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Sharp Pins, Balloon, Balloon, Balloon (K Records / Perennial)

A peine moins d’un an après la sortie de Radio DDR – le second album étincelant de Sharp Pins qui nous a mis une claque étourdissante -, nous étions dans l’attente fébrile du nouveau disque de Kai Slater. Mais nous pouvions avoir quelques appréhensions quant à la capacité du jeune prodige de Chicago à tenir la distance à un tel niveau. Après tout, des débuts tonitruants ne garantissent pas inévitablement le maintien de l’inspiration et du feu sacré. Combien de groupes en lesquels nous avions placés de trop grands espoirs ont épuisé toutes leurs réserves au bout de deux disques et sont par la suite devenus l’ombre d’eux-mêmes ou ont soudainement disparu des écrans-radars… Continuer la lecture de « Sharp Pins, Balloon, Balloon, Balloon (K Records / Perennial) »

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Rosalía, LUX (Columbia)

Je ne me serai pas précipité sur ce disque si elle ne m’avait pas envoyé un message m’invitant, de suite, à écouter le dernier album de Rosalía, LUX. Il faut dire que j’avais été effrayé par tout ce que j’avais lu ici et là : chef-d’œuvre, offrande fervente de pop classique avant-gardiste, œuvre néo-classique en quatre mouvements et chantée en treize langues, oratorio exquis pour cœurs chaotiques -, sans parler de son casting de (trop) bons élèves : le London Symphony Orchestra, les collaborateurs de MOTOMAMI Noah Goldstein et Dylan Wiggins, Pharrell Williams, Björk, entre autres -. Pourquoi alors m’infliger ces 18 titres alors même que j’étais complètement passé à côté des trois albums précédents, Los Ángeles, El Mal Querer et MOTOMAMI ? Continuer la lecture de « Rosalía, LUX (Columbia) »

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Un tour de Modestine, avec Sing Sing et Victor Rassov

Modestine (Sing Sing et Victor Rassov) / Photo : Azucena Mahuteau
Modestine (Sing Sing et Victor Rassov) / Photo : Azucena Mahuteau


« Le gligli fait des histoires, le gligli excite »

À la première écoute de Modestine, j’ai senti une excitation monter, pas besoin de s’enterrer pendant un mois avec de l’eau, du pain et un magnétophone pour trouver un sens à tout ça. Non l’envie de partager ma joie s’écrivait facilement : bien sûr, quand j’ai abordé leur cassette Grand dommage, j’en avais quelques clés, parce que j’écoute Arlt, parce que j’échange en MP avec Sing Sing et que sa façon d’aborder le métier de chansonnier nous intéresse toujours. Il a par exemple bien souligné que Modestine est une œuvre musicale à deux, que l’autre face de la pièce, c’est Victor Rassov, poète et musicien aux commandes partagées, plus d’autres invités qui passaient par là, comme Gilles Poizat (qu’on adore ici-bas), Marius Atherton (pareil), Léo Gobin (enchanté !) et la vedette Bertrand Belin. Continuer la lecture de « Un tour de Modestine, avec Sing Sing et Victor Rassov »

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Gelli Haha, Switcheroo (Innovative Leisure)

Switcheroo Gelli HahaGelli Haha est le nom du projet de la musicienne Angel Abaya, une musicienne originaire de Boise, dans l’Idaho, où elle a fait un peu de rock ou de folk-rock. Son album Switcheroo a été enregistré un an et demi peu après son déménagement à Los Angeles, avec Sean Guerin (De Lux) et sorti sur Innovative Leisure, le label d’Hanni El Khatib. Disons le tout de suite, c’est un petit trésor. Un album de synth pop, d’indie pop chatoyant, beau et original. C’est un concentré de mélodies servi par une délicieuse instrumentation inspirée, pour l’essentiel, des années 1980 : effusion de sons de synthés virevoltants et voluptueux qui rappellent Moroder, la synth pop, l’italo disco même, exagérée, extatique. Continuer la lecture de « Gelli Haha, Switcheroo (Innovative Leisure) »

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Los Íberos, id. (Columbia, 1969)

