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Fin du monde : la bande originale

L’apocalypse zombie n’est pas encore là mais rien ne nous empêche d’écouter, de réécouter ou de faire découvrir Odessey And Oracle (des Zombies, justement), un disque de circonstance (une dernière merveille avant la fin) dont rigoureusement aucun extrait n’a été choisi pour cette mixtape à la fois paniquée et apaisante. Aux montagnes russes de l’incertitude, adaptons nos souvenirs, n’oublions pas de sourire, rendons hommage à Genesis P-Orridge, prophète des chaos passés et à venir qui nous a judicieusement quitté hier, et réécoutons, angoissés et amusés, tous les disques que nous aimons en prenant soin de nous. On va tous crever ? Et puis après, on verra bien.

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Tame Impala, The Slow Rush (Modular / Fiction / Caroline / Interscope)

LE « CONTRE »

« I wouldn’t wear a tie-dyed t-shirt
unless it is soaked with the urine of Phil Collins
and the blood of Jerry Garcia. »

— Kurdt Kobain

Je pensais démonter le truc en deux phrases précises, sans avant-propos liminaires, surtout après-coup mais vu les circonstances… Depuis samedi soir, le monde est divisé en deux camps et l’on assiste, interdit, à un tel déballage de nazeries totales concernant la cérémonie des César (sans s) et au très bon papier concomitant de Virginie Despentes dans Libé. Effarant, que tout un chacun se doit ou se sent le droit de donner son avis sur cette saine colère. Passé la nôtre, on regarde amusé, voire goguenard, les limites de la pensée contemporaine sur les réseaux sociaux tout en prenant des notes mentales pour plus tard. Continuer « Tame Impala, The Slow Rush (Modular / Fiction / Caroline / Interscope) »

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FAME 2020 : Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte

Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte
Cosmic Trip de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte

Ce n’est pas tous les jours qu’on voit les Spacemen 3 à la télévision. Et pourtant, cela arrivera avec la diffusion probable et prochaine de Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace sur une chaîne culturelle franco-allemande bien connue. En attendant, cette somme imposante mise en forme et composée par Christophe Conte (ex-Inrocks, Libération) et Gaëtan Chataigner (The Little Rabbits, les clips de Katerine et un peu plus que ça…) est à découvrir en avant-première dans le cadre de cette nouvelle édition du FAME. Continuer « FAME 2020 : Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte »

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Primal Scream, Screamadelica (Creation)

Traîtres à la cause, tâcherons, ignobles, vulgaires et bourrins. Les indie popeux n’auront pas de mots assez durs pour dézinguer Primal Scream à la sortie de leur second album éponyme en 1989. Il faut dire que Bobby Gillespie en a déjà sous le coude lorsque paraît, deux ans plus tôt, Sonic Flower Groove, le premier LP de son groupe. Avant cela, il avait joué le faire-valoir au sein de The Wake et un peu plus que ça chez The Jesus And Mary Chain. Sonic Flower Groove, donc, disque aussi brillant que rétro, déjà culte avant même sa sortie, faisant la part belle aux obsessions sixties de ses auteurs (Love, The Byrds) et érigeant Bobby Gillespie en sex-symbol improbable d’une nation indie en anorak. Autant dire que le passage du soleil californien à la rudesse rock de Detroit fait jaser… Et pourtant. Au milieu de ce disque rétrograde, et plutôt bon rétrospectivement (avec The Stooges et MC5 en ligne de mire), trônent quelques déchirantes ballades sous haute influence Big Star. Par exemple, la pépite I’m Losing More Than I’ll Ever Had, devenue Loaded sous les ciseaux avisés mais pas encore experts d’Andrew Weatherall, va transformer leur vie et la nôtre. Continuer « Primal Scream, Screamadelica (Creation) »

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Pale Saints, The Comforts Of Madness (4AD)

Pale Saints The Comforts Of Madness
Pale Saints, The Comforts Of Madness (4AD), et sa pochette signée Vaughan Oliver.

Une légende, probablement vérifiable, voudrait que les Pale Saints de Leeds aient envoyé leur première démo à Sarah Records à Bristol. Trop de solo de guitares, trop de scories new wave, c’est tellement vulgaire, merde, et on comprend aisément pourquoi Clare et Matt ne souffrirent pas autant d’émotion. C’est une bonne base de discussion. Quoique. Ça n’enlèvera rien à ce disque qui définit non pas un genre (le chouguezz, restons sérieux…), mais bien une époque.

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I Love You But I’ve Chosen Darkness, Dune (Monopsone / Secretly Canadian)

En épitaphe du label Monopsone (2000-2020)

C’est l’une des sales nouvelles de la semaine, le label Monopsone nous a informé qu’après deux décennies à œuvrer pour le bien des musiques exigeantes, la fin était là. Un communiqué détaillé à lire ci-dessous.

2000-2020

Parmi d’autres réussites et un lien fort avec Matthieu Malon et son alias (Laudanum), Monopsone aura eu également l’inconscience, la témérité, la chance et le culot de sortir le second album du groupe texan I Love You But I’ve Chosen Darkness. Pour se souvenir, voici une chronique d’époque sous forme d’hommage posthume (pour le groupe, on attendra le temps qu’il faudra) à un label important d’ici. Merci pour tout. Continuer « I Love You But I’ve Chosen Darkness, Dune (Monopsone / Secretly Canadian) »

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Arab Strap, The Week Never Starts Round Here / Philophobia (Chemikal Underground)

Deux ploucs. Deux sales ploucs indignes et cradingues, à première vue un groupe de nazes, de pouilleux complets, d’alcoolos malpropres insortables, de pue-la-bite en maraude. Telle est notre première réaction amusée devant l’arrivée de The Week Never Starts Round Here, premier album d’Arab Strap, un sombre jour de novembre 1996. Car ils n’ont pas fière allure, les deux zouaves de Falkirk, petite ville écossaise paumée au Nord de Glasgow, plus connue pour son passé industriel et sa célèbre bataille qui, en 1298 mit fin aux velléités indépendantistes de William Wallace, que pour son présent morose et dont la seule contribution à l’histoire du rock tient, à l’époque, dans le fait qu’elle soit la ville natale d’Elisabeth Frazer des Cocteau Twins. Continuer « Arab Strap, The Week Never Starts Round Here / Philophobia (Chemikal Underground) »

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Slint, Spiderland (Touch And Go)

SlintIl est des chefs-d’œuvre immuables dont on sait qu’ils resteront à jamais dans notre panthéon personnel. La plupart ont en commun une bien étrange particularité : on ne les a pas compris à la première écoute ; le flash, le satori, l’illumination ne se sont pas faits en un jour, ni du premier coup. Or si certains disques entrent et sortent de notre quotidien au gré des envies, des humeurs, des (re)découvertes et parfois même des surprises, on peut sans peine affirmer que Spiderland de Slint a toujours tenu une place indétrônable dans notre Top 5 depuis sa sortie en mars 1991, soit vingt-trois ans d’intimité. Et nous ne sommes apparemment pas les seuls. Qui aurait cru qu’un album enregistré en quatre jours et quatre nuits, ne comprenant que six morceaux, édité sans battage médiatique par quatre Américains à peine sortis de l’adolescence et dont le groupe se séparera avant même sa sortie, allait devenir un tel emplâtre générationnel ? Continuer « Slint, Spiderland (Touch And Go) »