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Sur le vif

Photo : Sébastien Berlendis
Photo : Sébastien Berlendis

Sur le vif (à propos d’une série de quatre chansons capturées à leur origine, sur le vif, avec une caméra Sony Handycam que Lael Neale a nommées Demos / Off the Cuff).

Un matin de janvier, je dois me rendre dans la ville de Dôle depuis la gare de Saint-Claude. J‘emprunte la ligne dite des Hirondelles, elle fraye un chemin parmi les tunnels et les aqueducs innombrables, souvent au bord du vide. Je compte trois passagers, un homme avec mallette, un autre en tenue de chantier, et moi collé aux vitres embuées, dans le sens inverse de la marche de telle sorte que les paysages m’apparaissent à rebours. Depuis la veille au soir, il n’a pas cessé de neiger et les voies gardent la trace des chutes devenues à présent inédites. Continuer la lecture de « Sur le vif »

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Sous Surveillance : Magasin

Magasin / Photo : Fleur Mulder
Magasin / Photo : Fleur Mulder

Qui ?

Michiel Klein : Guitare, vu dans Goldblum, Sweat Tongues mais surtout dans les regrettés Lewsberg.
Rejoints en cours de route par :
Milo Mooi Wilten : batterie, aperçu dans Kieff

Où ?

Initié à Groningue, et maintenant dispersé entre Leiden, Rotterdam et Groningue.

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Sur le fil

Coraline Gaye / Photo : Breche de Roland
Coraline Gaye / Photo : Breche de Roland

Je ne sais pas comment vous allez vous, en ce moment, mais moi ça ne va pas trop trop bien. Le monde part en vrille, partout la colère, la vengeance et la pensée bas de plafond rognent peu à peu ce qu’il me restait d’espoir pour les années à venir. Alors je m’accroche à tout ce que je peux, le soleil revenu, l’amour des miens, les mots des livres et les chansons. Je cherche la beauté et parfois il arrive qu’elle me parvienne, car oui la beauté existe encore, j’en suis convaincue, il faut le croire. Continuer la lecture de « Sur le fil »

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Chiens de Faïence, Touché Coulé (Safe in the Rain/Langue Pendue)

Chiens de faïence, Touché CouléJe l’ai écouté pour la première fois un vendredi soir dans le bus 46 entre Montgallet et Voltaire, à la nuit déjà tombée. Vous voyez un peu la scène, vous connaissez le moment : la fin de semaine un peu hard, celle qui déconnecte des sentiments, qui laisse une pellicule un peu dégueu sur à peu près tout. À la première seconde d’écoute, je sais déjà que Touché Coulé va être un de mes trucs préférés. Comment se peut-il qu’on puisse encore en faire quelque chose comme ça, un truc, un disque, un EP. Que je trouve ça formidable de ne pas en revenir d’avoir un cœur, une pompe, un truc qui marche alors que tout autour est cassé. J’en reviens pas des êtres humains qui font encore des trucs d’êtres humains. 

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Ulrika Spacek : « Il est assez évident qu’on ne peut pas refaire le même album qu’en 2016. »

Ulrika Spacek / Photo : Anya Broido
Ulrika Spacek / Photo : Anya Broido

C’est dans un hôtel de la Gare du Nord que l’on avait rendez-vous. Un lieu de carrefour, au débarquement de l’Eurostar et du RER de Roissy pour le groupe divisé entre Londres et Stockholm où réside désormais le frontman Rhys Edwards. Il y a deux semaines paraissait EXPO, le quatrième album de ceux que l’on suit avec tant d’attention depuis dix ans déjà. Un disque qu’ils décrivent comme plus froid, possédé par des forces plus obscures, mais qui par tous ses sillons suinte le nom d’Ulrika Spacek : « C’est un moment agréable dans la vie d’un groupe quand on réalise qu’on a créé un son qui nous est propre ». Malgré l’absence du batteur Callum Brown et du guitariste Rhys Jenkins, les trois musiciens (Rhys Edwards, Joseph Stone et Syd Kemp) se sont attardés, dans un vrai échange, sur leur processus créatif, leur besoin viscéral d’autonomie et leurs dilemmes éthiques face à une industrie musicale avec laquelle ils doivent malheureusement composer quand ils ne souhaitent finalement qu’une chose : atteindre leur public. 

