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Xan Tyler & Dusty Stray, Home (Last Night From Glasgow)

C’est l’un de ces albums discrets, d’autant plus précieux qu’il finit par imposer sa présence sur le ton du murmure plutôt que de réclamer, à cor et à cri, une attention immédiate. Publié au mois de novembre dernier, Home n’a cessé, depuis, d’apparaître de plus en plus clairement comme une sorte d’antidote absolue au tapage. Issu d’une collaboration à distance et de plusieurs années entre l’autrice-compositrice d’origine londonienne Xan Tyler, désormais écossaise d’adoption, et Jonathan Brown, alias Dusty Stray, songwriter texan installé à Amsterdam, il condense avec une sobriété exemplaire l’essentiel des sentiments qu’ont trouvé à partager, inévitablement, ces deux exilés : la nostalgie d’un « chez soi » dont le manque ne cesse de s’amplifier à mesure que l’éloignement se prolonge et dont ne demeure plus que les souvenirs. Deux voix qui s’entremêlent, une toile de fond instrumentale dépouillée et quelques mots bien choisis : il n’en faut parfois pas davantage pour restituer la profondeur de cette intimité disparue. Et pour s’interroger sur le peu qui subsiste. Continuer la lecture de « Xan Tyler & Dusty Stray, Home (Last Night From Glasgow) »

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Les 7 ans de réflexion de Dog Chocolate

Dog Chocolate / Photo : DR
Dog Chocolate / Photo : DR

La scène souterraine Londonienne est toujours un vivier de bons groupes, preuve encore avec Dog Chocolate. Quartet bruyant et expérimental qui existe depuis treize ans, avec au compteur trois albums en quatre ans. Vous suivez ? Hors des radars depuis sept ans, ils reviennent avec So Inspired, So Done In, leur prochain album qui paraîtra chez Upset The Rhythm! fin Février. Les sujets qui inspirent ses membres sont vastes : du monde du travail aux mycoses (un lien existe t-il peut être ?), en passant par les choses parfois âpres du quotidien et la métamorphose du groupe au fil du temps. Nonchalance et répétition sur Employee, énergie anxieuse et déjantée sur Green Stuff : tout porte à croire que l’album jouera sur cette ambivalence et sera un beau succès.


So Inspired, So Done In par Dog Chocolate paraîtra chez Upset The Rhythm! fin février 2026

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Selectorama : Freshberry

Freshberry à Hwacheon, Corée du Sud, août 2025.
Freshberry à Hwacheon, Corée du Sud, août 2025 / Photo : DR

ASK YOURSELF. IT’S NOT TOO LATE. Il n’est jamais trop tard, effectivement, pour découvrir la petite perle inattendue de la seconde moitié de 2025. Diamond Files, premier album de Freshberry — singles essaimés sur les réseaux diaboliques (et désespérément utiles), repérés par les sonars affûtés de la Section. Moi, on m’a passé le bon mot à l’oreille lors d’une soirée d’hiver au Chair de poule. Bien m’en a pris. À la première écoute : frisson délicieusement hérissant. Continuer la lecture de « Selectorama : Freshberry »

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Un petit dej de champion avec Special Friend

Special Friend / Photo : Jules Vandale
Special Friend / Photo : Jules Vandale

On pourrait presque dire que le duo franco-américain est né en même temps que ce site, puisque Guillaume Siracusa et l’hyperactive Erica Ashleson (Eggs, SCHØØL, Dog Park aussi) se sont rencontrés aux alentours de 2018 autour de mélodies slowcore et lofi, où planaient quelques fantômes nineties. Quelques années plus tard, après deux albums et pas mal de tournées, voici Clipping, un troisième disque enregistré par Alexis Fugain (Biche) et Margaux Bouchaudon (En Attendant Ana) et mixé à Londres par Syd Kemp (Ulrika Spacek, Caroline, Crack Cloud…) où le groupe s’émancipe de la douceur de ses débuts avec notamment ce pétillant Breakfast, bien plus uptempo que les rythmiques auxquelles le groupe nous avait habitués. Continuer la lecture de « Un petit dej de champion avec Special Friend »

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V/A, Wizzz! Vol. 5 (Born Bad Records)

