« J’trouve pas mes mots »
C’est peu dire que la musique de Taulard aura permis ma renaissance à la musique à un moment où j’étais bien perdu. C’était il y a quelques années, dans un caveau du centre de Nantes, où j’avais atterri au détour d’un séjour de vacances. Le hasard avait voulu que je lise quelques lignes enthousiastes au sujet du groupe, celles de Rod Glacial chez Vice pour être précis. Bingo, ils jouaient tout près de notre maison échangée. Le tranchant de leur musique m’avait alors ébloui, une illumination en bonne et due forme. Je n’en pouvais plus des guitares, il n’y en avait pas une seule, ils utilisaient cet orgue tournoyant et accueillant. Je bloquais sur l’anglais, ils déployaient une poésie nouvelle à mes yeux, des choses très simples, très belles, sans fausse pudeur, droit dans les yeux. Je ressentais chez moi une sorte de réaction, un retour ennuyeux à la virtuosité, un immobilisme de poses sonores, une vacuité du propos, Taulard remettait au centre des débats l’expression, l’énergie, la simplicité. Fermer les yeux, trouver du sens, de l’émotion et danser : cette musique est physique. Ils étaient jeunes, ça jouait fort, il faisait bon dans cette petite foule agglutinée, quelque chose se passait, enfin. Continuer la lecture de « Taulard, Dans La Plaine (Broderie Records) »

« La présence des autres rend tout facile, nous nous sourions entre deux rires, le brouhaha berce nos rêves et nous voulons être seuls, mais l’absence des autres rend tout fragile, nous nous évitons entre deux rires, le silence disperse nos rêves et tu voudrais rester seule »
« On m’a connu raseur de murs, lécheur d’ordures, gicleur impur. Fuyant les fastes comme la peste. Traître à ma caste. Cafard céleste. »
De leurs débuts tonitruants dans les années 90 où ils brûlaient une effigie de
« C’est toujours toi le meilleur, surtout quand j’suis ailleurs, t’as toujours voulu tout savoir, j’ai plus qu’à m’camer et boire »

