Mark Hollis, capture d’écran YouTube du concert à Montreux en 1986.
Je n’arrive pas à m’habituer à apprendre les disparitions par réseaux sociaux interposés. Hier soir, la joie d’avoir dîné seul à seul avec mon fils a été assombrie sitôt mon téléphone rallumé par la découverte du départ de Mark Hollis. C’est d’abord un post de Jérôme, qui résume en quelques mots ce qu’on attendait tous : “Depuis qu’il avait choisi de ne plus faire de disques, chaque année j’imaginais un retour, je rêvais à de nouvelles chansons de lui”. On aurait tous aimé que Mark Hollis, tel un Bill Fay, rompe un jour le silence et revienne à la musique. Peut-être était-ce parmi ses projets. On ne le saura jamais.
Si vous êtes un lecteur assidu de Section 26, et de nos écrits précédents, Beach Youth ne doit pas vous être totalement inconnu. Mon talentueux camarade Xavier Mazure (que trop discret) avait évoqué le groupe caennais dans un Sous Surveillance en décembre 2015 ! Plus récemment, nous nous étions rappelés au bon souvenir de cette double page aux conséquences inattendues dans la chronique du single de The Yetis.
Quatre décennies à arpenter les scènes avec son jeu de basse identifiable et unique, Peter Hook se souvient au long de différents ouvrages, dont le dernier en date, Substance, New Order Vu De L’Intérieur (Le Mot et le Reste). De Joy Division à New Order, qu’il a quitté depuis 2006 avec perte et fracas, de son club emblématique l’Haçienda jusqu’à Peter Hook & The Light qui revisite une discographie exemplaire, le natif de Salford dans la banlieue mancunienne se livre sans détour, quelques semaines avant la parution de ce troisième ouvrage à l’automne 2017. Touché au cœur par ses anciens compagnons de route et presque dans sa chair par l’horrible attentat de mai 2017 à la Manchester Arena, le bassiste défend sa vie et son œuvre, et écorne la légende qu’il a contribué à façonner, avec cet humour vache du Nord de l’Angleterre. Aminci et sobre, amical et sensible, Hooky revient alors sur sa vision de l’histoire de Joy Division et New Order, et celle de Manchester. S’il n’a toujours pas remisé sa basse au placard, en témoignent les récentes dates françaises de début 2019 avec Peter Hook &The Light, un accord avec son ancien groupe a été signé peu de temps après cette interview, déjà publiée, mais dont voici une extendedversion inédite.
Il y a 30 ans, New Order sortait Technique, album annoncé comme hédoniste, voire résolument “house”, soi-disant enregistré à Ibiza en plein “été de l’amour”. Le bassiste Peter Hook, pourtant à l’origine de cette parenthèse enchantée dans l’histoire du groupe, l’ignore alors mais il s’agit là de son chant du cygne.
Peter Hook, le bassiste démissionnaire de New Order n’est pas qu’un spécialiste du grand écart (et des quatre cordes) : chanteur, guitariste ou producteur, il a traversé près de cinq décennies musicales avec une aisance désarmante. Retour sur un parcours moins médiatisé que d’autres à travers une playlist dédiée.
Le 26 décembre dernier, Peter Hook expliquait au magazine Rolling Stone pourquoi il avait décidé de vider son garage et de mettre en vente la majeure partie de ses souvenirs liés à Joy Division : « J’ai assisté à la mise en vente de la maison de Ian Curtis et à la mise en vente de la table de cuisine de Ian Curtis. Les gens sont prêts à se battre pour ça, et j’ai l’impression d’être comme un roi enfermé dans son château en train de compter son or. » La vente aura lieu le 2 mars prochain et un catalogue peut être commandé par correspondance, pour la modique somme de 12 livres sterling (20 livres si vous le préférez signé) – frais de port non compris.
Il n’est évidemment pas question d’oiseaux dans Birds in cages, la troisième chanson de Vive la différence !, petit chef-d’œuvre publié par les Suédois Eggstone au cœur de l’hiver 1997. Comme c’est souvent le cas en matière de musique pop, du Single pigeon de Paul McCartney au Courage des oiseaux de Dominique A, au hasard, ils ne servent ici qu’à évoquer ce qui volait et ne vole plus, ce qui chantait et ne chante plus, ce qui vivait et ne vit plus. C’est-à-dire, encore et toujours, à parler d’amour, cette petite chose de plumes et d’ailes qui disparaît au moment où l’on pose le regard sur elle. Continuer la lecture de « Birds in Cages – Eggstone »
December Square : l’association des deux termes est suffisamment imprégnée de résonances poétiques pour que chacun y projette librement ses propres interprétations. Pour y reconnaître, par exemple – on ne se refait pas – le titre d’une des plus belles chansons de Teenage Fanclub qui, en 1991, célébrait avec une mélancolie étincelante ce mois si particulier – December– où la nostalgie de l’année qui s’achève croise fugacement les promesses des temps à venir. En créant cette nouvelle maison de musique, comme ils se plaisent eux-mêmes à la désigner, Pascal Blua, graphiste émérite, et Pierre Welsh, chanteur du groupe Oaks, ont bel et bien initié une aventure à la confluence du présent et du passé. Une tentative passionnée pour préserver et diffuser, à l’abri des modes, l’originalité exigeante de nouvelles créations musicales, artisanales et indépendantes. C’est ce que l’on pouvait découvrir vendredi dernier sur la scène du Zèbre de Belleville où se sont produits les deux premiers artistes à honorer cette année de leur présence ce gîte conçu à leur intention. Emmanuel Tellier y a interprété la belle collection de chansons qui accompagne son documentaire consacré à La Disparition d’Everett Ruess, ce jeune artiste et aventurier Américain dont les traces se sont perdues dans le désert de l’Utah en 1934. Venu de Brimingham pour célébrer l’occasion, Matthew Edwards, autre songwriter au style empreint de classe et de sobriété, a présenté quelques-unes des compositions d’un troisième disque attendu avec impatience pour le début du mois d’avril, tout comme Orouni, dont le nouvel album Partitions devrait sortir ce même mois chez December Square. Pour rendre compte de cette belle soirée, un portfolio signé Jean-Fabien, que l’on retrouvera de temps en temps dans nos pages.