Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , , , ,

Sumday Bloody Sumday

Pour la réédition de Sumday (2003) agrémentée de démos et de raretés, quelques propos d’époque de Jason Lytle et Jim Fairchild aka Grandaddy.

Grandaddy
Grandaddy

Dans la période la plus faste de la discographie de Grandaddy – celle qui a constitué une partie importante de la bande-son du passage au nouveau millénaire – Sumday (2003) occupe une place particulière. Celle d’un troisième album nécessairement plus attendu que ses prédécesseurs avec ce que cela comporte, à chaud, d’impatiences récompensées, d’attentes déjouées et de comparaisons décéptives avec les premiers chocs dont l’intensité ne saurait être égalée. Entièrement confectionné dans le studio de Jason Lytle, le successeur parfois mal aimé de The Sophtware Slump (2000) demeure pourtant, vingt ans après sa sortie, presque aussi essentiel. Un peu plus enjoué, un peu moins audacieux mais tout aussi poignant dans ses tentatives les plus abouties pour entremêler les émotions des humains et les sons des machines. Aujourd’hui réédité dans un luxueux format qui ajoute à la version remasterisée de l’œuvre originelle une série de démos et de raretés – Sumday Twunny (Dangerbird), il mérite sans doute mieux qu’un verdict expéditif, comme l’expliquaient eux-mêmes Jason Lytle et Jim Fairchild, attablés en terrasse quelque part en bas de la rue Lepic. Continuer la lecture de « Sumday Bloody Sumday »

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , , ,

The Chemical Brothers, haut les mains

The Chemical Brothers
The Chemical Brothers

Alors que le tandem a mis le Parc de Saint-Cloud sens dessus dessous la nuit dernière et qu’une biographie intitulée Paused in Cosmic Reflection et écrite par le brillant Robin Turner – attaché de presse historique du groupe et déjà auteur d’un très bel ouvrage sur notre label de cœur Heavenly Recordings – va paraitre le 28 octobre prochain, c’était le bon moment de remettre la main sur une interview de The Chemical Brothers réalisée au printemps 1999, à quelques semaines à peine de la sortie de Surrender – le disque qui a définitivement lancé la carrière internationale d’Ed Simons et Tom Rowlands, entre une pub pour la compagnie Air France (la berceuse psyché Asleep For A Day, interprétée par la pas commode Hope Sandoval  et tournée par le surdoué Michel Gondry – futur réalisateur du clip de Star Guitar) et les présences entre autres de Bernard Sumner ou Noel Gallagher. Continuer la lecture de « The Chemical Brothers, haut les mains »

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , , ,

Dot Allison, lumières blanches

Dot Allison
Dot Allison

Au début des années 1990, nous étions quelques-uns, je crois, à être tombés amoureux de la voix éthérée – et pas que, soyons sincères, un garçon prénommé Guy-Manuel ne pourrait absolument pas dire le contraire – de la diaphane Dot Allison, figure de proue d’un trio de Glasgow. Dans la Grande-Bretagne post-Screamadelica, One Dove pouvait voir l’avenir en rose bonbon à la faveur d’un premier maxi, Fallen, publié sur le label écossais Soma. Mais la rencontre avec Andrew Weatherall et l’idée de signer la bande originale parfaite d’un monde en descente de rave ne seront pas suffisantes pour effacer un mauvais timing et la sortie trop tardive de l’album Morning Dove White au moment même où la britpop vit ses premières minutes de gloire. Continuer la lecture de « Dot Allison, lumières blanches »

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , ,

The Vaselines, Enter the Vaselines (Sub Pop/PIAS)

Alors que que les activistes de la boutique de disques de Glasgow, Monorail, menés par le toujours pertinent Stephen Pastel, lancent une collection baptisée The Glasgow School (les plus érudits d’entre nous se souviennent alors du disque compilant les brillants balbutiements d’Orange Juice publié par Domino) avec une nouvelle compilation de The Vaselines chez Sub Pop, voyons ce qu’Étienne Greib pouvait bien dire du tandem écossais en 2009 dans notre bien-aimée maison mère, la RPM. Continuer la lecture de « The Vaselines, Enter the Vaselines (Sub Pop/PIAS) »

