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Dona Casque, Le Reflet de Maman (Turbo Discos)

Dona Casque se sont d’abord fait connaître par leurs concerts, parmi les meilleurs des souterrains parisiens, et au-delà, car Dona Casque (dont on vous avait déjà parlé ici) se carapate partout : France, Europe, côte Ouest des États-Unis cet été, et présentement l’Allemagne. Rapide, coriace et endurant, Dona Casque est à la conquête du monde, sur le terrain, et pour cause, c’est un excellent groupe de scène. Déjà, ce n’est pas le trentième guitare/basse/batterie que l’on voit passer dans l’année ; c’est plutôt le premier, et probablement le dernier voix/clavier/basse + voix/batterie/clavier : Maë Favory d’un côté, Danny Kendricks de l’autre. Ce n’est pas que visuel, leurs concerts sont instables et efficaces, chaotiques et maitrisés, vivifiant. Le public a moins mal aux jambes. La buvette marche. Les deux ami⋅es font cinq choses en même temps et racontent des choses incohérentes et drôles entre chaque morceau. L’atmosphère se vide des jours qui passent, d’hier et de demain, se remplit du soir. Continuer la lecture de « Dona Casque, Le Reflet de Maman (Turbo Discos) »

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Selectorama : Straight Arrows

Straight Arrows / Photo : DR
Straight Arrows / Photo : DR

Pour avoir eu le bonheur de me trouver en juillet dernier au Folk Blues festival de Binic, – point de rendez-vous hexagonal de tous les adeptes de garage, de rock and roll et de punk -, je n’hésiterais pas une seconde à décerner la palme de la coolitude aux Straight Arrows. Avec d’autres groupes australiens à l’affiche comme Dom Sensitive ou Clamm, le quatuor de Sydney est même parvenu à relever le défi a priori impossible de me consoler de l’annulation de Tee Vee Repairmann, pour lequel j’avais traversé la moitié du pays. Menés de front par l’inépuisable Owen Penglis, enchaînant leurs innombrables tubes avec une énergie, un sens du fun et un enthousiasme sans limite, les quatre Sydnéens auront mis le public dans leur poche à chacune de leurs prestations (car à Binic chaque groupe doit jouer le vendredi, le samedi et le dimanche). Piochant dans tout leur répertoire, ils n’avaient que l’embarras du choix en matière de hits imparables. On n’aura pas non plus boudé notre plaisir de les voir reprendre What Do I Get des Buzzcocks ou l’excellente Ice Pick de Supercharger, transformée pour l’occasion en Dog Bite, en référence à la récente morsure de chien qui a valu à Owen de jouer de la gratte avec un bandage sur la main droite, sans que celui-ci ne semble en avoir été le moins du monde affecté.

 

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Just Another Dance(r)

Another Dancer / Photo : DR
Another Dancer / Photo : DR

Le quintet Bruxellois qui nous avait gratifié d’un splendide premier album en 2024, revient en Septembre avec The Plot à paraître chez Bruit Direct Disques et Aguirre. Sur Hollywood, seul titre en écoute pour le moment, Another Dancer magnifie la pop cristalline à tendance expérimentale. La voix de Margot peut évoquer la façon de chanter de chanteuses qu’on cite presque à chaque occasion : Trish Keenan et Laetitia Sadier, car elle pose ses textes comme du velours sur une composition cotonneuse et aérienne. La singularité de Another Dancer réside dans sa capacité de mélanger éléments synthétiques, voix qui se répondent, légèreté et orchestration. Hollywood est sorti cet été à point nommé, et tout laisse à penser qu’elle sera une des chansons que l’on écoute au lever ou au coucher du soleil, peu importe la saison.


Another Dancer reviennent le 13 Octobre au Chinois pour une soirée SDZ & Bruit Direct Disques, accompagnés de Subtle Turnhips et Retail Simps.

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Boris Maurussane : Larmes de joie

Boris Maurussane / Photo : Marjorie Chaumet
Boris Maurussane / Photo : Marjorie Chaumet

La plus belle moustache du douzième arrondissement de Paris remet enfin le couvert quatre longues années après l’inaugural Social Kaleidoscope, et le festin auquel nous sommes conviés dépasse nos espérances : Tears Of English Town vole très haut et confirme s’il en était encore besoin l’immense talent de cet étrange spécimen. De Maxwell Farrington & Le SuperHomard à Dorian Pimpernel en passant par Olivier Rocabois, Orwell, Discover ou Astrobal, la scène pop française n’en finit plus de nous éblouir et Boris Maurussane – qui préfère parler à son sujet de Third Stream Pop Music – fait plus que tenir son rang. Il rayonne, il survole – il stratosphérise. Tears Of English Town aligne les merveilles comme à la parade – il faudrait toutes les citer. Un disque tel un creuset dans lequel s’invitent Musique Populaire Brésilienne, pop sophistiquée et quelques échos de jazz – un sommet psychedelico-bucolique. Continuer la lecture de « Boris Maurussane : Larmes de joie »

