Douze ans après Allombon (2014) quelle surprise de revoir le groupe parisien Dorian Pimpernel avec Flowers Too, un nouvel album dans sa besace. Si étonnant que soit ce retour, Dorian Pimpernel a joué la carte de la continuité : même label (Born Bad), même peintre (Silvia Idili) et même contenu.
Oui, Flowers Too est la suite logique d’Allombon. La formation française y explore les contrées reculées de la moonshine pop ; ils en sont les thurifères et inventeurs. Dorian Pimpernel aime à pratiquer l’uchronie sur leur temps libre. En effet, ils imaginent une suite à la sunshine pop des années soixante, comme si la musique avait évolué dans une direction légèrement différente des voies progressives qu’elle empruntait alors. Continuer la lecture de « Dorian Pimpernel, Flowers Too (Born Bad Records) »

Les musiques bruitistes, qu’elles soient industrielles, harsh, Power Electronics ou acousmatiques, engagent quasi-systématiquement une expérience de la matérialité du son. Car il s’agit d’éprouver à leur écoute quelque chose de l’ordre d’une résistance du format- noise. Le bruit n’est pas seulement ce qui excède les contraintes de la production pop, il est aussi ce qui rappelle que la densité des textures et l’épaisseur des timbres sont parties prenantes d’une logique des intensités qui résiste à l’abstraction des esthétiques numériques. Harsh Noise Wall dans ses formulations les plus radicales, mais aussi drone ou brutalisme
On attendait un retour en fanfare un peu plus bling pour la légende 
Depuis longtemps, je me demande si nous sommes nombreuses et nombreux à réagir de la sorte – mais j’oublie toujours de poser la question. Oui, je me demande si comme moi, parfois, il suffit des quelques secondes d’une intro, un simple changement d’accord, l’esquisse d’une mélodie pour que déjà, vous sachiez qu’une chanson a (entre autres) été écrite pour vous, qu’elle va tourner en boucle pendant plusieurs jours / mois / semaines / années (rayez la mention inutile si tant qu’il y en ait une) et qu’elle ouvre un album que vous allez aimer adorer (la formule “adorez aimer” fonctionne aussi)… Depuis longtemps, j’ai ce rapport à la musique – pour le meilleur, mais pour le pire aussi : l’intro de la première chanson d’un disque attendu avec une certaine impatience déçoit, et son sort en est scellé…
Je n’ai jamais trop su comment me saper, ni d’ailleurs cherché à corriger ce handicap social. Au « prime » de ma jeunesse, je me suis converti à une culture musicale idoine pour un gars dépourvu de la moindre appétence pour le vêtement (malgré un fort tropisme familial du côté du Sentier). Un uniforme succinct et finalement passe-partout. Peu de marques, ni trop de réflexion, ni trop de variables : polo
Musique instrumentale de pleins, de déliés et de vides, cette Lyonnaise des eaux troubles nous plonge dans un monde de l’attente : d’un trajet sur une route de montagne, d’une planque dans un quartier chelou, d’une salle du même nom d’un dentiste ou d’un doc, d’un rendez-vous dans un café désert, d’une journée fériée… C’est tout un univers cinétique quasi immobile qui s’ouvre dans sa lenteur et sa masse, devant nous.