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , , , , , , ,

Moloko : Le temps, c’était maintenant

Róisín Murphy et Mark Brydon / Moloko
Róisín Murphy et Mark Brydon / Moloko

À la charnière des XXe et XXIe siècles, il y eut une ribambelle de disques — ou de chansons et/ou remixes – qui ont définitivement démocratisé les influences de la house sur la musique pop (et vice versa). Entre l’inusable Missing d’Everything But The Girl, les productions de The Chemical Brothers ou les tics eighties de Jacques Lu-Cont (pour faire bref), il y eut aussi les deux hymnes lascifs et hédonistes signés Moloko. Derrière le nom emprunté à la boisson fétiche des très mauvais garçons d’Orange Mécanique, se cachaient depuis Sheffield, l’Irlandaise Róisín Murphy et l’Anglais Mark Brydon, bricoleurs de sons qui se sont retrouvés presque malgré eux sous le feu des projecteurs et des boules à facettes et paillettes. Alors que la chanteuse sort ces jours-ci un nouvel album épatant – le bien nommé Hit Parade – et que son ancien alter-ego a lui disparu des radars, retour en deux temps (une interview réalisée en l’an 2000 et la chronique par Estelle Chardac de la compilation Catalogue, parue en 2006) sur le parcours en dents de scie du tandem. Continuer la lecture de « Moloko : Le temps, c’était maintenant »

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , ,

Alpha, À L’Ombre de Nous

Alpha / Photo : Ramón Escobosa, Paris, 1997.

Voilà l’été. Le temps de l’insouciance pour les plus jeunes ; celui de la mélancolie pour leurs ainés – c’est à peu près ainsi, même si hâtivement résumé. Ça tombe bien. Parce qu’il y a un tout petit peu plus d’un quart de siècle, Massive Attack imaginait un label que l’on promettait à un très bel avenir et dont le nom et le mot d’ordre n’avaient pas laissé insensible la rédaction de la RPM canal historique – derrière de faux airs d’érudits qui la ramènent, il y avait beaucoup trop d’âmes sensibles : Melankolic se proclamait “glad to be sad”. Le programme était parfait, il ne restait plus qu’à la bande son d’être à la hauteur… Et entre nous, on n’en espérait pas tant. Parmi les première références, a paru l’album inaugural d’Alpha, un projet né à Bristol – au moment même où tous les projets semblaient naitre à Bristol – des cerveaux d’Andy Jenks et Corin Dingley, mélomanes taille XXL qui avaient décidé d’écrire les chansons parfaites pour tenir compagnie à notre spleen idéal. Continuer la lecture de « Alpha, À L’Ombre de Nous »

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , ,

Sparklehorse, cet homme nommé cheval

Mark Linkous / Sparklehorse
Mark Linkous / Sparklehorse

Alors que doit sortir en septembre prochain un album inédit de Sparklehorse, Bird Machine – supervisé par Matt Linkous, frère de…, et sa femme Melissa –, souvenirs d’une première rencotre avec ce génie cabossé. C’était au siècle dernier… C’était même au mois de mai 1998. Une chaleur folle, et la photographe Mélanie Elbaz, enceinte et presque sur le point d’accoucher, m’accompagnait pour ce qui était peut-être son premier voyage de presse RPM. Londres respirait au ralenti, la France n’était pas encore championne du monde et je ne pouvais certainement pas deviner que je vivrais un jour en Auvergne où j’exercerais les activités d’enseignant – et aussi de barman aux Vinzelles. Je pensais d’autant moins à l’avenir que le présent était bien plus que suffisant : j’étais payé pour rencontrer des personnes qui me transportaient – héros d’adolescence ou nouveaux maitres d’une scène en perpétuelle (r)évolution. Parmi ces derniers, Mark Linkous était l’un des plus mystérieux – et l’un des plus admirés, par Radiohead en tête. Un charisme bohême désarmant, un parcours déjà accidenté – au propre comme au figuré – et des chansons enregsitrés sous le nom de Sparklehorse dont la beauté noire laissait planer quelques doutes quant à la notion d’espoir… Pourtant, en ce jour de printemps étouffant, je n’aurais jamais imaginé la destinée que se réservait cet homme au sourire bancal et aux rêves de normalité. Malgré son overdose qui l’avait condamné à la chaise roulante durant six mois, je ne pensais pas qu’un jour de fin d’hiver 2010, il se tirerait une balle en pleine poitrine. Il a visé le cœur. À l’image de ses chansons… Continuer la lecture de « Sparklehorse, cet homme nommé cheval »

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , , , , ,

Blur, retour vers le futur

Un nouveau single surprise, The Narcissist, moment parfait pour jeter un oeil dans le rétroviseur de la carrière du groupe

Blur
Blur, back in the days.

Voilà qui est rassurant. À l’heure des Internets tout puissants, de l’info qui circule avant même qu’il ne se soit passé quoi que ce soit, il est encore possible de garder un secret. Si l’on savait depuis le mois de novembre 2022 que Blur revenait sur le devant des scènes européennes, l’annonce de la sortie d’un nouvel album le 21 juillet prochain, The Ballad Of Darren, annoncé brillamment par le morceau The Narcissist, a à peu près surpris tout le monde. Continuer la lecture de « Blur, retour vers le futur »