Stranger Teens #22 : « Every You, Every Me » par Placebo

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Certes, il y avait eu ce premier album. La pochette étendard avec le cliché qui rappelle les pochettes de Siamese Dream des Smashing Pumpkins et évidemment Nevermind de Nirvana. Les chansons comme 36 Degrees ou comme Nancy Boy. Mais il faut avouer qu’à part le beau gosse de Terminale littéraire ou quelques silhouettes longilignes aperçues au loin dans le foyer… Le premier Placebo avait fait un grand flop chez ceux qui quittaient le collège pour le lycée et qui donc vivaient le grand flip. Et puis on avait Oasis ou des disques de nu metal à acheter…

Rien ne prédestinait donc cette rencontre impromptue entre ce trio et des gamins de 16 ou 17 ans. Mais Placebo avait eu la bonne idée, à savoir celle de travailler avec Phil Vinall (The Auteurs) et surtout avec Steve Osborne pour donner une suite à leur premier album. 
Without You I’m Nothing porte bien son nom. Car avec lui, on était tout.
 On avait des chansons avec des accords qui dévalaient les pentes à 100 à l’heure et nous… on cavalait vers des montagnes de plaisir en écoutant ce disque, ces singles, cette chanson.

 Every You Every Me attaquait sec. Les cordes de guitares étaient frappées sèchement, prélude à la récitation parfaite de Brian Molko : Sucker love is heaven sent… You pucker up, our passion’s spent… Et Every You Every Me nous emportait dans sa tornade.

Sorti en octobre 1998, le deuxième disque de Placebo éclairait la voie de la découverte d’une nouvelle esthétique, nous incitait fortement à écouter David Bowie et nous rendait tout chose quand on regardait Reese Whiterspoon dans Sexe Intentions.
 On n’écoutait pas le vinyle avant de partir au lycée mais on était hypnotisés sur la route par le mode repeat de notre lecteur mini disc, bloqué sur cette chanson.
 On glissait, à la maison de la presse, de Rock Sound (qui célébrait, de mémoire, joyeusement ce disque) à la RPM. Un lundi après-midi d’octobre 2000, en attendant le train qui nous ramenait à maison, on distinguait le nom de Placebo sur la couverture du n°45 de la revue pop moderne. On était conforté dans ses choix, on découvrait en même temps le premier Tommy Hools et sa pochette avec le poster de Stanley Road de Paul Weller. Weller, Weller… Mais ce n’est pas de ce type dont se réclame Noël Gallagher ?
 Et on était bercé par les mouvements irréguliers des wagons et par la sentence sans appel de Molko :
Every me and every you
Every me
Every me and every you
Every me

Ce disque dopa la vie de ses auditeurs.
Ce disque changea également la vie de ses chttps://section-26.fr/doves-vague-a-lame/oncepteurs. On connaît évidemment les lendemains glorieux pour Placebo. Le ton donné par Steve Osborne au trio luxembourgeois le fit travailler avec Suede (Head Music), Doves (The Last Broadcast) et New Order (Get Ready). 
Les photographies de feu Corinne Day ont sans doute inspiré celles de Kate Gibb pour A New Morning de Suede. Quant à Alex Lee de Suede, il rejoignit Placebo le temps d’une tournée.
 Il n’y a jamais de hasard.


Every You, Every Me par Placebo est sorti le 25 janvier 1999 sur le label Elevator Music.

Une réflexion sur « Stranger Teens #22 : « Every You, Every Me » par Placebo »

  1. Les lenemains glorieux se sont stoppés nets avec slepping with ghost, puis le depart de Steve.

    Ce jeu de batterie toujours juste, toujours fort et simple.
    Un groupe qui a changé ma vie.

    Aucuns commentaires sur les nouveaux albums car je n’ai même pas la force de les écouter.
    RIP

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