Bien que sous le joug d’une dictature conservatrice, l’Espagne ne manqua pas son rendez vous avec les années soixante. La musique pop ne répondait peut être pas aux envies du régime mais elle passionnait une jeunesse en quête de modernité et d’un peu de liberté. Cette frénésie se concrétisa avec le succès, en 1964, de Flamenco des Brincos. La chanson , inspirée du rock des Beatles, fut le catalyseur d’une scène beat explosive, d’une richesse insoupçonnable de l’autre coté des Pyrénées. À partir de là, les groupes espagnols s’autorisèrent à s’imprégner du R&B le plus sauvage (Los Salvajes), de la musique psychédélique (Máquina!) ou la soul (Los Canarios). Dans cette euphorie des années 60, la sunshine pop fut évidemment de la fête. En Espagne, un groupe de Torremolinos (Málaga) en fit sa marque de fabrique : Los Íberos. Continuer la lecture de « Los Íberos, id. (Columbia, 1969) »

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Michel Cloup Trio, Catharsis en pièces détachées (Ici d’ailleurs)

« T’entends la sirène,
est-ce que tu l’entends la sirène ? »

De la cave d’un kebab à Paris où il jouait sous alias super héros aux commémorations de la maison de disques Lithium il y a quelques années, on peut dire qu’on a construit sans le savoir une relation au long cours : de son côté, la carrière d’un musicien avec ce que ça comporte de péripéties, les groupes du départ, l’adolescence flamboyante, torse bombé, tête tourmentée de doutes plus ou moins cachés, amitiés compliquées obligées, changements violents du jour au lendemain et puis construction pas à pas, au jour le jour d’un métier, le truc du romantisme qui s’évapore pour laisser place aux constats intimes, politiques et collectifs qui vont nourrir le moteur d’une œuvre à nulle autre pareil (sinon quoi), l’entrainant jusqu’à aujourd’hui. De mon côté, la place du mort, enfin du spectateur, de l’auditeur, du groupie, de celui qui toise, qui jauge, qui accumule informations, suppositions, émotions, rejets parfois tel un biographe non officiel, en toute clandestinité. Avec pour point de départ ce transfert originel sans doute : est-ce que cette vie aurait pu être la mienne ? Spoiler, non. Continuer la lecture de « Michel Cloup Trio, Catharsis en pièces détachées (Ici d’ailleurs) »

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LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE NOVEMBRE 2025

Sauter à pieds joints dans les flaques d’eau, c’est bien l’un des seuls plaisirs de cette saison monotone, comme une salle d’attente grisâtre taillée en rampe de lancement pour les excès capitalistes de fin d’année. On en profite pour vous offrir une dernière salve de nouveautés avant cette période faste en rétrospectives et limitée en découvertes. Notre bilan 2025 arrivera d’ailleurs tout juste à temps pour Noël, mais en attendant, voici quelques coups de cœur partagés par notre équipe.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify.

NDLR : les playlists créées sur les plateformes ne comportent pas l’intégralité des titres de la sélection commentée ci-dessous.

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Jared Swilley des Black Lips : « Notre processus de création est toujours aussi chaotique »

Black Lips / Photo : DR
Black Lips / Photo : DR

Vingt six ans d’existence. Onze albums au compteur. Une quantité incalculable de concerts et autant de cuites. Un membre mort en 2002. Trois autres qui ont quitté le radeau de la Méduse en cours de voyage. L’aventure des Black Lips n’aura pas été un long fleuve tranquille. Pourtant, contre vents et marées, les mauvais garçons de Géorgie sont toujours là en 2025, avec Cole Alexander et Jared Swilley comme seuls survivants du line-up originel, accompagnés depuis 2013 par la fantasque Zumi Rosow, depuis 2017 par le très chevelu Oakley Munson et à partir de 2018 par l’ancien Demon’s Claws Jeffrey Clarke. Depuis une dizaine d’années, et surtout après le départ des excellents Ian St Pé (guitare voix) et Joe Bradley (batterie, voix), certains fans de la première heure avaient trouvé que les garnements d’Atlanta étaient presque devenus trop sages à leur goût, surtout dans leurs explorations country jugées trop éloignées de leurs sulfureux débuts garage-punk. « Tu ne peux pas être un punk-rocker toute ta vie […] enfin si ! Dans le cœur et la tête, tu peux, mais pas physiquement » avait déclaré Jared Swilley dans une interview pour le blog Indie Music. Les fans étaient par ailleurs restés circonspects de les voir se retrouver à jouer dans des galeries d’art et soigner de plus en plus leur image. Pourtant, leur dernier disque Season of the Peach – le plus globalement réussi depuis Arabia Mountain – a de quoi faire taire les peine-à-jouir, car il ajoute à leur répertoire quelques-unes de leurs meilleurs chansons. Continuer la lecture de « Jared Swilley des Black Lips : « Notre processus de création est toujours aussi chaotique » »