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Poupard, Cérémonie Malgache (Choléra Cosmique)

« Au pied de ton immeuble
tu descends tes poubelles

Tes deux mains dans la merde
Je t’attends bouche ouverte

Pour te dire que je t’aime
et avaler celle pour laquelle
j’ai patienté 13 heures devant un HLM

J’aurais préférer aller à H&M »

On ne sait pas trop sur quel pied danser avec ce couple de Grenoble (Poupard, donc : Laurie et David) qui consigne des petites tranches de vie sur 4-pistes (visiblement pour la troisième fois, parce qu’on a pas tout suivi, il faut bien l’avouer). Une étonnante chanson faussement réaliste piano-voix qui fait mouche en préambule (Le pont de ma jeunesse), des séquences de talk over sur un petit mur de son qui galope (l’adorable et effrayant Coma où un fil  semblerait pouvoir se tisser naturellement avec Bambi de Diabologum période Palladium Rock  ou Heaven Boulevard, par exemple), un duo garçon-fille forcément réussi (Pendant des mois), pas parce que c’est, en grammaire pop, mon exercice favori, mais parce qu’on dirait une version disloquée d’un duo Jacky-Lio qui me colle à la peau en ce moment, Un flic au coeur tendre  concourant, lui, au prix du plus mélancolique hommage à nos génériques télé des années 80 (entre Cosma et De Roubaix). Mais vous n’étiez pas nés pourtant ? Vous connaissez Kojak, sérieux ? Continuer la lecture de « Poupard, Cérémonie Malgache (Choléra Cosmique) »

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Clara Le Meur, Hier à la plage (Le Syndicat des Scorpions)

« T’as fait un glitch dans mon cerveau,
je n’arrive plus à trouver les mots,
je mets de la reverb sur le loop,
pour brouiller les pistes »

Et s’il suffisait de deux chansons pour bien commencer cette année 2022, deux chansons très belles diffusées sur la cassette de Clara Le Meur, parue le 26 décembre 2021, l’idée parfaite pour passer inaperçue aux yeux du monde, mais c’est un projet comme un autre après tout. Il s’agit d’abord de T’as fait un glitch située sur la face A : mini précis de la journée de la musicienne amoureuse où tout se mélange. Mode d’emploi et enregistrement, sentiments, confusion entre les deux et synthèse dans la chanson de 02’40, comme un Electrelane au ralenti, privées de ses guitares, avec ses harmonies vaporeuses et émouvantes. Continuer la lecture de « Clara Le Meur, Hier à la plage (Le Syndicat des Scorpions) »

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Hicks & Figuri, Sayonara Muchacho (Herzfeld)

Hicks & Figuri

« There’s nothing wrong about you
The blues is always right
There’s nothing else you can do
When the blues run wild
Falling in love
Makes the blues run wild »

On pourrait avec un plaisir d’archéologue patenté s’amuser à dresser la liste longue comme dix bras des apparitions de Pierre Walter ces vingt dernières années, depuis son apparition publique sous le nom de Spide pour le label Vergo jusqu’à son deuxième album pour Herzfeld par l’intermédiaire de son alias Hicks & Figuri (j’évoquais déjà le précédent LP, Navaja dans ces colonnes). On le fera sans doute un jour, rien ne presse, et Discogs prendra sa fessée, on vous le promet : projet mystérieux, inconnus, non aboutis, parus en micro quantité sur des micro labels, caché dans des groupes derrière d’autres musiciens, on ne peut pas dire que l’auteur-compositeur-interprète se soit un jour économisé. On peut même dire qu’il joue avec le feu, qu’il arrive même qu’il se brûle sur les flammes de sa production massive de chansons miniatures, toujours à peu près les mêmes, qu’il tisse la journée, pour les défaire la nuit venue, et les remettre sur l’ouvrage le lendemain, telle Pénélope attendant son Ulysse, sous la forme de plus en plus parfaite de LA chanson. Continuer la lecture de « Hicks & Figuri, Sayonara Muchacho (Herzfeld) »

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Nicolas Paugam, Padre Padrone (autoproduction)

« Il est temps de dresser des temples
aux ouvriers où les pyramides sont nées,
le chantier patenté exige révérence,
à la lueur des bougies d’Esope
et de Manufrance, en France, en France
»

