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Leopardo on the road, de la Suisse aux States

Leopardo / Photo : DR
Leopardo / Photo : DR

Nos Helvètes préférés reviennent avec un quatrième album, sobrement nommé Side A / Side B.  La bande dispersée dans les quatre coins de la Suisse a réussi son pari en s’exportant chez l’oncle Sam. Après une belle première tournée en 2022 pour l’album Malcantone, le groupe à pu tracer la route de l’est Américain. Comme souvent, il est question de rencontre, après un de leur concerts à Brooklyn, quartier de Tom Hyland et de son label Dot Dash, artisan de sorties obscures dont nous avions parlé, avec The Sheaves en tête. Ils décident de travailler ensemble sur la sortie du nouvel album. Léopardo à la facilité déconcertante de sonner pop en gardant du grain et en explorant l’héritage de groupes tels les Country Teasers, Slapp Happy ou le Performing Ferret Band. Pour preuve, en première écoute, Ile D’Ogoz, un coin de terre sur le lac de la Gruyère ou Romain allait fumer ses dernières clopes et divaguer dans ses pensées. Une belle balade inspirée, tantôt country, tantôt acide, dans un clip perché réalisé par Elias Gamma. Continuer la lecture de « Leopardo on the road, de la Suisse aux States »

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Nina Garcia, Bye Bye Bird (Ideologic Organ)

Nina Garcia, Bye Bye Bird (Ideologic Organ)Il existe une lignée de guitariste improvisteur.ice dont la confrontation avec l’ instrument renvoie à quelque chose de l’ordre de la corporéité : Fred Frith, Glenn Branca, ou encore David Grubbs. Assurément, Nina Garcia appartient à cette filiation. Depuis une dizaine d’années avec Mariachi, son projet le plus emblématique, mais aussi avec Maria Bertel ou Arnaud Rivière (Autoreverse), elle explore les limites de l’instrument iconique des esthétiques électriques : la guitare, appréhendée avec un radicalisme qui la rattache au minimalisme noise − pour aboutir à une sorte de post-no wave fondamentalement mutante. Continuer la lecture de « Nina Garcia, Bye Bye Bird (Ideologic Organ) »

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The Jam, In The City (Polydor, 1977)

Dans le panthéon du rock britannique, The Jam aura toujours une place de choix, quelque part entre les Kinks, les Who, Madness, XTC et Blur. Peut-on trouver plus Anglais que ceux-là ? Bien avant la Cool Britannia, The Jam ont défendu un héritage, sans non plus se faire une entorse cervicale, à force de regarder dans le rétroviseur. Ces trois-là avaient déjà tout dès leur premier album, le fantastique In The City en 1977, le début d’une carrière aussi exemplaire qu’éphémère. En six ans, The Jam publie six albums. Les 80s démarrent à peine (1982) que le groupe tire déjà sa révérence, laissant des armées d’apprentis faces inconsolables. The Jam est presque un art de vivre à lui tout seul. Continuer la lecture de « The Jam, In The City (Polydor, 1977) »

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Ici et maintenant

Now / Photo : DR
Now / Photo : DR

Après avoir fait le récent éloge du dernier single des Sharp Pins dans une borne d’écoute Section 26 pas plus tard que la semaine dernière, on tire à nouveau notre chapeau à Calvin Johnson, grand gourou de K Records, pour avoir eu le flair d’héberger le groupe Now sur son label-caverne d’Ali-Baba. En l’attente de l’album Now Does the Trip à venir en mai prochain, nous pouvons nous délecter à l’avance du premier single In Pathécolor, à travers lequel le trio semble avoir conjugué la joyeuse naïveté des premiers Pastels avec l’esprit du psychédélisme des rives de la baie de San Francisco qui les a vu naître. Continuer la lecture de « Ici et maintenant »

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je ferme les yeux

À propos d’Hypnogram de Thurston Moore, extrait de Flow Critical Lucidity (Daydream Library)

Porquerolles / Photo : Sébastien Berlendis
Porquerolles / Photo : Sébastien Berlendis

J’avance le départ d’une journée, je quitte à la hâte la maison du Radar à côté du sémaphore dans les hauteurs de l’île de Porquerolles. Depuis le Cap d’Arme, je prends le temps de saluer, comme chaque matin, l’étendue bleue qui s’allonge et scintille —sans doute jusqu’aux côtes africaines. Malgré la lourdeur du sac, je descends en courant les premiers lacets, coupe à travers les champs d’oliviers. Continuer la lecture de « je ferme les yeux »

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Selectorama : Dodi El Sherbini

Dodi El Sherbini / Photo : Ph. Lebruman
Dodi El Sherbini / Photo : Ph. Lebruman


« J’ai niqué le feu arrière »

On est bien avancé quand on dit que Dodi El Sherbini a sorti il y a quelques mois l’un des disques les plus beaux de 2024. La preuve Ave César nous accompagne un peu plus chaque jour, faisant son trou en même temps que le mystère s’épaissit un peu plus autour de sa nature. On tenterait bien de définir cet objet insensé, mais il est bien difficile de le décrypter, notamment à travers des paroles à la poésie folle, mélange de tournures raffinées truffées de mots, comme des résidus de langage urbain publicitaire ultra contemporain, d’argots de réseaux qui citeraient des classiques de la littérature. Une vraie langue pendue personnelle magnifique portée par une sorte de chanson soul qui groove, avec la voix abîmée de gentleman cramé qu’il faut. Continuer la lecture de « Selectorama : Dodi El Sherbini »

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Cindy reprend Françoise Hardy

Karina Gill (Cindy) / Photo : Mathieu Zazzo
Karina Gill (Cindy) / Photo : Mathieu Zazzo

Françoise Hardy a rendu son dernier souffle le 11 juin dernier. Plus de 60 ans nous séparent désormais de 1962, année bénie où la belle Françoise a composé la musique et les paroles de Tous les Garçons et les Filles, son premier succès, immortel emblème d’une époque. Peu d’artistes françaises, peut-être même aucune autre, auront subjugué autant de musiciens étrangers, de Bob Dylan à David Bowie, en passant par Iggy Pop, Graham Coxon, Damon Albarn, Jarvis Cocker, Stuart Murdoch et même Chuck D. de Public Enemy. A sa disparition, je me suis souvenu de ma première écoute de la superbe Et Surtout des Californiens de Cindy, chantée en Français. Continuer la lecture de « Cindy reprend Françoise Hardy »

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Gary Louris, Dark Country (Thirty Tigers)

Qu’écrire de l’amour qui va et qui dure ?  Il n’est pas toujours aisé d’apporter une réponse satisfaisante – et, surtout, artistiquement convaincante – à cette interrogation aporétique lorsque l’on a choisi de creuser le sillon de son œuvre dans un registre musical qui, depuis ses origines, semble le plus adéquat pour évoquer les élans des premières passions adolescentes, l’intensité inégalable du coup de foudre ou les phases terminales et tempétueuses des déchirements. Bien moins pour célébrer, à tout juste soixante-dix ans, la sérénité apaisée de l’attachement réciproque au long cours. Pour une chanson, le couple tranquille n’est pas nécessairement un bon sujet : pas assez de vagues, de reliefs douloureux pour que l’on trouve un compte quelconque à écouter celui qui raconte calmement ses histoires de trains quotidiens qui ne cessent d’arriver à l’heure. Et pourtant, pour paraphraser ce brave Alfred, les chants d’amour les plus murs sont parfois les plus beaux. Et ceux de Gary Louris provoquent de purs sanglots. Continuer la lecture de « Gary Louris, Dark Country (Thirty Tigers) »