
Noir c’est noir, mais il reste de l’espoir. Le duo Canadien Bibi Club, composé d’Adèle Trottier-Rivard aux vocaux et aux claviers, et de Nicolas Basque à la guitare, vient de sortir son troisième album, Amaro, marqué par le deuil de personnes proches. Bibi Club continue d’explorer le virage un peu plus sombre du précédent, Feu de Garde, cette fois en accentuant un savant mélange entre l’électronique et la folk. Mais pas seulement. Amaro fait également penser par moment à un Stereolab qui aurait vu le jour en 2026 plutôt qu’en 1991, c’est vous dire le niveau. Je ne peux d’ailleurs que vous recommander de jeter une oreille sur leur géniale de reprise d’Orgiastic parue l’an passé. Vous l’aurez compris, si Amaro adresse le deuil frontalement à travers ses textes, musicalement l’album est aventureux, s’affranchissant des pièges et des tics qui peuvent repousser l’auditeur lorsqu’un disque est trop sombre et intense. Les dix morceaux du Selectorama de Bibi Club nous permettent d’ailleurs de mieux comprendre l’univers de Amaro, alliant par exemple la beauté fragile de Lune Très Belle aux guitares noisy de They Are Gutting A Body Of Water, ou allant puiser des références dans le duo synthpop français Eighties Deux ou l’anglaise Tirzah. Alors, comme diraient un célèbre trio Londonien, Join Our Club !
Depuis longtemps, je me demande si nous sommes nombreuses et nombreux à réagir de la sorte – mais j’oublie toujours de poser la question. Oui, je me demande si comme moi, parfois, il suffit des quelques secondes d’une intro, un simple changement d’accord, l’esquisse d’une mélodie pour que déjà, vous sachiez qu’une chanson a (entre autres) été écrite pour vous, qu’elle va tourner en boucle pendant plusieurs jours / mois / semaines / années (rayez la mention inutile si tant qu’il y en ait une) et qu’elle ouvre un album que vous allez aimer adorer (la formule “adorez aimer” fonctionne aussi)… Depuis longtemps, j’ai ce rapport à la musique – pour le meilleur, mais pour le pire aussi : l’intro de la première chanson d’un disque attendu avec une certaine impatience déçoit, et son sort en est scellé…
Je n’ai jamais trop su comment me saper, ni d’ailleurs cherché à corriger ce handicap social. Au « prime » de ma jeunesse, je me suis converti à une culture musicale idoine pour un gars dépourvu de la moindre appétence pour le vêtement (malgré un fort tropisme familial du côté du Sentier). Un uniforme succinct et finalement passe-partout. Peu de marques, ni trop de réflexion, ni trop de variables : polo
Musique instrumentale de pleins, de déliés et de vides, cette Lyonnaise des eaux troubles nous plonge dans un monde de l’attente : d’un trajet sur une route de montagne, d’une planque dans un quartier chelou, d’une salle du même nom d’un dentiste ou d’un doc, d’un rendez-vous dans un café désert, d’une journée fériée… C’est tout un univers cinétique quasi immobile qui s’ouvre dans sa lenteur et sa masse, devant nous.
Les années 2010 s’éloignent de nous. À mesure que les saisons filent, des groupes apparaissent et disparaissent des radars. Certaines formations émergent à la faveur d’une chanson bien troussée quand d’autres se faufilent plus discrètement dans notre quotidien.
Ça y est, yeah, ça me refait le coup, l’obsession. Le morceau qui ne me lâche plus. Que je suis obligé d’écouter plusieurs fois par jour tant je l’aime, tant je l’adore, tant il me porte, tant il m’obsède. Et il porte assez mal son nom :
Je crois pouvoir écrire que j’ai assité à pas mal de concerts, depuis le 18 aout 1980 – The Police (avec
« L’heure sonne et je m’étonne encore d’être ici »