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Les crapules en bicross d’Ecosse

Premier grand concert en France des BMX Bandits depuis 26 ans.

BMX Bandits
BMX Bandits

Si l’on s’en tient aux faits, ce sera le tout premier concert des BMX Bandits à Paris. A Paris, certes mais pas en France. Au printemps 1993, ce qui ne rajeunit personne mais permet de constater que l’excitation demeure palpable, dans la banlieue de Nantes eut lieu le festival Stone Age où la troupe de Duglas T. Stewart partageait l’affiche avec Gallon Drunk et rien moins que Television Personalities. Une soirée à marquer d’une pierre blanche puisque toutes les tribus, d’est en ouest, de ce que l’on appelait encore à raison, l’indie pop, s’y rencontrèrent, parfois pour la première fois. Augmentés d’un Norman Blake (Teenage Fanclub) en grande forme, le groupe livra ce soir là un concert inoubliable, émouvant, drôle et incandescent. C’est dire si vingt-six ans plus tard nous sommes plus que frétillants de les retrouver au Hasard Ludique pour la soirée de clôture du Paris Popfest. Aussi important et précieux à notre coeur que Jonathan Richman ou Daniel Johnston, Duglas T Stewart à un jour écrit ces mots : I don’t care about fashion, All I need is Passion. Rappellons-nous pourquoi ce groupe reste indispensable. Continuer « Les crapules en bicross d’Ecosse »

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Bis – Encore une fois !

BIs
Bis

12 mai 1997, l’Arapaho, petite salle de concert située place d’Italie restée célèbre pour ses poteaux en béton particulièrement mal placés et sa programmation éclectique. Ce soir, Bis vient présenter son premier album, The New Transistor Heroes. Pour ma part, je tremble comme une feuille, car je suis chargée de remettre au groupe un questionnaire à remplir par les filles dont j’aimerais joindre le fanzine pailleté consacré principalement à la britpop, The Blue Mirror. C’est mon premier travail de « journaliste », il faut que j’aille backstage voir le groupe, c’est très impressionnant pour la jeune fille de 18 ans que je suis. Continuer « Bis – Encore une fois ! »

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Dance to the Music #4 : Brit Funk (1974-1985)

Brit Funk, photo extraite de la compilation du même nom par Joey Negro.

Les années soixante et le début de la décennie suivante sont marquées en Angleterre par la recherche d’une identité pour la soul et le funk (voir le précédent épisode). L’apport de l’immigration issu des anciennes colonies, particulièrement caribéennes, amène cependant un souffle et une singularité aux productions nationales. Si les premiers succès soul sont plutôt classiques (The Foundations, Sweet Inspiration etc.), dans l’underground, des formations (Cymande) tentent de créer des ponts avec une musique à cheval entre le rock progressif et le funk, l’Afrique et les Caraïbes. 1974 marque l’émergence d’une production britannique assumée et authentique. Celle-ci culmine à la fin des seventies grâce à l’émergence d’une scène jazz-funk fertile aussi regroupée sous la bannière brit funk. Continuer « Dance to the Music #4 : Brit Funk (1974-1985) »

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Teenage Fanclub : la petite histoire

Teenage Fanclub
Teenage Fanclub

Peut-être le groupe britannique, mais écossais avant tout, à avoir été le plus en phase avec son époque au début des années 90, Teenage Fanclub n’est pas le fruit du hasard, plutôt la congrégation heureuse d’un certain underground écossais. Ses origines, sa formation et sa remarquable continuité temporelle en font, sans objectivité aucune, un point de ralliement permanent, et peut-être bien notre groupe préféré de tous les temps. Le plus grand mystère restant qu’à la longue, cette vieille alliance entre ténacité et effacement volontaire, cette carrière démarrée en trombe ne suit désormais que son propre chemin, entre parcimonie et éclairs de génie. Continuer « Teenage Fanclub : la petite histoire »

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Teenage Fanclub : l’entretien

