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Sous surveillance : Monsallier

Julien Monsallier. Photographie : Charlotte Toscan du Plantier.
Julien Monsallier. Photographie : Charlotte Toscan du Plantier.

Qui ?

Monsallier, c’est le nom propre de Julien Narcisse Monsallier, tout simplement. Il écrit et compose : « Je ne me sens pas musicien, j’ai un bagage technique proche du néant, mais j’arrive à trouver des mélodies entêtantes que je propose ensuite à des amis musiciens ». Il y a son frère Thibaut Monsallier qui est guitariste et qui joue du clavier, il y a aussi Lucas Valero qui est guitariste et bassiste. Antoine Mounier est à la production. Continuer la lecture de « Sous surveillance : Monsallier »

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Sous surveillance : Le Cœur des Garçons

La photo de profil bandcamp du Coeur des Garçons : Serge Reggiani se fait tatouer une tour Eiffel par Alexandre Trauner dans le film inachevé « La Fleur de l’âge » de Marcel Carné et Jacques Prévert, à Belle-Île, en 1947 / Photo : Emile Savitry

Qui ?

Alexandra (chanteuse)

À la base, je viens des scènes de musique grind, métal, hardcore, donc au début j’étais hurleuse dans un groupe de grind. J’ai eu envie d’un projet plus rock chanté en français. La rencontre avec Seb a été le déclic et la décision de jouer ensemble est partie de notre passion commune pour les Thugs. Puis, je suis allée chercher Guillaume qui m’intriguait et que j’avais envie de mieux connaître et enfin Carole, que je connais de longue date. J’étais convaincue que c’était le bon combo. Continuer la lecture de « Sous surveillance : Le Cœur des Garçons »

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Antonio Emmanuel, Danse avec les shlags (Entre-soi)

« Trop de ressentiment,
ça détruit les sentiments »

Dans le département documentation de Section 26, on commence à avoir des dossiers. En 2019, j’écrivais à propos d’un homme-orchestre aperçu et apprécié au Diamant d’or de Strasbourg, et de sa démo en CDR glanée à la fin de son concert : « C’est l’état que je préfère de notre chanson française, directe, un peu frime, un peu déprimée : avec quelques mélodies inoubliables, assez pour nous faire espérer une suite, que ce soit pour de vrai en studio, en concert aussi, où la belle présence de ce jeune homme à moustache (et au mulet naissant) apaise. » Je ne sais pas s’il porte encore la moustache et le mulet, mais Antonio Emmanuel, connu sous le nom Danse avec les Shlags (qui est entre-temps devenu le titre de ce disque, capito ?), et ex clavier du Villejuif Underground revient, et de belle manière. Continuer la lecture de « Antonio Emmanuel, Danse avec les shlags (Entre-soi) »

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Katerine & Helena, Euro 04 & Calmos (Les Inrocks & So Foot, 2004)

Dans quelques jours, s’ouvrira l’Euro 2024 en Allemagne. Ce tournoi majeur de football verra jouer les plus belles équipes du continent, dont une prometteuse équipe de France, vice-championne du monde, toujours menée par son prodige MBappé et son inséparable sélectionneur Didier Deschamps. « DJ Deschamps », comme on le nomme ici de façon amicale, justement : en 2004, il était tout jeune retraité de sa carrière de joueur, après une folle Coupe du monde (1998) et un Euro incroyable (2000). KMB avait alors 6 ans et Katerine, lui, naviguait entre deux eaux, affichant déjà 36 ans au compteur : reconnu certes pour un beau début de carrière tout feutré par la critique, mais pas encore une vedette, malgré une discographie déjà bien fournie, personnelle et de collaborations à tout va. Continuer la lecture de « Katerine & Helena, Euro 04 & Calmos (Les Inrocks & So Foot, 2004) »

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Manset, L’algue bleue (Parlophone)

 » Quand le printemps revient, on a raté sa vie. »

Derrière une pochette qu’on dirait volée à une relance de Métal Hurlant (par exemple à un numéro spécial cyber romantisme, ce genre), il y a un nouveau disque de Manset (si tu n’as pas perdu ton prénom après 60 ans…) : au fond, il vient de là, de cette période année 1970 où s’est figé le fonds de son style, unique, une vision de la variété rock posée sur des guitares électriques ou acoustiques, des pianos, une voix toujours au bord de la rupture, poussée, ne cherchant jamais à faire joli, ni à plaire et des textes charriant des histoires de rapport aux autres, de géographies réelles ou mentales, avec une poésie parfois absconse, parfois lumineuse. Comme la face sombre et torturée post 1968, un cauchemar du Big Bazar en somme, même si, sans exagérer, on pourrait mélanger la chronologie de la sortie des albums de Manset, personne n’y verrait que du feu. Que je vous dise que ce disque est sorti en 1993 ou en 1987, peu d’indices vous diraient le contraire, OK, le son et la qualité des enregistrements, peut-être, me diront les spécialistes ORL. Continuer la lecture de « Manset, L’algue bleue (Parlophone) »

