« Daniel Darc : Pieces Of My Life » de Marc Dufaud et Thierry VilleneuveEn partenariat avec le festival Musical écran
Le tweet m’a été adressé le 28 février 2013 – ou peut-être le 1er Mars. Le compte venait d’être créé et l’utilisateur n’avait pas pris la peine de mettre une photo de profil. “Lorsque j’ai appris la mort de Daniel Darc, j’ai tout de suite pensé au concert où nous étions allés”.
Nous, c’est elle et moi. Une aventure de courte durée — dont je me souviens très bien car, une fois n’est pas coutume, c’est moi qui y avais mis terme (au retour de mon périple australien, pour ceux qui suivent). Nous ne nous sommes jamais revus – mais j’ai appris après cette (re)prise de contact éphémère qu’elle était sociologue et chercheuse au CNRS.
Des claques, j’en ai prises. Des virtuelles, des réelles. Des claques données par des chansons, des disques, des filles. Non, jamais par des garçons. Enfin, pas directement. Parce que, bien sûr, vous avez raison : derrière les chansons, derrière les disques, il y a souvent eu des garçons. La dernière claque en date – assez violente sur l’échelle des émotions – remonte à l’automne dernier. Un jeune homme que je connais – mais pas si bien que ça –, que j’ai croisé – mais pas si souvent que ça – envoyait les fichiers audio de son premier album à tous ses souscripteurs – via l’excellente structure Microcultures. Ce jeune homme, donc, venait de terminer un disque dont on devinait une gestation longue et parfois douloureuse – mais quand un disque raconte les morceaux d’une vie, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. Un disque qui parle de lui, mais qui, ai-je compris dès les (presque) premiers mots (“Moi qui fais tout pour t’épater / qui cherche ton admiration / Je passe mon temps à t’assommer / Quand je ne passe pas pour un vrai con…”), allait aussi parler un peu de moi. Et puis, tant qu’on y est, de vous également. Un disque qui ne fait pas tout à fait les choses comme les autres. Un disque ancré dans la musique d’ici – ces textes encore, comme autant de nouvelles qui pourraient exister par elles-mêmes –, mais aussi tourné de l’autre côté de l’Atlantique.
Le trio le plus original du label Sub Pop en pleine fureur grunge rêvait de « sonner comme du Dusty Springfield repris par Jesus & Mary Chain » et était avant tout un groupe sur l’acceptation de la vie ordinaire. Surtout, il utilisait les larmes et les silences plutôt que les notes. La preuve par 18.
Le 4 Avril 2019, le troisième (et dernier) album de Codeine fêtait le vingt-cinquième anniversaire de sa sortie dans une indifférence générale (merci Daniel Yeang pour la piqûre de rappel). C’était l’occasion de rassembler quelques souvenirs et d’évoquer la lenteur d’une musique dont la beauté reste à couper le souffle.
Après quelques mots sur Codeine, relisez en fin d’article l’interview intégrale réalisée pour Magic Mushroom n°9, au printemps 1994, accompagnée d’une playlist dédiée au groupe ici.
C’est une histoire un peu embrumée où circulent un écrivain argentin, Dante Alighieri, deux Gustave (Moreau et Doré), Paris, Glasgow, une chanteuse itinérante, pas mal d’eau de vie et une chronique de disque… Avouons-le, certaines sont de véritables purges à écrire. Parfois, on oublie ce qu’on a raconté une semaine après avoir posé le point final, puis on se relit honteusement (« Ce n’est pas moi, tout de même, qui ai écrit ça ! »). Rarement, quand l’évidence s’impose, c’est tout l’inverse. La première fois que j’ai rencontré une telle évidence, c’était il y a dix ans. Depuis, si ma chronique s’est égarée dans l’amnésie du web, je n’ai jamais cessé de réécouter Lost(2009), le disque confidentiel qu’un précieux petit label nommé La Station Radar avait eu la gentillesse de m’envoyer. Continuer la lecture de « Ela Orleans – Movies For Ears (Night School Records) »
Si on le voit dériver hors du monde sur la barque instable du clip de Tempérament, le single déjà connu qui ouvre son deuxième disque et lui donne son titre (Tempéraments, au pluriel), gageons que la carrière multiple de Malik Djoudi a déjà tangué et visité des océans d’indifférence, avant que sa musique ne se fasse véritablement remarquer. Le Poitevin d’origine en a eu des projets divers, des groupes anglophiles du cru Alan Cock, Kim Tim ou Moon Pallas, à une commande pour la télé-réalité, lui permettant de déranger ses influences indies anglo-saxonnes pour trouver son style en retrouvant son chant (en français) pour dévoiler en son nom propre un premier album auto-produit Un (2017). Continuer la lecture de « Selectorama : Malik Djoudi »
On en revient, une fois de plus, à l’époque – la fin des années 1970 – où Paul Weller se trimbalait avec cette pancarte autour du cou, en réponse aux accusations d’une certaine presse britannique lui reprochant déjà d’être allé piocher sa garde-robe et ses références musicales parmi les archétypes remisés du mouvement Mod : “ How can I be a fucking revivalist when I’m only eighteen ? ”