
Je me revois suivre ses petites ballerines bleu marine entrain de glisser littéralement sur le pavé blond d’Aix-en-Provence. Elle était le portrait identique et troublant de Dominique Sanda. J’avais un rituel précis avant de la retrouver : j’écoutais, fenêtre ouverte sur la place des Cardeurs, le Misty Roses de Colin Blunstone. La voix mélancolique de Blunstone et cette cavalcade de cordes, fiévreuses et anxieuses, marquaient parfaitement mon impatience et ma soif de la retrouver. En bas de chez moi, les murmures des restaurants se mêlaient à la musique. Sous des parasols oranges et décolorés, les cuisiniers indiens grillaient leur clope, en observant impassiblement les pigeons picorer les petits morceaux de pain, laisser là, entre quelques feuilles de platanes. Continuer la lecture de « Helvetia ou la neutralité électrique »
Maintenir l’union en dépit de la distance. Enjamber en musique l’étendue qui sépare. Voici une fois encore, réduit à peu de mots, le projet pas si banal auquel 




Vous voyez ces pontifes qui vous toisent des cimes de leur culture au détour d’une banale conversation devant un bar, généralement, pour vous expliquer que « le film est pas mal, mais le livre est tellement mieux » ? Tentons aujourd’hui de ne pas faire comme eux, car s’il y a bien un groupe culte qui ne saurait être associé à ce genre de pédanterie, c’est bien les Beastie Boys. Néanmoins…