Parce que Nicolas Paugam a approché deux fortes têtes des affaires de la musique, Vincent Chauvier et son label Lithium quand il officiait avec son frère dans l’entreprise familiale Da Capo ou plus tard Bertrand Burgalat qui le mit à l’honneur de sa très scrutée chronique de Rock’n’Folk, on se dit qu’il en est lui-même une : une tête de pioche, un empêcheur de tourner en rond, un original. Pas grave s’il n’ira pas (pour le moment) imposer le tricot orange et le chapeau de paille dans les armoires impeccables (tendance costume de velours et synthétiques pastel) du label Tricatel, la collusion eut eût du chien. Continuer la lecture de « Nicolas Paugam, Padre Padrone (autoproduction) »

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Cour de récré, s/t (Elefant)

« A chacun sa nouvelle vague,
mais la mienne est d’Hokusai »

C’est clair, fallait pas nous inviter : date de naissance – 1971, enfant conscient de 1977 à 1986, incollable pour déjouer toute la quincaillerie années 1980 brinquebalée par Cour de récré. D’abord les citations quasi texto (Le générique de Platine 45 dans Chanson cathartique, Le téléphone d’Elli & Jacno déguisé en Coeur cruel, Vice et Werther sous la mousse de Cache cache dans l’espace / Tétéou de Lio & Jacky), il ne manquerait plus que le disque sorte sur Vogue, ou que la pochette convoque Mondino ou Pierre & Gilles… Et puis ces sonorités à peine troublées par l’autotune (à moins qu’on ne soit en présence d’un vocodeur ?) sorties tout droit des compilations de technopop japonaise, produite par le YMO, Sakamoto, et les trucs catchy aussi bien chipés chez Dorothée, Indochine, Daho, Turboust que dans les tubes bizarres britanniques, « novelty », adorés par Lawrence. Bref, on est pas loin de la crise de foie, celle qui nous prenait après un anniversaire un peu trop arrosé de Fruité ou de Tang, un peu trop gâté de cigarettes en chocolat (celles qui avaient de la farine coincée entre le papier et le chocolat et quand on soufflait, ça faisait comme de la fumée, incroyable). Continuer la lecture de « Cour de récré, s/t (Elefant) »

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Rémi Parson, Pour un empire (Isolaa Records)

« J’écris ces phrases avant la nuit,
ce rideau d’enfer qui tombe dru
et tout détruit,
c
hemin de croix,
machines arrières
»

Tout est histoire d’impressions. Quand je chausse mon casque Audio-Technica emprunté au travail, j’attends d’un disque qu’il me promène : géographies intimes ou imaginaires, dimensions temporelles, souvenirs, mondes alternatifs… Je n’attends que ça. A l’écoute de Pour un empire, je suis servi. Continuer la lecture de « Rémi Parson, Pour un empire (Isolaa Records) »

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Sous surveillance : Kael

KAEL
KAEL

Qui ?

Théo Serre, 25 ans, joue dans le super groupe Pogy et les Kéfars de Marseille. KAEL (en capitales) est l’identité sous laquelle il écrit et interprète ses propres chansons depuis 2016. Rien d’écoutable, dixit le principal intéressé, avant cette année 2021 où il a enregistré au printemps, en trois jours, les sept titres de Diagnostic. Il a hérité du  « blase » KAEL (Michael Kael, Groland, vous l’avez ?), une mauvaise blague, dans son groupe de lycée, et quand il s’en est fait tej, il l’a finalement gardé « par défaut ». Tranquille. Pour KAEL, Théo (basse, guitare, voix) est accompagné de David Hoffman (croisé dans nos pages, déjà dans un Sous Surveillance, celui de Seppuku) à la batterie, de Téo Tannières (chœurs) et de Rudy Romeur qui a enregistré, produit, mixé et masterisé. Continuer la lecture de « Sous surveillance : Kael »

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Oi Boys, s/t (La Face Cachée, Hidden Bay, Neutral…)

  1. Revue de presse :

« D’un minimalisme brutal, la plupart des compositions fait appel au strict nécessaire : un duo kick-snare binaire, quelques accords de synthés en boucle, et des notes de guitare éparses à qui la réverb’ à burne donne des allures de pulsations. «  Du barbelés dans les tympans.

« L’ambiance désenchantée et la froideur de ces schlags magnifiques est irrésistible. » Core&Co

« Les textes sont noirs et transpirent la virilité associée à une réflexion sans détour sur la vie, les relations, les potes, tels des manifestes qui préfèrent les uppercuts aux bavardages de salon. » Benzine Mag

« Oi Boys se révèle être un premier album très prometteur à l’ambiance sombre et captivante. » Addict-Culture

« Une new-wave post-punk à prise rapide, l’essayer c’est l’adopter ! » Julien Casbah

« Les sonorités, froides, métalliques, proches de l’indus à certains moments, ajoutent une couche bien épaisse de raideur à ce disque. «  Gonzaï

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