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Pokett, Fives (autoproduit)

Pockett FivesOn ne va pas vous faire des secrets de polichinelle, on a souvent croisé la route de Stéphane Garry aka Pokett. Lors de la sortie de Crumble son premier album (2004) sur le label Intercontinental puis encore plus amicalement vôtre, lors d’une micro tournée en compagnie du géant et désormais très culte Paloma où des prises de bec exquises à propos de Dave Mustaine (Megadeth) nous ont finalement rapprochés. Et je crois bien que dans l’un des scopitones du groupe, l’on peut voir l’une de mes guitares, récupérée depuis en meilleur état qu’à l’origine, quoique. Mais il est vrai que depuis son départ pour l’Ouest, je n’avais pas franchement fait l’apéricouille avec ledit Garry. Et c’est donc d’autant plus réjouissant de se retrouver aujourd’hui par voie de presse avec Fives, le cinquième album de Pokett. Une fois de plus, après tout de même sept ans d’absence depuis le Time For A Change madré de 2019,  on a su prendre son temps et faire les choses bien, voire au mieux. Continuer la lecture de « Pokett, Fives (autoproduit) »

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Selectorama : Heavenly

Heavenly / Photo : Alison Wonderland
Heavenly / Photo : Alison Wonderland

S’il n’y a nul besoin de justifier le fait de porter un vieux cardigan chéri, il est parfois délicat de s’enthousiasmer publiquement pour des groupes qui nous accompagnent depuis plus de trente ans, au risque de passer pour une vieille baderne. Et pourtant les raisons qui faisaient qu’on écoutait Heavenly plutôt que Gala en 1996* sont plus valables que jamais. Le regard bienveillant mais la langue (et les guitares) acérées de Heavenly offre toujours la même respiration, le même sentiment d’appartenance à une minorité qui privilégiera éternellement les pubs et les médiathèques aux salles de crossfit (bonus si vous ne voyez même pas ce que c’est). Highway To Heavenly, le nouvel album du groupe, n’est donc pas une autoroute vers un paradis perdu nostalgique, mais un sentier alternatif qui contient la promesse de cieux plus radieux, même si pour l’instant, il pleut.

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Bertolf & Nomden, All Good Things (Excelsior)

N’en déplaise aux tours-opérateurs de Liverpool, le plus grand musée du monde consacré aux Beatles se visite à Alkmaar, aux Pays-Bas. Un signe parmi d’autres de l’affinité qui s’est nouée, au fil des décennies, entre la scène musicale hollandaise et le patrimoine des Fab Four. Et même si leurs œuvres peinent parfois à rayonner au-delà des frontières nationales, des groupes comme Johan, Daryll-Ann ou, plus récemment, The Maureens sont parvenus à entretenir avec ferveur et brio cet héritage revendiqué. Vétérans aguerris et rompus séparément aux prouesses du classicisme pop au sein de nombreuses formations, Bertolf Lentink et Diederik Nomden racontent qu’ils se sont rencontrés en 2003 à l’occasion d’un concert de Paul McCartney. Auraient-ils prétendu s’être croisés par hasard dans les coulisses d’un show de Metallica qu’on aurait eu davantage de peine à les croire en découvrant, vingt-trois ans plus tard, le premier produit tardif de leur collaboration amicale. Tout vient ici à point à qui sait attendre : comme son titre proverbial l’indique, All Good Things ne contient que des mélodies d’excellente facture mises en valeur par des harmonies vocales remarquablement inspirées et des arrangements haut-de-gamme. Comme si la face B d’Abbey Road (1969) ou Band On The Run (1973) avaient été réinterprétés par les Everly Brothers. Continuer la lecture de « Bertolf & Nomden, All Good Things (Excelsior) »