singles et le concert parisien des Bains-Douches (oui, j’avoue, j’en étais) avaient annoncé la douleur. Visiblement, je n’étais pas resté suffisamment sur mes gardes… Trente-trois ans plus tard, ces chansons, ces larsens, ces rythmiques spectoriennes, ces mélodies inusables, ces photos n’ont pas pris une ride. La claque reste la même. Et j’en redemande.

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