Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , , ,

Èlg et la Chimie, Immense éboulis rouge (Murailles Music / République des Granges)

Èlg et la Chimie, Immense éboulis rouge (Murailles Music, République des Granges)

« Un wagon bouge à peine,
l’autre wagon fait la fête »

Purée, mais quel disque. Ce sont les premiers mots qui me sont venus très naturellement alors que je jonglais hier entre le semainier de l’arrière-magasin – lister, trouver les liens, agencer les titres pour trouver un sens, un message à l’amie Clara de Paris Banlieue et l’écriture d’un texte sur un autre disque (qui devait prendre place ici mais qui est du coup un peu reporté). La chanson Hypnose brève que j’avais placée dans le peloton de la semaine s’est mise en boucle sans que je m’en rende compte et a interrompu ce petit ballet dominical. Sans doute que je voulais être un peu sûr, c’est plus de 6 minutes quand même, pas vraiment un truc pop. Après cette écoute répétée inattendue, j’ai tout laissé tomber pour visiter le bandcamp d’Èlg et la Chimie. Continuer la lecture de « Èlg et la Chimie, Immense éboulis rouge (Murailles Music / République des Granges) »

Catégories interviewÉtiquettes , , ,

KCIDY, l’humain et la sensibilité

Kcidy / Photo : Nicolas Despis
Kcidy / Photo : Nicolas Despis

En octobre dernier, nous avons rencontré Pauline Le Caignec dans les locaux de So Press qui héberge également Vietnam. Nous avons évoqué ensemble le dernier album de KCIDY, son nom d’artiste, L’Immensité et L’Immédiat. La discussion fut passionnante et riche, à l’image de ce dernier disque. Il fait suite aux Gens Heureux (2021) et à Quelque Chose de Bien (2024). Habituée de nos colonnes, que ce soit avec son projet solo ou en groupe (Tôle Froide), la musique de la chanteuse résonne avec notre ligne éditoriale. Nous en avons profité pour évoquer de nombreux sujets avec elle, que ce soit sa conception de la musique en groupe, sa manière de composer, la scène lyonnaise… Continuer la lecture de « KCIDY, l’humain et la sensibilité »

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , ,

Nathan Roche, 35 rue du Théâtre (Celluloid)

France, terre d’asile. J’ai lu, je ne sais plus où (ou alors mon cerveau malade l’a inventé) un truc marrant : les dauphins que les hommes peuvent approcher sont parait-il, les parias de leur société. Ils ont été rejetés par leur communauté de dauphins, et c’est pour ça qu’ils recherchent de la compagnie auprès des hommes. Sinon, un vrai dauphin dauphin, intégré, impossible de l’approcher, tintin, walou. Je ne sais plus où je voulais en venir, si, bon, appliqué aux humains, c’est un peu bizarre mais ça marche. Une copine née au Japon est venue habiter en France, parce qu’elle ne supportait plus la façon dont les hommes là-bas la traitaient. Elle se sent vachement plus française, en fait. Elle est batteuse de jazz et s’épanouit loin des bureaux funestes aux mains baladeuses de son pays. France terre d’asile donc. Nathan Roche, on peut le voir comme ça, il perpétue cette tradition de réfugié rock’n’roll, de gars plus (re)connu chez nous que chez lui. On peut remonter aux jazzmen qui venaient passer ici un temps de liberté, alors que leur pays, les States, avaient plutôt une façon raciste de les persécuter. Ou moins loin dans le temps, une maison de disques comme New Rose qui accueillait les œuvres de parias bien aimés ici, Arthur Lee, Alex Chilton, Bruce Joyner, la liste est longue, en phase terminale de leur carrière. Bon, c’est moins tragique pour Nathan, mais il y a quelque chose de cela. Continuer la lecture de « Nathan Roche, 35 rue du Théâtre (Celluloid) »

Catégories festivalsÉtiquettes ,

Babehoven, UTO, Flora Hibberd : 3 groupes à voir au festival Les Femmes s’en Mêlent

Visuel : Les femmes s'en mêlent
Visuel : Les femmes s’en mêlent

Depuis le 30 octobre et pour trois semaines encore, le festival Les Femmes s’en Mêlent sillonne la France une quarantaine de dates pour une trentaine de villes tout de même , avec une programmation forcément très fournie, mettant à l’honneur des musiciennes indépendantes d’ici et d’ailleurs. Bientôt 30 ans d’existence pour ce festival qui, parce qu’il s’étire sur plusieurs semaines, se fond durant tout l’automne dans le paysage musical, par des concerts qui ponctuent nos quotidiens. Au-delà des « têtes d’affiche » américaines de cette année (on reste quand même dans l’indé, hein) que sont les géniales Frankie Cosmos et Automatic, on voulait vous conseiller trois concerts à ne pas manquer dans les jours à venir.
Deux places sont à gagner pour l’un d’entre eux en envoyant un mail à section26popmoderne@gmail.com

