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Sous Surveillance : Magasin

quotidien pop moderne since 1991

Avec Elvis, les Shadows et enfin les Beatles, la musique pop est devenue un phénomène presque universel. Du Pérou (Los Shain’s), en passant par Singapour (The October Cherries), le Japon, le Zimbabwe, l’Australie et bien sûr l’Europe Continentale, des jeunes gens ont pris les guitares et essayé d’imiter leurs idoles. Ces tentatives furent parfois maladroites mais des voix singulières ont aussi émergé de ce bouillonnement créatif. Le barde batave Boudewijn de Groot est de celles-ci. Né en 1944, dans un camp de concentration japonais, à côté de Jakarta (à l’époque Batavia !), en Indonésie, il débarque aux Pays Bas avec son père. Elevé par sa tante, il s’intéresse très vite à la musique. Continuer la lecture de « Boudewijn de Groot, Picknick (1968, Decca) »
C’est l’un de ces albums discrets, d’autant plus précieux qu’il finit par imposer sa présence sur le ton du murmure plutôt que de réclamer, à cor et à cri, une attention immédiate. Publié au mois de novembre dernier, Home n’a cessé, depuis, d’apparaître de plus en plus clairement comme une sorte d’antidote absolue au tapage. Issu d’une collaboration à distance et de plusieurs années entre l’autrice-compositrice d’origine londonienne Xan Tyler, désormais écossaise d’adoption, et Jonathan Brown, alias Dusty Stray, songwriter texan installé à Amsterdam, il condense avec une sobriété exemplaire l’essentiel des sentiments qu’ont trouvé à partager, inévitablement, ces deux exilés : la nostalgie d’un « chez soi » dont le manque ne cesse de s’amplifier à mesure que l’éloignement se prolonge et dont ne demeure plus que les souvenirs. Deux voix qui s’entremêlent, une toile de fond instrumentale dépouillée et quelques mots bien choisis : il n’en faut parfois pas davantage pour restituer la profondeur de cette intimité disparue. Et pour s’interroger sur le peu qui subsiste. Continuer la lecture de « Xan Tyler & Dusty Stray, Home (Last Night From Glasgow) »


Selon une source sûre, Reymour a attiré 400 personnes à Petit Bain il y a quelques jours. Pas mal pour un duo pas loin d’être inconnu, véhiculant une image de musiciens de peu, lo-fi comme on dit. Passionnant de s’arrêter sur ce binôme, Lou Savary et Luc Bersier qui ont grandi en Suisse, se sont installés à Bruxelles, ont sorti une première cassette sur un label de Berlin et trouvé refuge pour Leviosa (2021) et NoLand chez la maison de disques d’Amsterdam Knekelhuis. Pour un album appelé NoLand qu’on pourrait traduire par SansTerre, ou PasDePays, effectivement ces jeunes gens ne s’embarrassent pas de frontières, et tant mieux. Continuer la lecture de « Reymour, NoLand (Knekelhuis) »

On vous en avait parlé dans un Sous Surveillance en 2021, les néerlandais Geo sortiront leur premier album début mai chez Erste Theke Tontraeger, un label Allemand de Mannheim à l’initiative d’un certain nombre de pépites punk et dérivées depuis 2010. Dans leur besace, pêle-mêle : Display Homes, Marbled Eyed, Powerplant, Prison Affair, Public Interest… You are all strange, premier titre en écoute, qui prouve que Geo est capable de ralentir le tempo et d’expérimenter. Un environnement sous influence New-Yorkaise ou Georgienne : ESG , Mars, Liquid Liquid ou Pylon en tête. Continuer la lecture de « Selon Geo, vous êtes tous étranges. »
Pour leur 50 ans de carrière, les néerlandais reviennent sur 5 albums juste avant leur concert parisien au Trianon.

Cinq jalons – un par décennie – pour évoquer cinquante ans de carrière. C’est évidemment bien trop peu pour rendre compte de l’extraordinaire foisonnement de la discographie des Nits. Il a donc fallu choisir, avec toute la part d’arbitraire que comporte une sélection subjective, retrancher, restreindre, regretter. Mais surtout réécouter tous ces albums très différents, souvent, les uns des autres mais jamais inintéressants ni dépourvus de qualités ou d’exigences. Ceux que l’on a toujours conservé au plus près du cœur, depuis l’acquisition impulsive d’un triple album live – le ratio quantité/prix était encore un facteur non négligeable des arbitrages d’achat, à l’époque – à la FNAC de Metz, juste après le Bac en 1989. Continuer la lecture de « Les Noces d’or des Nits »
C’est très exactement le genre d’album avec lequel on rêvait de tourner la page hivernale d’une nouvelle année. Non pas un monument qui en imposerait par sa stature démesurée ou sa majesté exigeante. Simplement une collection de treize chansons qui réchauffent, remplies de mélodies aimables à fredonner, d’accords de guitares qui tranchent la grisaille nocturne et d’harmonies constamment réconfortantes. The Maureens appartient en effet à cette Internationale discrète qui réunit, par-delà les frontières, quelques artisans entièrement dévoués à une cause désuète et presque désespérée : perpétuer avec une ferveur enthousiaste des formes musicales anciennes sans pour autant renoncer à l’espoir un peu vain d’en entendre surgir quelque chose de neuf et d’inédit. Continuer la lecture de « The Maureens, Everyone Smiles (Meritorio) »