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Dagmar Zuniga, in filth your mystery is kingdom / far smile peasant in yellow music (AD 93)

Dagmar Zuniga, in filth your mystery is kingdom : far smile peasant in yellow musicC’est une boîte à musique. Une musique de fantômes.

Quelque chose apparaît — un « petit pan », pas tout à fait une voix, pas tout à fait une présence — plutôt une image trouble à travers les murs d’un palais de cristal. Dagmar Zuniga (nicaraguayenne-américaine, élevée à Miami, installée à Brooklyn) compose comme on laisse venir des revenants, une sorte de petite musique de nuit, de jour, qui insiste. Un bourdonnement. Une musique de membre fantôme — on croit la reconnaître, a-t-elle déjà eu lieu ? Enregistré entre 2019 et 2024 sur un Tascam 424 (magnétophone quatre pistes), l’album est apparu en janvier 2025 sur Bandcamp via le collectif People’s Coalition of Tandy. Attraction virale. Phil Elverum de Mount Eerie est coi, l’invite à jouer sur les routes, Internet en émoi. Quelque chose circule, mais ce n’est pas ce qu’on croit. Reprenons le fil — ou plutôt : cherchons-le.

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Joanne Robertson, Blurrr (AD 93)

Là où le champ de l’expérimental rejoint l’immémorial folk : un ode, un node, un nœud — là au fond de la gorge qui prend aux tripes mammifères où le reptilien ne sait plus s’il est poule ou œuf — c’est un nouvel album de Joanne Robertson qui apparaît en plein mois de septembre. Elle est là. Là derrière sa guitare et son écho, deux spécificités rien qu’à elle. À cet endroit précisément Joanne Robertson trace un trait. Une ligne d’horizon au lointain mais qui vient nous susurrer des émotions primordiales, ouatées. Blurrr le dit très bien dans son nom, c’est une masse floue, qui ronronne, mieux encore : qui déroule, enroule, empoigne. Robertson nous laisse là le temps — un luxe — d’entrer dans la chimie du son de la guitare, dans la métaphysique chordiale. Continuer la lecture de « Joanne Robertson, Blurrr (AD 93) »