Sous surveillance : Monsallier

Julien Monsallier. Photographie : Charlotte Toscan du Plantier.
Julien Monsallier. Photographie : Charlotte Toscan du Plantier.
Qui ?

Monsallier, c’est le nom propre de Julien Narcisse Monsallier, tout simplement. Il écrit et compose : « Je ne me sens pas musicien, j’ai un bagage technique proche du néant, mais j’arrive à trouver des mélodies entêtantes que je propose ensuite à des amis musiciens ». Il y a son frère Thibaut Monsallier qui est guitariste et qui joue du clavier, il y a aussi Lucas Valero qui est guitariste et bassiste. Antoine Mounier est à la production. Un groupe bâti autour des enregistrements, mais prêt potentiellement, si jamais l’occasion fait le larron, à se transformer en escouade pour la scène. La première expérience aboutie des Monsallier, c’était le groupe Two Bunnies In Love (2008-2016 environ) qui était rompu à l’exercice, pour avoir tourné avec Fauve, ou joué avec La Femme.

Où ?

Les premières démos ont été enregistrées après la fin de l’aventure Two Bunnies In Love, dans la maison familiale à Pantin. Avec l’envie d’écrire en français. Les chansons ont suivi Julien lors de son exil post COVID dans le Lot, puis sont en revenues enrichies avec lui à la capitale, pour y être proprement enregistrées. Ici, c’est Paris, donc.

Quoi ?

Il y a de suite un sentiment estival de paresse et de flemme quand le groupe Monsallier se met à jouer sur Combel – qui tire son nom d’un lieu-dit dans le Lot, Combel de Labit où Julien a habité – son petit EP d’une dizaine de minutes pour 4 chansons. Sentiment jamais démenti, on embarque sur une sorte de yacht rock, un peu planant, un yacht resté en cale sèche, sur lequel on fantasme en petites chaussures en cuir (portées sans chaussette). On ne serait pas loin non plus d’une pop qui aurait pris de l’ecsta ou ces nouvelles drogues de l’amour que je ne connais pas. On est porté constamment par un balancement agréable, on se plait dans ce petit funk blanc à motifs de guitares modestes, on se repose dans cette musique parfaite pour des siestes d’abandon (entre synthés qui font des bisous, et mélopée sifflée sur rythmes d’arroseurs de pelouse). Il y a aussi cette façon underground d’aborder une chanson stylée, une variété qu’on refait à sa sauce, déconnectée de son passé, cordon ombilical oublié dans un carton Top 50 un peu perdu au grenier.

Dernière sortie

Combel, donc, EP 4 titres en format numérique, dispo sur toutes les plateformes. Il n’y a pas de version physique prévue, même si, pourquoi pas, un jour. C’est sorti sur la structure Boom Boom Tchak de Marie Mounier, une amie proche (« Sans elle, Monsallier n’existerait pas », confie Julien). Boom Boom Tchak, c’est aussi le refuge du groupe jumeau, Pierre Ponge, dont on reparlera ici, lundi si tout va bien, à propos de la sortie récente de leur merveilleux EP  Comme une.

Tube absolu

Devant toi – chanson solaire absolument élégante, à sa façon bien à elle de groover, de planer, portée par une voix un peu fatiguée, sur fond de guitares stellaires enivrantes : on a envie de prendre les mêmes substances que le groupe, ça a l’air sympa, pas très loin d’un choc de culture entre le baggie Madchester du tout début des nineties et un chic qualité French Touch, en toute décontraction.

Futur Proche

Des chansons pour un futur EP sont déjà prêtes, des envies de concerts, « un plateau avec Pierre Ponge » envisageable (et grandement recommandé aux amis programmateurs), après le passage encourageant, l’automne dernier, de Cauchemars sur France Inter dans l’émission Côté Club de Laurent Goumarre. Mais pas calcul comm’, ni de plan sur la comète, Julien affirme ne pas être un « homme de réseau ».

A écouter


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