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Nos chansons d’amour

Richard Davies / Cardinal

Ride, Cocteau Twins, The Sundays, Prefab Sprout, Cowboy Junkies… :  le nouveau film de Christophe Honoré s’intitule Plaire, aimer et courir vite, mais pour reprendre le titre d’un de ses précédents long-métrages, ce sont nos chansons d’amour qu’il a choisi de synchroniser. Le réalisateur nous propose aussi d’entendre dans une salle de cinéma des chansons rares, comme c’est le cas avec You’ve Lost Me There de Cardinal ou Dreams of Pleasure de Siglo XX. Section 26 s’est entretenu avec Frédéric Junqua, qui a signé la supervision musicale du film. Continuer « Nos chansons d’amour »

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Du côté de chez Nev

Un tel émerveillement est devenu trop rare pour qu’on puisse le négliger. En découvrant pour la première fois l’an passé Broken Flowers de Nev Cottee (2017), les traces fugitives de quelques très vieux souvenirs sont remontées à la surface : des réminiscences précieuses de ces instants enfouis, ceux des premières écoutes inoubliables en 2001 d’un mini-album signé Richard Hawley. Continuer « Du côté de chez Nev »

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Haut tel Astor

Photo : Susanne Ballhausen

Des premières années cruciales et influentes du label Creation avec The Loft et The Weather Prophets jusqu’à son grand retour, dans les années 2010, à ce format de la chanson classique et intemporelle dans lequel il a toujours excellé, Pete Astor a traversé avec une classe inaltérable quatre décennies au service de son art. Quelques jours après la sortie du remarquable One For The Ghost et à la veille d’un concert privé parisien organisé par Life Is A Minestrone le samedi 7 avril, nous avons recueilli ses propos.

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Lawrence : « Je n’ai pas internet »

Go-Kart Mozart / Track by track

Je me souviens d’une chose que m’avait racontée Christopher Owens de Girls un soir, après un concert de Girls à Paris : « Matt Fishbeck m’a dit : écoute Felt, écoute ces dix albums jusqu’à plus soif. Et puis, quand tu les connaitras par cœur, tu seras prêt pour Denim et Go-Kart Mozart. » Une phrase qui faisait écho à un échange que j’avais eu avec Christophe Basterra un peu avant — il ne s’en souviendra sûrement pas — alors que j’étais tout frais stagiaire pour une revue dont-on-ne-prononcera-pas-le-nom : « Les gens qui préfèrent New Order à Joy Division », lui avais-je dit pour répondre à un quolibet sur mon T-shirt Love Will Tear Us Apart, « c’est un peu comme les gens qui préfèrent Denim à Felt, non ? ». Et lui de me répondre « Figure-toi que c’est pas loin d’être le cas. » Et toc. Il avait raison sur New Order, bien sûr. Enfin, tout ça non pas pour faire dire à Christophe que Denim serait mieux que Felt, parce qu’on s’en fout et que là n’est pas la question, mais pour dire que, tout pop soient-ils, Denim ou Go-Kart Mozart sont des acquired taste, comme on dit par chez moi. Et que Felt, lorsque la magie se révèle, n’en devient plus qu’une étape. Quelle étape, certes, mais une étape, où l’on va chercher constamment les indices de la folie future. Je m’étonne presque maintenant de réécouter plus souvent les décrochages stylistiques de Felt (The Seventeenth Century, Train Above the City, Me and a Monkey on the Moon, The Final Resting of The Ark) que les chefs-d’œuvres plus évidents (The Strange Idols Pattern And Other Short Stories ou Forever Breathes the Lonely World).

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Une histoire sans fin

The Hacker – Mute

Michel Amato a dans les dix-sept ou dix-huit ans sur le cliché ci-contre, et écoute en boucle Depeche Mode dans son walkman. En 2017, il sort le troisième album de The Hacker, Le Théâtre Des Opérations, sur Dark Entries, mais écoute toujours le groupe qui fut le fer de lance de Mute, et les autres artistes du label londonien mythique. Rencontre avec le producteur grenoblois, qui feuillette le livre rétrospectif Mute, A Visual Document From 1978 → Tomorrow de Terry Burrows avec Daniel Miller (Thames & Hudson), dédié à sa maison de disques fétiche. Continuer « Une histoire sans fin »

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L’essor délavé de la chillwave

Washed Out

Dessin : www.seitoung.fr

Rencontre avec Ernest Greene alias Washed Out, le champion de la champignonnière chillwave, en pleine vague de froid rennaise trempant les 39e TransMusicales où il venait défendre son album de house diluée, le bien nommé Mister Mellow. Continuer « L’essor délavé de la chillwave »

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SuperBravo

Julie Gasnier / Michel Peteau / Armelle Pioline

Alors qu’on célèbre en grande pompe franchouillarde la disparition du rock à papa viriliste, penchons-nous plutôt sur le cas SuperBravo : artisans d’une pop intimiste qui revendique l’esprit d’aventure, le trio emmené au départ par Armelle Pioline (ex Holden) déploie désormais des trésors d’inventivité sur un album qui porte bien son nom. L’Angle vivant nous sauve définitivement de l’ennui en prenant une voie singulière, différente d’une chanson française toujours plus nostalgique et balisée. Laissant libre cours aux associations poétiques et à l’intuition, SuperBravo évolue à la marge bien qu’il mérite tous les honneurs. Pour ne pas les oublier dans un brouhaha médiatique où les grosses pointures roulent des mécaniques, donnons-leur la parole… Et rappelons-nous à cette occasion les vertus créatrices du DIY.
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Le pornographe du phonographe

The New Pornographers

Photo : Jenny Jimenez (DR)

Depuis maintenant dix-sept ans, Carl Newman ne cesse de prolonger une aventure singulière, initialement destinée à demeurer sans lendemain. Conçu à l’origine comme un rassemblement ponctuel et convivial de quelques unes des pointures de la scène indie-rock de Vancouver, The New Pornographers s’est peu à peu affirmé comme un groupe majeur de ce siècle, capable de s’inscrire dans la durée à coup de tubes mélodiques et pleins d’une énergie euphorique et communicative. Désormais seul maître à bord ou presque – Dan Bejar n’a pas pu, pour la première fois, participer à l’album et Neko Case n’est pas de la tournée – Newman poursuit cette année avec l’excellent Whiteout Conditions un virage déjà amorcé sur Brill Bruisers (2014) vers des sonorités de plus en plus riches, où les sonorités synthétiques surlignent désormais la puissance des guitares. En juin dernier, quelques heures avant un concert parisien mémorable, il a consenti à partager quelques uns des secrets de fabrication de cette pop totale.
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Matt Fishbeck

Il y a peu de disques qui ont eu autant d’impact dans ma vie que Stranded at Two Harbors de Holy Shit. J’avais 17 ans quand il est sorti, 19 quand je l’ai découvert, en 2008 : souvent un âge charnière. Je ne connaissais pas bien Felt. Je n’avais jamais entendu parler de Sarah Records. Par contre, en fan d’Animal Collective, je savais qu’Ariel Pink avait quelque chose à voir à l’affaire, que Rusty Santos, compagnon de label (le défunt UUAR), avait masterisé le disque, que Christopher Owens, dont j’étais amoureux des singles de Girls, avait été leur batteur. Holy Shit, c’était aussi le noyau d’une scène californienne qui bourgeonnait, autour desquels gravitaient les beaux bizarres John Maus, Nite Jewel, Geneva Jacuzzi, etc… Ce fut, comme dirait The Gist, love at first sight, but I just didn’t know.
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