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The Go-Betweens : 4 minutes pour changer ta vie

The Go-Betweens / Photo : Laura Levine

La date, c’est le 22 mai 1996. Tu as tout juste quinze ans, autant dire pas grand-chose – tu peux le dire maintenant, même si c’est faux –, et la grand-messe c’est Nulle Part Ailleurs, chaque soir. Tout est en train de se passer, ou tout va se passer. Philippe Gildas agite un magazine avant le groupe du soir, tu es dans la distinction – le vélo, pas le foot, le Velvet, pas les Red Hot – pour des raisons d’agencements et de hasards. Tu es prêt. C’est une semaine importante, dans quatre jours Blur va passer à Taratata, va inviter Terry Hall pour un duo et ton grand-frère va acheter Parklife peu après, à la bourre donc mais enfin, à la bonne heure, Trainspotting est à Cannes, c’est maintenant. La grande mue, les cheveux courts, la pop. Continuer « The Go-Betweens : 4 minutes pour changer ta vie »

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Migala : Chanter les langues

Migala
A Mojácar, pendant l’enregistrement de « Asi Duele Un Verano » de Migala / Photo : Diego Yturriaga

Quand on constate qu’un groupe qui a touché notre cœur a su en toucher d’autres, on se réjouit. Parfois, un groupe touche beaucoup de cœurs, et on craint alors, parfois, qu’il en touche trop, parce qu’on serait alors, peut-être, un peu moins soi, un peu plus anonyme. Peut-être, pourtant, que ce groupe a su toucher quelques universaux plus partagés que d’autres universaux, ou plus d’universaux qui font somme, et que ce n’est pas grave finalement. Continuer « Migala : Chanter les langues »

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Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (6/7)

Sixième épisode : Two Hands

Big Thief
Big Thief / Photo : Clément Chevrier
(Lire l’épisode précédent ici)

Écrire comme activité peut se vider facilement, s’asphyxier sans peine : il suffit de ne pas vouloir être lu. Ou de croire donner à lire, en ne donnant qu’à l’inaccessible, au plus éloigné : un service de manuscrits, un comité de lecture, un visiteur de blog inexistant, une idole, quelqu’un qui ne répond pas, et j’en passe.

Et d’oublier que toute écriture est une inscription, une présentation de ce qui n’est pas là – soi, dont il faut savoir faire le deuil. On ne sera pas là quand on sera lu, et on ne lira que des absents. Je ne vais pas développer tout ce qu’il y a d’affaires de deuil à régler là-dessous, mais il peut s’agir d’une des nombreuses raisons qui font que l’on écrit, vraiment, ou non : accepter d’avoir maille à partir avec ça.

Ça peut effrayer, à bon droit. Ça calme parfois même les bavardages. Continuer « Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (6/7) »

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Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (5/7)

Cinquième épisode : Not

Arles
Arles / Photo : Clément Chevrier
(Lire l’épisode précédent ici)

Le 31 juillet, Thomas chez Section26 me transfère le lien inattendu vers le prochain album de Big Thief.

Boum. Disque à paraître en octobre, la même année donc que U.F.O.F. Continuer « Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (5/7) »

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Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (7/7)

Septième épisode : The Toy

Photo : Clément Chevrier
(Lire le précédent épisode ici)

“The toy in my hand is real.”

Vous pouvez écouter cet album trois fois de suite, puis cette chanson attentivement, sa fin, puis Two Hands qui suit. Peut-être éprouverez-vous, sentirez-vous, déciderez-vous que Big Thief tient là son chef-d’œuvre. Ou un chef-d’œuvre de plus.

C’est possible.

Ou peut-être vous direz-vous que Big Thief en entier est un chef-d’œuvre, et qu’on peut réfléchir deux minutes à ça, à ce genre de renversement-là. A masterpiece. Continuer « Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (7/7) »

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Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (4/7)

Quatrième épisode : Masterpiece

NYC
NYC / Photo : Clément Chevrier
(Lire l’épisode précédent ici)

Nous gagnons New York en bus pour passer la semaine chez Stephanie et David, qui habitent un appartement modeste de Brooklyn : manger, boire, discuter, rire. Ils ont vu Bikini Kill la semaine précédente, nous nous extasions à propos du Weyes Blood récemment sorti, nous vaquons, eux à leur travail, Maggie parfois au sien, moi à la découverte de la Grosse Pomme, parfois seul donc, le plus souvent avec elle. Continuer « Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (4/7) »

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Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (3/7)

Troisième épisode : Cattails

Swamps depuis le train / Photo : Clément Chevrier
(Lire l’épisode précédent ici)

(You’ll be riding that train in late June / With the windows wide by your side)

Tôt le jour suivant la fin de Tinals, direction Marignane avant de monter dans un premier avion pour Paris, puis un deuxième pour Atlanta, puis enfin un troisième jusqu’à Charleston, Caroline du Sud. Nous nous rejoignons là-bas, Maggie – partie quelques jours auparavant – et moi, afin de passer une première partie de nos vacances avec sa famille, qui loue une maison dans le coin tous les ans – ils sont de l’Ohio. Continuer « Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (3/7) »

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Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (2/7)

Deuxième épisode : Mary

Big Thief TINALS 2019
Big Thief au TINALS 2019 / Photo : Clément Chevrier
(Lire l’épisode précédent ici)

Un festival est une cérémonie, car il est une occasion du sacré.

C’est très important. Pas : très sérieux. Non, très important.

Depuis les Rock au Max clermontois du siècle dernier, depuis l’an 2000 et un premier Benicàssim, chaque année sans festival constitue une année moindre, parce que la vie change alors mieux qu’ailleurs.

En tant que récent Nîmois, Tinals représente un rêve réalisé, celui de dormir dans son lit après les effusions de la meilleure programmation indie de la saison, entre confidences et têtes d’affiche. Et on retrouve des trognes de nos petites internationales du goût, on en rencontre d’autres, on sourit et on danse beaucoup, on dodeline ou on crispe la mâchoire autour d’une cigarette en traversant les plus brutaux des émois, c’est selon et à la discrétion de chacun. Continuer « Big Thief, ou comment rencontrer son groupe préféré à 38 ans (2/7) »