
C’est un disque qui relève de la magie, je ne sais pas comment le dire autrement. Une femme écrit des textes de chansons entre 1984 et 2018. Cette femme ne les chante pas, ne les met pas en musique mais elle écrit des chansons comme on écrit sa vie, pour ressentir plus fort, pour dire plus intensément. Elle écrit des chansons comme des consolations, comme des tempêtes aussi. Elle écrit des chansons parce qu’elle ne peut pas faire autrement. C’est elle qu’elle y dépose, c’est là qu’elle se confie. Continuer la lecture de « Superpoze, Blandine Rinkel et Valérie Lefèvre, Le Disque de ma Mère (Banville) »
Les musiques bruitistes, qu’elles soient industrielles, harsh, Power Electronics ou acousmatiques, engagent quasi-systématiquement une expérience de la matérialité du son. Car il s’agit d’éprouver à leur écoute quelque chose de l’ordre d’une résistance du format- noise. Le bruit n’est pas seulement ce qui excède les contraintes de la production pop, il est aussi ce qui rappelle que la densité des textures et l’épaisseur des timbres sont parties prenantes d’une logique des intensités qui résiste à l’abstraction des esthétiques numériques. Harsh Noise Wall dans ses formulations les plus radicales, mais aussi drone ou brutalisme
On attendait un retour en fanfare un peu plus bling pour la légende 
Depuis longtemps, je me demande si nous sommes nombreuses et nombreux à réagir de la sorte – mais j’oublie toujours de poser la question. Oui, je me demande si comme moi, parfois, il suffit des quelques secondes d’une intro, un simple changement d’accord, l’esquisse d’une mélodie pour que déjà, vous sachiez qu’une chanson a (entre autres) été écrite pour vous, qu’elle va tourner en boucle pendant plusieurs jours / mois / semaines / années (rayez la mention inutile si tant qu’il y en ait une) et qu’elle ouvre un album que vous allez aimer adorer (la formule “adorez aimer” fonctionne aussi)… Depuis longtemps, j’ai ce rapport à la musique – pour le meilleur, mais pour le pire aussi : l’intro de la première chanson d’un disque attendu avec une certaine impatience déçoit, et son sort en est scellé…
Je n’ai jamais trop su comment me saper, ni d’ailleurs cherché à corriger ce handicap social. Au « prime » de ma jeunesse, je me suis converti à une culture musicale idoine pour un gars dépourvu de la moindre appétence pour le vêtement (malgré un fort tropisme familial du côté du Sentier). Un uniforme succinct et finalement passe-partout. Peu de marques, ni trop de réflexion, ni trop de variables : polo
Musique instrumentale de pleins, de déliés et de vides, cette Lyonnaise des eaux troubles nous plonge dans un monde de l’attente : d’un trajet sur une route de montagne, d’une planque dans un quartier chelou, d’une salle du même nom d’un dentiste ou d’un doc, d’un rendez-vous dans un café désert, d’une journée fériée… C’est tout un univers cinétique quasi immobile qui s’ouvre dans sa lenteur et sa masse, devant nous.
« L’heure sonne et je m’étonne encore d’être ici »