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Fat White Family – Tendres pervers

Fat White Family
Fat White Family

Il existe des moments de télévision pendant lesquels, on aimerait – avec une once de sadisme et beaucoup de naïveté – que tout dérape, comme à la grande époque. Le 17 mai dernier, les trublions de Fat White Family étaient les invités du Quotidien de Yann Barthès sur TMC. Puisque « le groupe le plus trash et bordélique de tout le Royaume-Uni » (sic) est le dernier héritier d’une longue lignée de musiciens situationnistes qui semblent avoir lu Lipstick Traces (Greil Marcus, 1989) et en avoir fait leur livre de chevet, on pouvait rêver d’un bel incident télévisuel. A quoi peut bien ressembler leur tentative d’entrisme dans la société du spectacle ? On s’imaginait déjà chanter Where’s Yann Barthès Now? comme les Television Personalities ironisaient jadis sur le sort du pauvre Bill Grundy. Au lieu de ça, le spectateur a eu droit à une simple interprétation du single Feet, dans une performance conforme à toutes les règles du CSA et dans une mise en scène parfaitement sous contrôle. Continuer « Fat White Family – Tendres pervers »

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SASAMI – fast forward

SASAMI

Avec seulement deux titres dans ses bagages, SASAMI a débarqué sur le devant de la scène à l’automne dernier. Grâce à une solide décoction de dream pop aérienne et de fulgurances grunge, elle a envoûté la presse internationale et s’est vue sur-le-champ décerner les titres de Best New Song par Pitchfork et de « rock’s next big thing » par l’influente revue américaine The Fader. Des prémonitions confirmées par SASAMI, premier album renversant imaginé au cours d’une année sur la route avec Cherry Glazerr, ex-gang de l’originaire de Los Angeles. En dilettante, elle enregistre ses idées sur son iPad et puise pour l’inspiration dans ces messages trop chargés, ceux que l’on renonce à envoyer et que l’on enterre dans les « Notes » de son smartphone. Avec un ferme « Let’s fucking do it! » elle a ouvert notre discussion et, à deux jours de la Journée internationale des femmes – qui, et cela ne saurait être un hasard, fut aussi celle de la parution de son album –, a exprimé sa reconnaissance à toutes les musiciennes et professionnelles qui l’ont accompagnée jusque-là et font évoluer, progressivement, le milieu de la musique.

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rustin man, Drift Code (Domino)

Rustin Man Drift Code DominoC’est peu dire que ce premier véritable album de Rustin Man était attendu par une frange de connaisseurs patients qui ont suivi le parcours de Paul Webb en différents endroits au fil du temps. Chez Talk Talk d’abord, pour un phénoménal travail d’épure qui fera passer la new wave au post rock, chez .O. Rang ensuite, où il donna cours en compagnie de Lee Harris (le batteur de Talk Talk) à son goût pour une opération très étudiée sur des rythmiques inspirées des musiques du monde, puis finalement sous l’alias Rustin Man en compagnie de Beth Gibbons (Portishead, qu’il avait d’ailleurs fait débuter sur un album d’.O. Rang) pour un Out Of Season  (2002) dont certains attendent encore la suite avec des cailloux dans les bottes à force de trouver le temps long. Continuer « rustin man, Drift Code (Domino) »

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Julia Holter, Aviary (Domino)

— Ça te dit d’écrire sur le prochain Julia Holter ?
— Oui.
Et voilà. Et nous voilà, là.
L’actualité musicale me rattrape rarement. Ça prend du temps d’écouter un disque, de l’écouter vraiment et donc longtemps. Mes amitiés musicales sont souvent réservées, suspendues, abritées, lentes.
Question récurrente : comment font-ils pour savoir, eux, ce qu’ils pensent d’un disque en si peu de temps, ceux qui écrivent quelques mots dessus chaque mois et parviennent à le faire avec pertinence et précision, et sans trop de fautes ?
Je sais, moi, que les avis de bonne foi changent ou s’érodent aussi, souvent chez les critiques que je lis le plus – peut-être que j’en lis de moins en moins. Pas parce qu’il y en a trop, ou le numérique, ou je ne sais quoi. Juste que ça ne m’intéresse plus autant, ou différemment.
Je sais aussi que certaines évidences frappent immédiatement, que d’autres voient leur impact retardé des jours, des semaines, des mois, des années.
Ça paraît difficile d’être critique et d’avoir un agenda de son goût. Continuer « Julia Holter, Aviary (Domino) »

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Transmission #3 — Spéciale Independant Label Market

Spéciale Independant Label Market.
Émission du 07 octobre 2018.
Avec Thomas Schwoerer, Xavier Mazure, Nicolas Plommée et Alexandre Gimenez-Fauvety.

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Melody’s Echo Chamber, Bon Voyage (Domino)

Plus de cinq ans après son remarquable prédécesseur, Bon Voyage, second album de Melody Prochet, voit le jour tel un miracle. Le miracle d’un nouveau printemps, recouvrant pour la provençale de longues années de peines et de désillusions. Parmi elles, une rupture avec le leader de Tame ImpalaKevin Parker, allié de vie et de travail, soldée par deux ans d’efforts solitaires sur des compositions débutées en duo ; avant le renoncement. L’annonce d’un retour l’an dernier puis, comme un coup du sort, un grave accident et des mois de convalescence. Continuer « Melody’s Echo Chamber, Bon Voyage (Domino) »

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John Maus, Screen Memories (Ribbon Music / Domino)

Dès les premières notes de Screen memories, quatrième album de John Maus, le synthétiseur analogique prend une fois encore toute sa place, et ce n’est pas anodin. Crée de toutes pièces par Maus, de la gravure du circuit à l’assemblage des pièces, il définit en grande partie son esthétique. Pour l’ancien clavier d’Animal Collective ou Panda Bear, et proche d’Ariel Pink avec qui il a longtemps collaboré, les sonorités de ces instruments hâtivement estampillées eighties vont plutôt chercher les bases de leurs harmonies au milieu de la renaissance, dans certaines pièces de musique médiévale qu’il a longtemps étudiées. Continuer « John Maus, Screen Memories (Ribbon Music / Domino) »