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Paris Banlieue, Dans Des Lieux (Snap! Clap! Club / Cartelle / Langue Pendue)

 Paris BanlieueÉcouter Paris Banlieue c’est renouer avec l’énergie de ses douze ans, patiner plein gaz sur un bitume fraichement posé grâce à des semelles en aluminium sanglées à ses Stan Smith, enclencher une K7 de Foreigner dans son walkman Sony, s’échapper dans la forêt tropicale avoisinante pour cueillir des bananes à même l’arbre ou faire couler le liquide puant du durion, laisser dépasser un sein naissant dans sa robe devenue trop petite, inventer une BD pour sa frangine déprimée qui repasse son bac et raconter n’importe quoi aux copines… Continuer la lecture de « Paris Banlieue, Dans Des Lieux (Snap! Clap! Club / Cartelle / Langue Pendue) »

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Now, Now Does the Trick (K Records / Perennial)

NowLumière de fin d’après-midi. Cassettes criblées. Films en 8 mm. Bordées sans fin de ces trottoirs américains qui sont à peine des surfaces sur lesquels marcher, des portes de garage ouvertes ou fermées. Ça, c’est pour le décor. NowWilliam Smith (Cindy), Hannah Forrester (Thunder Boys), Oli Lipton (Cindy, Violent Change) — c’est un trio DIY de la baie de San Francisco avec une prédilection les romans pulp, les beat groups, le glamour et les films de série B. Un premier disque, Saturday’s Child, masterisé par Saint-Kramer. Maintenant : K/Perennial en badge de scouts de l’indie. Douze poèmes mélodisés — The Ballad of Joy Bang, Careening, In Pathécolor, Pointe Shoes — des titres qui sonnent comme des rêves épinglés sur des murs de papier peint à motifs. Une pop onirique-érudite. Il faut aimer les maniéristes, moi j’adore. Continuer la lecture de « Now, Now Does the Trick (K Records / Perennial) »

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Ceux qu’on a aimés en 2025

Pas toujours évident de s’en sortir dans la foison de suggestions des classements de l’année. La meilleure façon de l’aborder est sans doute de laisser parler la musique, et d’être séduit par l’un ou l’autre des titres de cette playlist. On vous la livre ici comme un court résumé de ce qu’on a aimé cette année, en espérant suffisamment titiller votre curiosité. Bonne fin d’année et restez connectés.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify et ci-dessous en version mixée.

NDLR : les playlists créées sur les plateformes ne comportent pas l’intégralité des titres de la sélection commentée ci-dessous.

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Maria Somerville, Luster (4AD)

Maria SomervilleUn ciel bas, des vitres embuées. Le shoegaze c’est avoir la tête penchée. Maria Somerville est rentrée chez elle, dans le Connemara, là où les montagnes plongent dans l’Atlantique et où le lac Corrib réfléchit des ciels changeants — et Luster, son deuxième album paru chez 4AD, porte en lui toute la lumière diffuse de ce retour-là. Dans le petit studio de son salon, avec des comparses de l’île (Henry Earnest, Finn Carraher McDonald, Ian Lynch de Lankum à la cornemuse uilleann sur Violet), Somerville a filé 12 titres comme des petits tableaux sonores — le paysage irlandais vu à travers l’eau perlée d’une brume, comme J. M. W. Turner quand il vise le point d’abstraction atmosphérique (soit le train ou la guitare). Une musique comme un linge humide posé sur un front fiévreux : apaisement mais chute du linge au moment exact où nous penchons la tête justement. Continuer la lecture de « Maria Somerville, Luster (4AD) »

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Le classement de la rédaction 2025

Visuels : Pauline Nunez

Dites 33. Lorsqu’on lance les messages concernant le classement de l’année auprès des auteurs de ce site, on sent un léger retrait, comme une goutte de citron sur le bord de la coquille d’une huitre. Puis, après quelques messages plus insistants, les réponses fusent. Cette année, on est 33 à avoir répondus. 33 comme les tours d’un vinyle, l’indicatif téléphonique de notre bon pays en disgrâce totale, le numéro atomique de l’arsenic, qu’on a failli gober volontairement à de maintes reprises cette année. 33 personnes se sont donc investies dans ce classement dont on est fiers, car il nous ressemble. A la fois dans l’idée d’une pop à l’ancienne, fière de ses origines, toujours aussi vaillante, toujours aussi indépendante, comme ce Sharp Pins qui trône dignement en première place. Mais aussi dans la diversité, via des choix plus tranchés comme ces albums somptueux de Joanne Robertson ou Jemima, complètement anesthésiés de beauté. Ou encore Andrea Laszlo de Simone, qui pourrait être là chaque fois qu’il sort un disque. Un classement où se côtoient les jeunes filles de Horsegirl et les darons de Pulp et The Apartments, et aussi l’incroyable épopée noise pop des rouennais Ellah A Thaun. Ecoutez-les, achetez leurs disques, allez les voir sur scène, aimez-les autant que nous. Et ne cédez jamais à la modération. (TS)

