Jacco Gardner avait ouvert en grand les portes de son Cabinet Of Curiosities (2013), le public s’y pressa, émerveillé par les beautés baroques qui y étaient exposées. Succès critique autant que populaire, le juvénile batave a aujourd’hui la lourde tâche de donner une suite à cette prouesse sonore, d’une délicatesse inouïe. Hypnophobia (2015) nous entraîne ainsi dans les nuits blanches du hollandais volant de vingt sept ans. Ce périple sinueux dans les tourments angoissés d’une âme romantique et pure, moins immédiat que son prédécesseur, confirme cependant les espoirs placés dans le timide jeune homme. Les chemins de traverse instrumentaux (All Over, Grey Lanes) à la croisée d’Air, Michel Legrand et Broadcast y rencontrent le psychédélisme chamarré de Syd Barrett et The Move (Find Yourself). Il flotte un doux parfum d’encens rassurant, des volutes de fumées de narguilé emplissent la pièce vide (Outside Forever). Jacco attrape sa guitare sèche, il improvise des arpèges au grès de son inspiration, laissant ses doigts filer sur le manche (Brightly). Le troubadour épigone de Donovan et Nick Drake hante ses nuits de mélodies antiques pour surmonter son insomnie (Hypnophobia). Aux rêves éveillés, bouffées de délire (Before The Dawn) succèdent berceuses en demi-teintes (Make Me See), cependant Jacco ne trouve toujours pas le repos tant désiré. Il se plonge à corps perdu dans sa collection de romans gothiques (Face To Face, Another You) préférant le mythe de Prométhée à une réalité aussi bruyante que déconcertante.
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De San Carol, on n’avait pas oublié
Ultimate Painting fut un de nos coups de cœur de l’automne 2014. L’album, sous ses airs austères, laissait apparaître de graciles mélodies entrelacées. Projet parallèle de
Les années 90 sont si proches et pourtant si éloignées. Nous étions fringants et beaux. Notre soif d’idéalisme n’avait pas encore été perverti par un matérialisme galopant. Que reste-t-il de nos amours de jeunesse ? Évaporées en souvenirs diffus et sibyllins, quelques chansons émergent de la brume. Heartbeat est de celle-ci. La guitare funk blanc façon
The Homeshake Tape (2013) accompagna notre été naissant, cette année-là. Bande originale d’un road-movie dont nous étions les héros, le disque nous marqua profondément. Il est probable que nous ne fûmes pas les seuls à tomber sous le charme irradiant de cette cassette éditée à bien peu d’exemplaires par le précieux label Fixture Records. Derrière Homeshake, un nom bien connu des aficionados de Mac DeMarco, le guitariste de son groupe live : Peter Sagar. Originaire d’Edmonton mais installé à Montréal, le Canadien partage avec son camarade de label (Sinderlyn est une nouvelle structure créée par
Reading Rainbow était un charmant duo indie pop de Philadelphie. Aux côtés d’ Eternal Summers et des
The Young Sinclairs est l’un des secrets les mieux gardés de la scène indépendante américaine. Leur nouvel album, This Is The Young Sinclairs est le premier à bénéficier d’une distribution française grâce à une signature sur l’excellent label
Le risque, avec un groupe comme