D’abord, il y a Juniper Shelley. Au premier plan. Elle est âgée d’une quinzaine d’années à peine. » Elle chante depuis aussi longtemps qu’elle – ou que quelqu’un d’autre – s’en souvienne « lit-on dans une biographie forcément brève. Cela laisse déjà entendre que sa précocité a eu des témoins et qu’ils ont été attentifs : c’est très important. Mais on y reviendra. Juniper a publié il y a quelques mois un premier album, celui d’une jeune fille de quinze ans, bien élevée, mais pas trop. Elle y interprète –et y compose même quelques fois – des chansons à la fois de son âge et d’un autre, plus ancien : des fragments d’adolescence poisseux comme du bubblegum, des chroniques méditatives sur les garçons, la vie de collège et la musique, où la candeur des sentiments, exprimés avec une sincérité qui ne se targue jamais d’être pure, n’exclut pas des traits de génie d’une implacable lucidité – Kids On My Corner, portrait drôle, à la fois impitoyable et attendrissant, des groupes qui trainent dans les garages des environs. Continuer la lecture de « Juniper, Juniper (Fabcom ! Records) »
Catégories transmission
TRANSMISSION #45 : Spéciale Flying Nun
Spéciale Flying Nun
Émission du 4 octobre 2020
Présentée par Thomas Schwoerer, avec Matthieu Grunfeld et Fred Paquet du Pop Culture Shop.
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Catégories portrait
Ce Syd-là est une bande de jeunes à lui tout seul
Working Men’s Club, un premier album signé chez Heavenly Recordings

“Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous.” Mea culpa, j’avais raté celui avec Working’s Men Club en novembre 2019 au Supersonic, cette salle parisienne de concerts souvent gratuits, idéale pour juger de la qualité d’un groupe au-delà de ses premiers enregistrements. Pourquoi aurais-je dû alors déjà m’intéresser à Working Men’s Club ? Parce que le single inaugural Bad Blood était sorti début 2019 sur Melodic, label de Manchester souvent bien inspiré depuis 1999 (Lucky Pierre, moitié d’Arab Strap, The Isles, The Longcut, plus récemment W.H. Lung) ? Parce que le disque suivant, Teeth, en faisait la nouvelle signature de Heavenly ? Parce qu’au gré des informations, le groupe était présenté comme originaire de Manchester ou bien de Sheffield, ce qui reste de bon aloi ? Continuer la lecture de « Ce Syd-là est une bande de jeunes à lui tout seul »
Catégories mixtape
Le club du samedi soir #18 : Swedish Summer Nostalgia

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Catégories billet d’humeur
La Chemise
Au sujet de la sortie du coffret Deluxe de « Power, Corruption & Lies » de New Order

Il y a environ 25 ans, je collaborais à un fanzine top délire dont l’intitulé Panzerfaust has Sex W/ Bobby Briggs laissait entendre qu’on en avait suffisamment rien à foutre – et pourtant, la vie nous prouverait le contraire – pour tout se permettre.
Douce ironie des post slackers associés à la malévolence des riot grrrls, nous étions d’une idiotie rare et encore juvénile malgré nos quarts de siècle. Je me souviens que j’avais fait un petit mot d’humeur sur le coffret des Pet Sounds Sessions des Beach Boys qui sortait à l’époque (Pfiou, time flies, comme ils disent au pub) où j’ironisais fièrement sur le comportement parfaitement rétrograde qui allait devenir le moi d’après. Continuer la lecture de « La Chemise »
Catégories affichage libre
Le festival de l’automne
Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

C’est une intensité rare qui sort de cette moustache noire de jais frémissante. Lee Hazlewood convoque, mieux qu’un autre, le sentiment d’automne. Grande et hautaine saison pour la pop musique. Peut-être, Fred Neil arrive, le temps d’un This Water Is Wide a retranscrire cette même grâce. Mais pour quelques happy few, cette chanson – My Autumn’s Done Come – relève de la liturgie. Ritournelle qui rend l’empreinte parfaite d’une saison et qui se reformule, comme un sublime aveu, chez les autres – Alpha, Tindersticks, Jarvis Cocker ou encore Richard Hawley. L’automne, c’est le temps de ce qui est réversible, de ce qui se répète mais de manière insaisissable. Continuer la lecture de « Le festival de l’automne »
Catégories cover
Joel Jerome reprend « MTV Makes Me Want To Smoke Crack de Beck

Cette semaine, c’est la tuile. Pas de reprise inédite à proposer. Mais puisqu’on vient d’apprendre que l’excellent Joel Jerome édite pour la première fois en vinyle When Beck Was Cool Vol. 1, sa compilation de reprises d’un autre Californien, on s’est dit que l’occasion était parfaite pour rappeler l’existence de l’une des meilleures blagues pop des dernières années. Voici donc le fameux hommage, irrévérencieux et potache, d’un fan à son idole partie trop tôt, dans des circonstances qui, vingt ans plus tard, paraissent toujours aussi nébuleuses.
RIP Beck.
PS : On apprend qu’un second volume de reprises est en préparation.
Catégories selectorama
Selectorama : Chiens de Faïence

Fail & Foil, second album du trio de Nanterre Chiens de Faïence sorti il y a quelques semaines à peine via trois labels (Howlin’Banana Records, Hellzapoppin Records et Safe In the Rain Records) vous avait été proposé en écoute en avant-première ici. Pour prolonger le plaisir de leur pop DIY et lo-fi, nous leur avons demandé quelques références dans cet univers bien moins tendre qu’il n’y paraît. Boris, Harmonie et Malo sont allés chercher dans leurs bacs à disques / disques durs respectifs quelques pierres fondatrices, dont Jean-Luc Le Ténia, Electrelane ou Yo La Tengo, et un petit tour du côté de la Nouvelle-Zélande avec The Great Unwashed chez Flying Nun Records. Continuer la lecture de « Selectorama : Chiens de Faïence »