Teenage Fanclub
Teenage Fanclub

Dans la cour ensoleillée du Trabendo, Norman Blake s’assied en premier. Raymond McGinley arrive quelques instants plus tard. Difficile de se résigner à l’idée que le troisième – Gerard Love -ne les rejoindra pas. Alors on en parle un peu, sans dramatisation inutile, ni fausse pudeur. Quelques heures avant leur premier concert parisien, dans une formation désormais altérée, les deux hommes font preuve d’une jovialité communicative qu’aucune épreuve ne semble pouvoir ternir. On cause avec eux de souvenirs, frais ou plus anciens, de cette tournée avec Nirvana qui les conduisit il y a près de trente ans à quelques mètres d’ici, du côté du Zénith. D’Alan McGee aussi. Et surtout de musique et de cette passion sans faille pour les mélodies et les harmonies qui illuminent leurs regards attendrissants de quinquagénaires épanouis. Cette passion qui leur permet de retrouver tout leur allant de jeunes hommes dès que commencent les balances, pour y interpréter une version ébouriffante de The Kids Are Alright des Who. Continuer « Teenage Fanclub : l’entretien »

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Teenage Fanclub : les rééditions

Teenage Fanclub
Teenage Fanclub Reissues

Pour Teenage Fanclub, l’année 2018 s’est achevée sous le signe de l’ambivalence. D’un côté, ces rééditions fastueuses sur vinyle d’une partie considérable de ses œuvres passées – toutes celles publiées au cours des années 1990 pour le compte du label Creation – ainsi qu’une série de concerts commémoratifs au cours desquels les écossais ont rejoué dans leur intégralité ces cinq albums majeurs. De l’autre, le départ annoncé du bassiste historique Gerard Love, qui ampute, de fait, d’un de ses éléments essentiels le trio de songwriters qu’il formait depuis trente ans avec Norman Blake et Raymond McGinley et qui contribua, à parts à peu près égales, à leur réussite. En l’absence de certitudes sur l’avenir, il convient donc plus que jamais d’entretenir la flamme des souvenirs passés. Continuer « Teenage Fanclub : les rééditions »

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The Boy With The Perpetual Nervousness, Dead Calm (Pretty Olivia Records)

The Boy With The Perpetual Nervousness Dead CalmParfois, l’évidence s’impose avec une clarté suffisamment éblouissante pour qu’il n’y ait plus d’autre choix que de la marteler au fil des lignes. On a déjà eu l’occasion, en ces pages, de célébrer le talent d’Andrew Taylor, l’un des tous meilleurs songwriters contemporains évoluant sur des terres où la concurrence est pourtant rude – l’Ecosse –  et qui n’a cessé, depuis une quinzaine d’années, d’aligner avec son groupe Dropkick des albums aussi précieux que méconnus. On en est intimement persuadé : serait-il précocement décédé dans des circonstances dramatiques ou doté d’un tempérament plus enclin aux addictions tapageuses que ses œuvres seraient déjà consacrées à titre posthume, dans des cercles où l’extase est trop souvent rétrospective et nécrophage. Trop discret pour échapper aux marges, trop normal pour nourrir la passion mortifère des cultes, cet artisan modeste persévère pourtant avec une admirable constance, indifférent à l’indifférence.

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Attic Lights, Love In The Time Of Shark Attacks (Elefant)

¡ Elefant 30 !

Attic Lights, Love In The Time Of Shark AttacksUne fois de plus, sans qu’on ne parvienne jamais à en percer les mystères, les flux musicaux transatlantiques semblent avoir miraculeusement franchi les océans pour resurgir, au mépris de toute cohérence géographique, au beau milieu des hautes terres écossaises. C’est en effet depuis une improbable enclave américaine édifiée en plein Glasgow qu’Attic Lights publie aujourd’hui son troisième album, le deuxième pour le compte du label espagnol Elefant – dont nous fêtons les 30 ans -, histoire de brouiller définitivement toute forme de cohérence spatio-temporelle.

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