Catégories chroniques rééditionsÉtiquettes

V/A Technicolor Paradise, Rhum Rhapsodies & Other Exotic Delights (Numero Group)

L’exotica est pour les nostalgiques d’un monde qui n’a jamais existé. La bande sonore pour rêver de contrées sauvages et mystérieuses en restant bien au frais dans un salon climatisé, un martini à la main et un peignoir sur le dos. Les musiciens américains qui jouent cette musique ne savent eux-mêmes pas grand-chose des terres australes qu’ils évoquent. Quelques-uns ont bien servi dans la guerre du Pacifique ou en Corée, mais la plupart n’ont jamais franchi aucune frontière. Ils tirent leur inspiration d’illustrations de pulps, de photos du National Geographic (dans le meilleur des cas) ou de films d’aventures de série B. Continuer « V/A Technicolor Paradise, Rhum Rhapsodies & Other Exotic Delights (Numero Group) »

Catégories chroniques nouveautésÉtiquettes , ,

Sleep, The Sciences (Third Man Records)

La trajectoire de Dopesmoker (2003), le précédent album de Sleep, est édifiante. C’est à elle seule un chapitre entier de l’histoire du metal. Après leur deuxième LP, le remarquable Holy Mountain (1992), le trio signe chez London Records. On leur promet une liberté artistique totale. Ça tombe bien, Chris Hakius, Al Cisneros et Matt Pike sont alors en train de composer un morceau d’une heure. Continuer « Sleep, The Sciences (Third Man Records) »

Catégories chroniques nouveautésÉtiquettes , , , ,

Jonathan Wilson, Rare Birds (Bella Union/Pias)

Avant de poser Rare Birds sur la platine, je me méfiais beaucoup de ce que j’allais entendre. Tout d’abord parce qu’après deux albums splendides, Jonathan Wilson nous avait livré Slide By, un EP poussif (hormis Angel, une impeccable reprise de Fleetwood Mac). Ensuite le teasing de l’album s’est effectué avec des clips très vilains, aux images numériques périmées et d’un psychédélisme écœurant. On nous parla alors de synthés, d’électronique, de changements radicaux dans la production. Pendant des semaines alors, je n’arrive plus à écouter aucun disque folk de Laurel Canyon. Je dors mal. Je ressasse d’improbables rêves où David Crosby chante avec Devo. Parfois dans un cauchemar effroyable, Skrillex remixe Joni Mitchell. Je tente de calmer ces terreurs nocturnes en écoutant Trans de Neil Young. Mais en vain. Poussé par un relent d’audace, bravant les derniers avertissements lancés par cette infâme pochette, je me décide enfin à ouvrir ce Necronomicon bleu électrique.

Non seulement les premiers titres rassurent, mais ils subjuguent. Immédiatement. Avec Trafalgar Square, Over The Midnight et There’s a Light, Wilson érige une cathédrale de guitares folk, rock ou soul mâtinée de country. Une fois le décor planté, la pop retro délicieuse de Rare Birds va basculer imperceptiblement dans une autre dimension. Sur Sunset Blvd, il ralentit le rythme et déploie cordes et vocoder dans un ambiance onirique, voire cinématographique. Les claviers prennent une place centrale sur ce disque, mais pour autant, le musicien n’a pas radicalement modifié son écriture, ni sa production, comme on a pu l’entendre dire. En revanche, il a étendu sa palette, ouvert ses compositions à de nouvelles sonorités : il a mis du Air dans son CSN&Y, du Talk Talk dans son Jack Nitzsche et même du Dire Straits dans son Tom Petty. (Et au passage, il fait ça mieux que The War On Drugs.) A côté de ça, il récite aussi son Sgt Pepper comme personne (Miriam Montague). Continuer « Jonathan Wilson, Rare Birds (Bella Union/Pias) »

Catégories chroniques nouveautésÉtiquettes

Elodie, Vieux Silence (Ideologic Organ)

Andrew Chalk et Timo van Luijk ont tous deux enregistré de très beaux disques d’une ambient contemplative et hypnotique, notamment en collaborant avec Christoph Heemann.
Continuer « Elodie, Vieux Silence (Ideologic Organ) »

Catégories chroniques nouveautésÉtiquettes

Quicksand, Interiors (Epitaph)

Walter Schreifels ne poste pas de photo sur les réseaux sociaux pour claironner qu’il entre en studio ou qu’il mange un grilled cheese. Du coup, on a beau suivre sa carrière de près, il parvient à nous surprendre constamment.
Continuer « Quicksand, Interiors (Epitaph) »