Il y a 25 ans (déjà !) sortait la compilation Wizzz!. Derrière la magnifique pochette de Guy Peellaert se dessinait une vision alternative de la musique sixties française. Loin des bluettes de Claude François ou du rock fort de Johnny Hallyday, nous découvrions que les Français eux aussi s’étaient épris de pop, de psychédélisme, à la mode anglaise ou américaine. Nous sommes en 2026, un quart de siècle plus tard, Jean Baptiste Guillot sort un cinquième volume, sur son label Born Bad (ce n’était pas le cas de la première), quatre ans après la quatrième itération. En découvrant la magnifique pochette de Rocky, une question nous brûle les lèvres: cette Wizzz! sera-t-elle à la hauteur des précédentes ? L’interrogation n’est pas si anodine. Nous sommes désormais éloignés par soixante années de 1966. Continuer la lecture de « V/A, Wizzz! Vol. 5 (Born Bad Records) »

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Good Flying Birds, Talulah’s Tape (Carpark)

Décidément, le Midwest nous aura bien gâtés en 2025. Tandis que du côté de Chicago, Sharp Pins aura fait les délices des fans des Beatles et d’Alex Chilton en publiant son somptueux Balloon, Balloon, Balloon, les Good Flying Birds – basés à Indianapolis – n’auront pas non plus démérité en sortant leur enthousiasmante compilation-rétrospective Talulah’s Tape. Thurtson Moore himself a d’ailleurs récemment fait figurer leur album dans son monumental top 350 de 2025 (oui vous avez bien lu, son top 350 !!!) S’ils se sont formés en 2021, les Good Flying Birds étaient passés sous les radars, du fait de n’avoir fait connaître leurs enregistrements que par l’intermédiaire de posts sporadiques sur Youtube et via une cassette 4 titres plus ou moins introuvable. Continuer la lecture de « Good Flying Birds, Talulah’s Tape (Carpark) »

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« J’avais envie de réfléchir à des instruments nouveaux pour une nouvelle forme de musique. »

Rencontre in situ dans l’atelier de Léo Maurel, fabricant de vielle à roue, entre autres.

Léo Maurel / Photo : Marie Lagabbe
Léo Maurel / Photo : Marie Lagabbe

Fin du mois d’août, je prends ma Berlingo, direction Dangolsheim pour enfin rencontrer in situ Léo Maurel, artisan au service de musiciens bien connus de par chez nous, de Yann Gourdon (France) à Stephen O’Malley (Sunn O)))), en passant par Kali Malone ou Clément Vercelletto et son Engoulevent. Au volant en cet après-midi agréable, je repense à ma collègue de médiathèque Sandrine qui avait invité Léo il y a une dizaine d’années à son animation L’heure instrument : le luthier était venu présenter en public une vielle à roue et ses petites boîtes à bourdon motorisées et j’étais alors bien loin de me douter que se jouait derrière ses objets étranges une petite révolution qui changeait la donne dans une partie du milieu des musiques (néo) traditionnelles et expérimentales. L’artisan, installé dans la région de Strasbourg, allait rayonner bien au-delà et permettre à des musiciens passionnés de répertoires anciens ou avides d’expérimentations actuelles d’accéder à des instruments de facture originale sans se ruiner, en leur proposant de surcroit des personnalisations (notamment à base de moteurs et d’électronique intégrés). Un certain folklore revisité pouvait entrer ainsi de plein pied dans le XXIe siècle, provoquant un regain d’intérêt hors de nos frontières, notamment chez nos amis britanniques (tiens donc) et des passeurs aussi pointus que The Quietus. C’est un garçon souriant, réservé mais affable qui m’a accueilli dans son atelier, au rez-de-chaussée d’une vieille bâtisse, en contrebas de l’église du village, pour me raconter son histoire d’artisan, sa trajectoire d’inventeur d’une lutherie tenant de la tradition mais embrassant des technologies nouvelles, électroniques mais pas que. Rencontre avec un facteur, rêveur d’instruments peu communs. Photographies pour Section 26 et Beurre Noir* : Marie Lagabbe. Continuer la lecture de « « J’avais envie de réfléchir à des instruments nouveaux pour une nouvelle forme de musique. » »

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Raisa K, Affectionately (15 love)

Raisa Khan écrit dans des interstices, à vrai dire entre deux stations de métro, pendant la pause déjeuner, au square pendant que les enfants jouent. Affectionately, son premier album toute seule — en collectif indispensable et à côté on la retrouve chez les merveilleux Good Sad Happy Bad — fait sur laptop à Londres, griffonné donc dans les trains et les bus, pendant les pauses du jour comme une fabrication advenant dans le temps volé au quotidien, c’est cet interstice là qui imprègne chaque morceau d’une douceur un peu usée, d’une tendresse un peu abîmée. Raisa Khan écrit des chansons comme on glisse des petits mots sous une porte — sans signature, sans preuve, sans but, mais avec cette certitude qu’une personne va les trouver. Continuer la lecture de « Raisa K, Affectionately (15 love) »