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Richard Hawley, au nom du père

Richard Hawley / Photo : Steve Gullick
Richard Hawley / Photo : Steve Gullick

La première fois, c’était au printemps 2001, au téléphone, dans les bureaux de la RPM : nous avions reçu le mini-album de ce gars dont le nom nous disait bien quelque chose sans savoir où nous l’avions croisé – le principal intéressé nous a rafraichi la mémoire en racontant ses excès avec Longpigs : les sept chansons avaient un gout d’avant, à l’instar d’une pochette au charme suranné et de cette voix à la gravité rassurante. L’homme n’allait pas chômer, en réalisant quelques mois plus tard un premier album aussi magnifique que son titre pouvait le laisser présager, Late Night Final. Nous nous sommes dits alors qu’avec Richard Hawley, ce serait pour la vie – et entre nous, nous n’avions pas vraiment tort. Nous avons alors souvent croisé sa route, comme pour cette interview croisée avec son ami Jarvis Cocker, attablés dans un PMU de la rue Amelot, quelques heures avant que les deux acolytes ne passent des disques dans la cave du légendaire Espace Couleur… Continuer la lecture de « Richard Hawley, au nom du père »

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Penny Arcade : « J’utilise ce que j’ai sous la main pour mes morceaux »

James Hoare (Penny Arcade) / Photo : Titouan Massé
James Hoare (Penny Arcade) / Photo : Titouan Massé

Malgré un des CV les plus impressionnants de l’indie pop de ces dernières années (The Proper Ornaments, Ultimate Painting, Veronica Falls, Your Twenties), James Hoare a pris la décision de se lancer en solo sous le nom de Penny Arcade. Il sort aujourd’hui son deuxième album Double Exposure, album à humeurs variées qui s’est construit autour de deux instruments, l’orgue et la boîte à rythmes. La magie de Hoare est de faire passer des chansons qui pourraient chez d’autres être considérées comme simplement rudimentaires pour des classiques instantanés. Tout a été enregistré dans son home studio, souvent spontanément, et c’est cette impression de proximité avec l’auditeur alliée à la chaleur du son et la mélancolie qui s’en dégage qui fait que Double Exposure se classe parmi les meilleurs enregistrements de Hoare à ce jour. Habitant depuis peu le sud de la France, Penny Arcade va beaucoup s’y produire lors d’une tournée qui commencera par une date à Paris le 4 juin prochain. C’est dans ce cadre que nous l’avons rencontré, au Chaton Indépendant rue Amelot à Paris, dans un des fiefs de l’indie parisienne, pour une interview basée sur ces premières années en solo, mais aussi les Beatles et le vieux Rock’n Roll. Continuer la lecture de « Penny Arcade : « J’utilise ce que j’ai sous la main pour mes morceaux » »

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Selectorama : The Loft

The Loft, 2025 / Photo : DR
The Loft, 2025 / Photo : DR

Formé en 1980 et signé sur l’un des meilleurs labels indépendants de l’époque, Creation Records, The Loft avaient tout pour eux. Leur pop, initialement sous influence The Velvet Underground, commençait à gagner en personnalité et en originalité. Les médias et le public commençaient à suivre lorsque le groupe, alors en pleine friction, s’est séparé sur scène, au milieu d’un concert, alors qu’il n’avait sorti qu’un single et un EP. Il n’en fallait pas plus pour que The Loft devienne un groupe culte. Continuer la lecture de « Selectorama : The Loft »

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Selectorama : Rachel Love

Rachel Love / Photo : DR
Rachel Love / Photo : DR

Rachel « Love » Bor avait bien caché son jeu. On connaissait évidemment ses qualités de guitariste, de violoncelliste et bien sûr de chanteuse au sein de Dolly Mixture, groupe de filles solaires qui en pleine ère du punk avait préfiguré la vague indie pop qui allait suivre. Rachel, Hester et Debsey avaient à leur insu fait œuvre de pionnières. A la fin du groupe, en 1984, les fans avaient heureusement pu se consoler avec les disques solos de Debsey Wykes et son groupe Birdie. Mais nous n’avions pu découvrir que très tardivement les talents de compositrice de Rachel, dont le premier disque Picture in Mind n’avait vu le jour qu’en 2021, soit presque 40 ans après la fin officielle de Dolly Mixture ! C’est à cette occasion que Section 26 a eu le privilège d’interviewer Rachel qui avait un peu éclairci le mystère de sa disparition et de sa réapparition. Continuer la lecture de « Selectorama : Rachel Love »