Continuer la lecture de « Babehoven, UTO, Flora Hibberd : 3 groupes à voir au festival Les Femmes s’en Mêlent »

Catégories documentaireÉtiquettes , , , , , ,

« Lenoir en questions » de Anne Kuhn et Jean-Baptiste Erreca

Bernard Lenoir / Photo : Anne Kuhn
Bernard Lenoir / Photo : Anne Kuhn

Musical écran #11 Bordeaux Rock 2025Il y a quelque temps, en relisant des extraits d’un livre que j’avais rangé depuis trop longtemps au fin fond de ma bibliothèque, j’ai (re)découvert une phrase parfaite, ou plutôt une phrase que j’ai trouvée parfaite car elle disait en peu de mots exactement tout d’un de mes groupes de chevet – et même, sans doute, de la majorité des disques de ma discothèque : “Cette musique ressemblait parfois à de petits morceaux de cristal colorés et, quelquefois, c’était la chose la plus douce, la plus triste qu’on pût imaginer”. C’est Carson McCullers qui écrit cela dans le magnifique Le Cœur Est Un Chasseur Solitaire paru en 1940 – et plusieurs semaines après, je trouve toujours qu’elle résume à merveille les chansons de The Apartments, d’hier mais surtout d’aujourd’hui. Et quelques autres, donc. Continuer la lecture de « « Lenoir en questions » de Anne Kuhn et Jean-Baptiste Erreca »

Catégories chronique rééditionÉtiquettes , , , , ,

Anne Laplantine, Partons pour tu (Frissons)

« Ça marche ? »

Anne Laplantine est une figure légendaire quoique toujours discrète qui a hanté le début du XXIe siècle : musicienne de l’ombre, elle a produit un certains nombres d’artefacts (cassette, vinyle, CD) sur plusieurs maisons de disques plus ou moins visibles. Avec cette façon de ne jamais être là où on supposait qu’elle soit : entre une synthpop en français bizarre, des piècettes lo-fi cubisto-brutes, et les instrumentaux électro 80s enregistrés – on imagine – sur ordi ou sur 4-pistes, elle a convaincu des marques qui avaient plutôt le vent en poupe : que ce soit à l’étranger chez les Allemands de Tomlab, ou que ce soit chez les Parisiens de Gooom Disques. Elle a aussi croisé ses compositions avec le top du pointillisme pointu, le trouvère folktronic Momus pour une pièce magnifique, Summerisle et joué avec quelques masques, comme une protection supplémentaire (alias Michiko Kusaki par exemple), l’amenant à être écouté plus en dehors du pays qu’ici même (de l’Allemagne au Japon en passant par les États-Unis). Le truc, c’est que si on l’avait un peu perdue de vue, elle n’a jamais arrêté, continuant d’œuvrer sur des cellules avant-gardistes cassettophiles Tanzprocess ou Midi Fish. Continuer la lecture de « Anne Laplantine, Partons pour tu (Frissons) »

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Jessica93, 666 Tours de périph’ (Born Bad Records)

« Nique sa grosse mère »

Division ruine. On avait plus qu’une intuition que la maison de disques au coq pas sportif savait y faire quand il s’agissait de solder les comptes du passé. On ne parle pas ici des compilations rétrospectives qui jalonnent la discographie de Born Bad avec un aplomb après-nous-le-déluge, mais de cette volonté écrite à l’encre sympathique d’essayer d’encapsuler un genre plus ou moins issue de la sauvagerie et de la liberté des sous-sols punks et associés des 20 dernières années. Ce non-mouvement a fait déferler depuis Metz, disons, et sur tout le pays des hordes de groupes sans lendemain mais aux disques importants suivis par des aventures plus ou moins solo picaresques (Marietta, Usé, Ventre de Biche, Heimat, Zad Kokar, Theoreme….), avec certains déjà pris dans les filets (de sécurité). Continuer la lecture de « Jessica93, 666 Tours de périph’ (Born Bad Records) »

Catégories sous surveillanceÉtiquettes , , , , ,

Sous Surveillance : Vérité Synthétique

Vérité Synthétique / Photo : Oscar Eschbach au West Bar à Pirou Plage (50)
Vérité Synthétique / Photo : Oscar Eschbach au West Bar à Pirou Plage (50)
Qui ?
Vérité Synthétique, nouveau duo Nantais composé de François et Chloé, respectivement à la guitare et boîte à rythme et à la basse. Ils ont joué ensemble dans Moleskine, Bande à Part et Supervelours. Chloé tient maintenant la basse dans Quinconce.
Où ?
Nantes, Dalby baby

Continuer la lecture de « Sous Surveillance : Vérité Synthétique »