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Cléa Vincent, Ad vitam ærtenamour (Midnight Special Records)

« Comme un voyage en avion,
un séjour en apesanteur
« 

Cléa Vincent, la femme aux mille visages, revient et reprend le fil de sa belle discographie officielle. Exit les aventures tropicalistes (Tropi-Cléa 1, 2 et 3), les addenda inattendus sous la forme de petits 45t pirate (Kim et Cléa, Quelque chose qui me chiffone), les projets de côté qui prennent la lumière (Les Clopes où Laurence Inutile, son alias, chante et compose des hymnes mélancolo-rigolo comme Eternellement Schlag), les disques pour enfants (Chansons douces et 36 touches avec à chérir pour toujours les petits bijoux Ecole militaire et Askip), exit tout ça. On oublie sans doute d’autres chemins de traverses tant la musicienne, productrice (on attend la suite des Sessions du carreau notamment) sait se démultiplier dans une histoire dense et déjà sertie de petites légendes : ce n’est pas donné à tout le monde de commencer sa carrière par un album « perdu » qui s’échange encore sous le manteau, ou d’animer un show vidéo qui revisitait avec bonheur les cases variétés TV, le fameux et malheureusement abandonné Soooo Pop, en accueillant Katerine, Christophe, Lio, et les nouvelles pousses de la chansons françaises. Continuer la lecture de « Cléa Vincent, Ad vitam ærtenamour (Midnight Special Records) »

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Michel Cloup : « Coller avec le texte, sa palette de noirceur avec ses dégradés, du gris vers le noir » 

Détail d'une image du film "Ne Croyez Surtout Pas Que Je Hurle" de Frank Beauvais (2019)
Détail d’une image du film « Ne Croyez Surtout Pas Que Je Hurle » de Frank Beauvais (2019)

C’est peu dire qu’on suit depuis longtemps la non-carrière de Michel Cloup, j’écris non-carrière car on se doute qu’il s’agit plus d’une urgence personnelle à s’exprimer que d’un plan emploi. Si une seconde chose est claire, c’est qu’à travers une fidélité discographique au style qu’il s’est créé, le Toulousain sait aussi se placer là où on ne l’attend pas toujours. C’est le cas du travail effectué autour de l’œuvre littéraire de Joseph Ponthus il y a peu avec le compagnonnage de l’ami Pascal Bouaziz, c’est aussi le cas de ce ciné-concert qui cache une rencontre étonnante entre Ne croyez surtout pas que je hurle, le film essai de Frank Beauvais qui a défrayé la chronique cinématographique il y a quelques temps avec un inattendu succès critique pour un film fragile et minutieux, génialement fait à la maison. Étonnante rencontre où le musicien s’est mis au défi de s’introduire dans ce film constitué d’un montage absolument kaléidoscopique et vertigineux de micro-extraits d’autres films (de tous les cinémas) au service d’un journal très intime. A priori tout l’inverse d’un matériau susceptible d’intéresser le compositeur avide d’espace et de longues échappées. Mais Michel Cloup ne cherche jamais la facilité, ça c’est sûr. Entretien.

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Marie Klock, Damien Est Vivant (Pingipung)

« Qui est cette femme à l’étrange aura
qui n’achète rien d’autre
qu’une boule de mozzarella ? »

De son propre aveu (un temps d’échange avec l’artiste était organisé via une célèbre plateforme le 26 mars au soir), ces enregistrements étaient pour Marie Klock une façon de composer avec le deuil, la perte et le chagrin. Après la mort au printemps 2022 de Damien Schultz, poète, musicien et proche ami avec qui elle avait prévu d’enregistrer un disque, la jeune femme s’est isolée pour composer ce court album – 30 minutes – avec ce qu’elle avait sous la main : ses souvenirs, des textes, poèmes, textes de chansons de Damien, qu’elle avait collectionnés – celui-ci semant avec largesse sur les réseaux – et les instruments qu’elle avait sous la main. Habituée à la forme classique des chansons (on a bien dit la forme, parce que Marie Klock bousculait déjà le fond disons très libre de ces chansons, cf. son précédent et fondateur album éponyme paru chez les Disques de la Face Cachée), elle a dû forcément s’adapter à la forme des textes de son ami, délaissant le couplet-refrain pour des boucles, permettant aux mots  de se déployer dans leur grande crudité, leur pornographie, leur intensité, leur humour aussi. Continuer la lecture de « Marie Klock, Damien Est Vivant (Pingipung) »