01. SHARP PINS, Balloon, Balloon, Balloon (K Records / Perennial)
02. BLOOD ORANGE, Essex Honey (RCA/Domino)
03. HORSEGIRL, Phonetics On and On (Matador Records/Beggars)
04. JOANNE ROBERTSON, Blurrr (AD 93)
05. ANDREA LASZLO DE SIMONE, Una Lunghissima Ombra (Ekler/Hamburger)
06. PULP, More (Rough Trade)
07. JEMIMA, Even The Dog Knows (All Night Flight Records)
08. ELLAH A THAUN, The Seminal Record Of Ellah A Thaun (Flippin Freaks Records / Howlin Banana)
09. THE APARTMENTS, That’s What The Music is For (Talitres)
10. JEFF TWEEDY, Twilight Override (dBpm Records)

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Sous Surveillance : Païkan

Païkan / Photo : Edouard Roussel
Païkan / Photo : Edouard Roussel

Qui ?

Rémi aka Païkan est producteur de musique électronique, touche-à-tout talentueux qui navigue entre création, médiation, DJing, développement de projets associatifs, labels… mais qui trouve quand même le temps de jouer avec ses synthétiseurs.

Où ?

À Dijon, où il réside, au sein du studio uma, un indispensable lieu pluridisciplinaire dédié à l’audiovisuel où se fréquentent artistes et associations. Mais aussi dans d’autres lieux/résidences, selon les opportunités. L’album qu’il prépare pour 2026 a principalement été composé à la campagne à Collonges, pas loin de Tournus dans le 71, chez ses copaines du groupe Marie Madeleine dont il avait transformé la maison en studio de musique. Continuer la lecture de « Sous Surveillance : Païkan »

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Brooke Combe, Dancing At The Edge Of The World (Modern Sky)

On ne l’a pas tout de suite su, mais c’était là dès le début. Dès l’achat de The Gift de The Jam (au printemps 1982, après le concert à Amsterdam diffusé dans l’émission Mégahertz d’Alain Maneval) et l’une des photos de la pochette intérieure – une photo bleutée où un type réalisait une sorte de figure acrobatique ; dès le premier album de Dexys Midnight Runners aussi, les hommages à Geno et bien sûr, la reprise – dont on a mis du temps à apprendre que c’était une reprise. Et ensuite, c’est revenu comme un ressac au fil des ans, des clins d’œil, des hommages, un titre, un nom, un état d’esprit. Paul Weller – que reprend d’ailleurs Brooke Combe avec brio – comme chef de file, à la tête du Style Council puis en solo. The Verve et son deuxième album qui portait un titre sans ambiguité. Le single incroyable de Contempo, U B Naughty, les samples de Spearmint, les clins d’œil de Pulp ; Doves et le nom du label où tout  a commencé – Casino –, la réinvention de Texas – et la culture du bassiste Johnny McElhone, n’en déplaise à beaucoup –,  les plaisirs simples de Tindersticks… Mais tout le reste aussi : Tainted Love de Soft Cell, le set DJ de Bob Stanley – je crois que c’était en 2002 – au Pop In (notre Casino à nous, justement), les coups de cœur de Birdie, l’une de mes toutes premières playlists pour Les Vinzelles – intitulée Hit The North(ern soul) – que j’avais d’ailleurs imaginée pour tenter d’impressionner l’une des deux patronnes… Continuer la lecture de « Brooke Combe, Dancing At The Edge Of The World (Modern Sky) »

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Oneohtrix Point Never, Tranquilizer (Warp)

La musique électronique, dans ses formes les plus modernistes et avant-gardistes, a toujours eu une dimension conceptuelle. Que l’on évoque, au hasard, Chiastic Slide d’Autechre (1997) ou Prototypes d’Alva Noto (2000), un rigorisme formel s’impose à l’auditeur.rice. On pense à ce qu’écrivait Jonas Mekas à propos du cinéma « structurel » (Michael Snow, Ken Jacobs) : la « manipulation consciente » (1) de formes. Un art qui se définit par un haut degré de réflexivité, par la place centrale qu’il accord au matériau – ici le medium électronique. Or c’est précisément depuis ce bord le plus souvent spéculatif, mais en empruntant une voie qui lui serait légèrement oblique, que Daniel Lopatin élabore depuis une grosse vingtaine d’années l’une des œuvres les plus importantes du répertoire contemporain – sous différent allias (Chuck Person, Ford & Lopatin, etc.) mais aussi et surtout avec Oneohtrix Point Never, son projet le plus célèbre et marquant. Continuer la lecture de « Oneohtrix Point Never, Tranquilizer (Warp) »