
Pas plus qu’il ne se (la) raconte à travers la musique, Étienne Menu laisse la musique se raconter à travers lui. Personne ne reflète mieux l’esprit de (ce que je pense être) mon époque que ce touche à tout, multipliant les expériences de critique musicale. Tenterait-il de raccommoder ce tissu déchiré en minuscules lambeaux que nous laisse le net après 20 ans de niches et d’esprits de chapelle exacerbés par les réseaux sociaux ? Parce que derrière l’illusion de l’accessibilité et de la connaissance instantanée, se cache un puzzle bien compliqué à rassembler, avec des réflexes de fermeture parfois bien visibles. Étienne Menu est un paradoxe : en apparence isolé, il réussit à activer autour de lui de nombreuses communautés et courants, autour du plaisir simple de l’échange, de la parole et de l’écriture. Continuer la lecture de « Papivole#6, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Étienne Menu et Musique Journal »

Cinquante années et quelques semaines après sa sortie, 


S’il ne s’agit pas de reprendre toute une dialectique opposant l’inconséquent à l’important, laissez-moi toutefois en dire deux mots. Polarisés depuis quelques années autour de disques intello et glitchy, les maîtres du bon goût américains nous ont appris à nous intéresser entre une ou deux heures aux artistes qui, selon les formules, révolutionnent la pop, l’emmènent là où elle n’avait jamais été, métabolisent la culture etc. Ce sont des disques importants et j’opine dans les dîners. « Ah oui Yves Tumor, Billie Eilish, passionnants, oui. »