
Avec un cinquième album solo, la belle aventure de Nick Wheeldon (amorcée auprès de Os Noctàmbulos, 39th and The Nortons, The Necessary Separations) continue sa route. Le natif de Sheffield pour qui la vie semble se jouer à chaque fois qu’il monte sur scène semble s’être accélérée depuis quelques années. Pas un mois sans qu’il performe sa folk aussi sombre que solaire à travers le pays, qu’il compose ou qu’il enregistre. Ces neuf nouveaux titres, il les aura finalisés en sept jours, enregistrés en analogique à Lüe, une petite commune des Landes, section de cuivres et violon / piano / batterie compris. Premier extrait de Tadpole (tétard en langue de Shakespeare, sans doute une ref au froggie qu’il devient au fil des ans), ce You Can’t Have It All rassemble tout ce qu’on aime chez lui : nonchalance poétique, paroles douces amères, émotion brute et arrangements somptueux. On a plus que jamais envie de suivre la route qu’il trace avec tant de grâce et de générosité depuis tout ce temps.

Tomber en émoi pour un disque n’arrive pas souvent. Passer son temps à écouter la multitude de parutions, trouver que dans cette multitude, nombreuses sont les productions agréables. Apprécier une première écoute, la réécouter parfois avec beaucoup de plaisir, voire de l’émotion, souvent fugaces. Mais tomber amoureux d’un disque, c’est rare. Ça vous prend par surprise, vous êtes presque méfiant de ce disque beaucoup trop joli pour être authentique. Très vite, vous ne pouvez plus passer une journée sans écouter ce disque au moins trois fois par jour. Si vous n’avez pas le temps alors survient le manque et vous pensez à lui inlassablement. Vous voudriez qu’il soit toujours à vos côtés. Même lorsque vous l’écoutez, vous êtes déjà en train de projeter la fin et le manque surgit alors qu’il est encore là. L’instant présent n’existe plus ? 