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Tchotchke : Poupées de son

Tchotchke / Photo : DR
Tchotchke / Photo : DR

Ne vous fiez pas aux apparences. Derrière leur esthétique délicieusement surannée et leurs looks de Shangri-Las modernes, les filles de Tchotchke ont des compositions aussi solides que leur sens de l’humour et des harmonies vocales. Découvertes en Europe en première partie des Lemon Twigs, le trio est né pendant le confinement des cendres de Pinky Pinky qu’Anastasia Sanchez (chant, voix) et Eva Chambers (basse) avaient formé à Los Angeles en 2017. Continuer la lecture de « Tchotchke : Poupées de son »

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Odessey & Oracle, Technicolor (Dur & Doux)

« Nouvelle génération
Pas d’la chair à patrons
On veut plus travailler
Changer la société »

Quand on s’était repris de passion pour la chanson française dans sa grande acceptation contemporaine, on avait découvert émerveillés le disque d’Odessey & Oracle paru sur Another Record (Crocorama avec entretien dans Groupie, tout ça) puis on était remonté dans le temps pour leur premier francophone sur Bongo Joe, aussi parce qu’on avait l’intuition que leur histoire allait bien finir, genre une trilogie homogène, pochettes à l’avenant, tout ça, ligue de légende. On avait bien vu, même si le dernier chapitre à tarder à s’afficher, on ne rentrera pas dans les cuisines du groupe, mais on a là sans doute un album qui a failli rejoindre les mythes du lost album, si cher à nos cœurs crypto complo-complétistes : déjà enregistré, déjà pressé, mais empêché. Continuer la lecture de « Odessey & Oracle, Technicolor (Dur & Doux) »

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Black Box Recorder : noir, c’est noir

Black Box Recorder, Londres 1998 / Photo : Ramón Escobosa
Black Box Recorder, Londres 1998 / Photo : Ramón Escobosa

Le temps passe toujours un peu plus vite mais il reste quand même quelque chose de rassurant : se dire que finalement, tout (oui, ou presque) reste possible. En tout cas, c’est à peu près (oui, ou plutôt très exactement) ce que j’ai pensé quand j’ai appris un peu plus tôt cette année la reformation de Black Box Recorder le temps d’abord d’un concert londonien, puis d’un concert parisien – ce vendredi 24 septembre, mais c’est complet je crois. Aujourd’hui, je ne suis pas certain que tout le monde se souvienne de Black Box Recorder. Mais dans les bureaux de la RPM canal historique, la découverte de l’existence d’un tel projet avait sans doute été fêté par une semaine d’apéritifs – non pas parce que dans ce trio mixte, figurait le spécialiste de l’humour vache et noir, Luke Haines, enfant presque chéri des critiques  (de part et d’autre de la Manche, mais surtout sur nos rivages) qui avait su faire sien l’art du contre-pied : d’un disque sous très forte influence The Go-Betweens à un album produit par l’ascétique Steve Albini, il n’y avait pour lui qu’un pas. Mais dans les locaux de la RPM, c’est surtout la présence de John Moore qui avait provoqué une certaine excitation. Continuer la lecture de « Black Box Recorder : noir, c’est noir »

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On vous ouvre la porte : rejoignez-nous !

Visuel : Pauline Nunez
Visuel : Pauline Nunez

Ceux qui nous lisent l’ont remarqué, les publications ont ralenti sur section26. Il en a été question déjà dans le passé, nous sommes sur la toile depuis presque neuf ans, un âge canonique pour un site totalement bénévole et participatif. Derrière les cerveaux de ceux qui vous proposent une version moins dévolue aux règles du marché musical que d’autres mais plus ouverte sur nos obsessions et nos émois, il y a parfois de la lassitude, de la démotivation. Je vous l’avais déjà dit précédemment, nous ne sommes plus les mêmes qu’il y a neuf ans. En cette rentrée, il est de plus en plus difficile de ne pas être concerné par l’atmosphère anxiogène au possible. Pas de recontextualisation politique que personne n’ignore, j’ai plutôt envie de raconter une histoire survenue cet été, un samedi soir de Route du Rock à Saint-Malo. En périphérie du concert à la foule trop compacte de Fontaines D.C., je croise Rhys de Ulrika Spacek. On évoque leur splendide concert tout juste donné entre chien et loup, et il me demande comment va le site. Je ne peux que lui donner un avis en demi-teinte. Le dialogue dévie sur la situation du monde. La politique, la montée des fascismes, l’oppression, la censure. Et on se dit une chose que je pensais depuis quelques temps déjà : ce n’est pas le moment. Pas maintenant. Impossible de lâcher un mode d’expression qui défend ceux qu’on aime, et qui risquent de ne plus arriver à survivre de leur art bientôt. Alors voilà, nous ne sommes plus très nombreux à bord de ce site, mais il faut avancer. En plus de ceux qui sont encore là, on ouvre nos portes. Rejoignez-nous, c’est le moment. Ne vous sentez pas illégitimes, c’est un faux débat. Ici, il s’agit plus que jamais de remuer les souterrains, de raviver la flamme de l’indépendance. En toute modestie et avec amour.

Envoyez vos textes, vos propositions, vos idées à section26.popmoderne@gmail.com