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Memorials, All Clouds Bring Not Rain (Fire Records)

Memorials All Clouds Bring Not RainÇa y est, yeah, ça me refait le coup, l’obsession. Le morceau qui ne me lâche plus. Que je suis obligé d’écouter plusieurs fois par jour tant je l’aime, tant je l’adore, tant il me porte, tant il m’obsède. Et il porte assez mal son nom : Mediocre Demon. Car médiocre,  il ne l’est aucunement. Quant à mon addiction, ma totale soumission à cette chanson, démoniaque, elle l’est sûrement. Première plage de la face B du nouvel album de Memorials, ce groupe libre et fantasque constitué d’une plus ou moins jeune noblesse d’une Angleterre qui en a vu d’autres, certes, mais qui mérite toujours ses galons en termes de résistance. Et à la médiocrité en premier lieu. Enfin là, oui, c’est patent.

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The Williams, I’m Nothing Special To You (1988)

Longtemps je n’ai connu qu’une seule chanson de The Williams et je n’ai pas cherché à en découvrir d’autres. I’m Nothing Special to You m’avait semblé se suffire à elle-même, tout comme un météore n’a nul besoin d’être accompagné pour illuminer le ciel. Je ne savais rien de ces Anglais et n’avais rien voulu en savoir. J’aurais pu m’enquérir de leur discographie, de leur ville d’origine, de l’identité de chaque musicien, mais j’avais délibérément choisi de laisser ce groupe demeurer pour moi une énigme. C’est certainement la nature même de I’m Nothing Special to You qui m’avait poussé à renoncer à en savoir plus, comme si je voulais maintenir ce morceau dans son halo de mystère. Continuer la lecture de « The Williams, I’m Nothing Special To You (1988) »

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Ulrika Spacek : « Il est assez évident qu’on ne peut pas refaire le même album qu’en 2016. »

Ulrika Spacek / Photo : Anya Broido
Ulrika Spacek / Photo : Anya Broido

C’est dans un hôtel de la Gare du Nord que l’on avait rendez-vous. Un lieu de carrefour, au débarquement de l’Eurostar et du RER de Roissy pour le groupe divisé entre Londres et Stockholm où réside désormais le frontman Rhys Edwards. Il y a deux semaines paraissait EXPO, le quatrième album de ceux que l’on suit avec tant d’attention depuis dix ans déjà. Un disque qu’ils décrivent comme plus froid, possédé par des forces plus obscures, mais qui par tous ses sillons suinte le nom d’Ulrika Spacek : « C’est un moment agréable dans la vie d’un groupe quand on réalise qu’on a créé un son qui nous est propre ». Malgré l’absence du batteur Callum Brown et du guitariste Rhys Jenkins, les trois musiciens (Rhys Edwards, Joseph Stone et Syd Kemp) se sont attardés, dans un vrai échange, sur leur processus créatif, leur besoin viscéral d’autonomie et leurs dilemmes éthiques face à une industrie musicale avec laquelle ils doivent malheureusement composer quand ils ne souhaitent finalement qu’une chose : atteindre leur public. 

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Selectorama : Heavenly

Heavenly / Photo : Alison Wonderland
Heavenly / Photo : Alison Wonderland

S’il n’y a nul besoin de justifier le fait de porter un vieux cardigan chéri, il est parfois délicat de s’enthousiasmer publiquement pour des groupes qui nous accompagnent depuis plus de trente ans, au risque de passer pour une vieille baderne. Et pourtant les raisons qui faisaient qu’on écoutait Heavenly plutôt que Gala en 1996* sont plus valables que jamais. Le regard bienveillant mais la langue (et les guitares) acérées de Heavenly offre toujours la même respiration, le même sentiment d’appartenance à une minorité qui privilégiera éternellement les pubs et les médiathèques aux salles de crossfit (bonus si vous ne voyez même pas ce que c’est). Highway To Heavenly, le nouvel album du groupe, n’est donc pas une autoroute vers un paradis perdu nostalgique, mais un sentier alternatif qui contient la promesse de cieux plus radieux, même si pour l’instant, il pleut.

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