
Ceux qui nous lisent l’ont remarqué, les publications ont ralenti sur section26. Il en a été question déjà dans le passé, nous sommes sur la toile depuis presque neuf ans, un âge canonique pour un site totalement bénévole et participatif. Derrière les cerveaux de ceux qui vous proposent une version moins dévolue aux règles du marché musical que d’autres mais plus ouverte sur nos obsessions et nos émois, il y a parfois de la lassitude, de la démotivation. Je vous l’avais déjà dit précédemment, nous ne sommes plus les mêmes qu’il y a neuf ans. En cette rentrée, il est de plus en plus difficile de ne pas être concerné par l’atmosphère anxiogène au possible. Pas de recontextualisation politique que personne n’ignore, j’ai plutôt envie de raconter une histoire survenue cet été, un samedi soir de Route du Rock à Saint-Malo. En périphérie du concert à la foule trop compacte de Fontaines D.C., je croise Rhys de Ulrika Spacek. On évoque leur splendide concert tout juste donné entre chien et loup, et il me demande comment va le site. Je ne peux que lui donner un avis en demi-teinte. Le dialogue dévie sur la situation du monde. La politique, la montée des fascismes, l’oppression, la censure. Et on se dit une chose que je pensais depuis quelques temps déjà : ce n’est pas le moment. Pas maintenant. Impossible de lâcher un mode d’expression qui défend ceux qu’on aime, et qui risquent de ne plus arriver à survivre de leur art bientôt. Alors voilà, nous ne sommes plus très nombreux à bord de ce site, mais il faut avancer. En plus de ceux qui sont encore là, on ouvre nos portes. Rejoignez-nous, c’est le moment. Ne vous sentez pas illégitimes, c’est un faux débat. Ici, il s’agit plus que jamais de remuer les souterrains, de raviver la flamme de l’indépendance. En toute modestie et avec amour.


« Drive for miles, and never turn off
La musique électronique et la pratique du live ont toujours entretenu des relations complexes. Un certain cliché irait même jusqu’à en opposer les termes : quoi de plus éloigné de la plus ou moins grande spontanéité de l’interprétation instrumentale que la soi-disant froideur des séquenceurs et autres systèmes de programmation. Évidemment, comme tout cliché, c’est sa part de fausseté qu’il convient de souligner. On pourrait même établir une histoire passionnante du live électronique et de ses singularités : du concert d’enceintes avec la musique acousmatique à l’impro live néo-psych du côté de la free party, en passant par les expérimentations de la scène indus ou de la scène laptop/Extreme Computer Music. Ou encore plus précisément, ces quinze dernières années, du côté du revival analogique. 

