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Corte Real, Pays Vaincus (La Souterraine)

Corte RealIl est toujours facile de moquer les tops et autres listes de préférences qui fleurissent chaque fin d’année, quand on est toujours sûrs de ses goûts bien arrêtés, que rien, ni personne, ne pourra jamais bousculer. C’est un peu l’inverse chez moi, la musique restant pour toujours ce matériau bien mystérieux, comme des sables mouvants sur lesquels j’avance continûment et imprudemment, au risque d’être aspiré ici ou là, sans crier gare… Mon cœur d’artichaut, baigné de ce spleen de fin d’année, n’attendait que ça : être englouti, à quelques heures du minuit fatal, par le très beau disque de Corto Real, repéré, entre autres, dans le top de Baptiste W. Hamon pour les amis de Pop News, Pays vaincus. Continuer « Corte Real, Pays Vaincus (La Souterraine) »

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Transmission#30 — Spéciale Madchester

Spéciale Madchester.

Emission du 05 janvier 2020
Présentée par Thomas Schwoerer, avec Matthieu Grunfeld et David Jégou.

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Dino par Nick Tosches

Dean Martin par Nick Tosches
Dean Martin

En 1992, feu Nick Toshes – qui nous a quittés il y a deux mois – publiait Dino, biographie délectable de l’indispensable Dean Martin, Saint-Empereur des cabotins, roi des crooners et véritable « consul du cool », pour reprendre l’expression parfaite de Tosches. Pourquoi faut-il lire ce bouquin ? Tout d’abord parce que Nick Tosches a proposé ici bien plus qu’une simple narration objective et factuelle de la vie d’un homme au destin hors norme. La grande qualité de son livre, c’est qu’il emprunte autant au journalisme d’investigation qu’à l’essai et qu’il n’hésite pas à mêler parfois le réel à l’imaginaire, rejoignant le domaine de l’authentique littérature. Par son talent de storyteller, Tosches nous embarque dès les premières pages dans un récit haletant dont l’atmosphère, les protagonistes et les anecdotes en rafales plongent le lecteur dans une ambiance digne d’un excellent film de Scorsese. Du début à la fin, on se régale à suivre l’ascension de Dino, depuis les tripots mal famés de Steubenville sa ville natale au airs d’un Chicago miniature où, encore adolescent, il officiait comme croupier , jusqu’aux casinos de Las Vegas et aux plateaux de cinéma hollywoodiens. On jubile à remonter aux sources du destin exceptionnel de ce fils de coiffeur italien qui, en quelques années et sans effort, deviendra une icône vivante de la culture américaine. Continuer « Dino par Nick Tosches »

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Pritchard & Lo, Rendez-Vous Streets (Water Music Records)

Pritchard & LoLe plus étonnant, c’est que ce ne soit pas arrivé avant… Je ne sais vraiment pas comment cela est possible. Comment peut-il se faire que ces deux hommes ne se soient pas retrouvés plus tôt dans le même studio ? Cela pourrait presque relever d’un vaudeville des années 1970 – on imagine bien les scènes, insistant sur le comique de répétition : l’un quitte la pièce au moment même où l’autre fait son entrée. Je crois que nous sommes à peu près tous d’accord : il n’est pas besoin à ce moment de l’histoire de rappeler qui sont Frédéric Lo – le Français – et Bill Pritchard – l’Anglais –, dont les parcours artistiques ressemblent à tout sauf à de longs fleuves tranquilles. Il n’en est pas besoin, certes, mais quand même. Continuer « Pritchard & Lo, Rendez-Vous Streets (Water Music Records) »

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NO ENCORE ! Musicians reveal their weirdest, wildest, most embarassing gigs, Drew Fortune (Post Hill Press)

No Encore! Drew FortuneL’autobiographie musicale est un genre particulier, puisque de part sa nature même, il ne constitue pas le premier choix artistique de son auteur, d’où une qualité souvent très inégale. En bas de l’échelle se trouvent les mémoires publiées pour des raisons financières (aucun artiste au sommet de sa gloire ne prendrait le temps de publier un livre), ou pour faire partager au monde la découverte de la sobriété / Dieu ou « la spiritualité »/ la famille. Heureusement, la motivation peut aussi être artistique, comme pour Patti Smith (Just Kids) ou Bob Dylan (The Chronicles), et dans une moindre mesure Ray Davies des Kinks (X-Ray, The Unauthorized Biography), qui en profitèrent pour (se) prouver qu’ils étaient plus que des songwriters de talent. Continuer « NO ENCORE ! Musicians reveal their weirdest, wildest, most embarassing gigs, Drew Fortune (Post Hill Press) »

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Décima Víctima, le crime était parfait

Décima Víctima
Décima Víctima

2019, c’est pour moi une année à placer sous le signe de l’Espagne. Parce que Madrid dans la chaleur étouffante du mois de juillet (“neuf mois d’hiver, trois mois d’enfer”, insiste le dicton), ses musées, son Retiro, le quartier de Malasaña, les verres de Rioja, The Cure à presque minuit ; parce que les retrouvailles avec Joan qui, depuis la dernière fois que l’on s’est vu en chair et en os (plus d’une décennie, je crois), est devenu un personnage clé de la scène indé de là-bas et d’ailleurs aussi ; parce que quelques jours plus tard, l’exposition sur La Movida aux Rencontres photographiques d’Arles, ce mouvement qui pour moi est sans doute mon mouvement punk, celui que j’ai en tout cas vécu au plus près – même en habitant un peu loin. Continuer « Décima Víctima, le crime était parfait »

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Tribute à Vaughan Oliver

Vaughan Oliver
Vaughan Oliver / Photo : Luca Giorietto via le site 4AD

Il ne l’a jamais su, il ne le saura jamais mais cet homme-là a changé ma vie. Car cet homme-là était l’une des raisons pour laquelle une dizaine de jeunes gens se sont retrouvés un samedi du mois d’avril 1991 dans un appartement de la rue Boyer-Barret, Paris XIVe, avec pour objectif de pérenniser un fanzine qui avait sorti son numéro 0 quelques semaines plus tôt. Bien évidemment, pour faire le malin et parce que j’étais un peu con, j’avais vite signifié que je préférais la sobriété de Factory à l’exubérance de 4AD – bon, ce n’était pas tout à fait faux mais quand même un peu risible de la part d’un garçon qui chérissait la pochette d’After The Snow de Modern English. Par chance, ni Serge, ni Éric, ni Philippe, ni Jean-Fabien ne m’en ont tenu rigueur… Surtout ce dernier d’ailleurs, qui était l’un des principaux artisans d’une exposition dédiée aux œuvres de 23 Envelope (ou V23), l’agence graphique de Vaughan Oliver, à Nantes, en février 1990. Continuer « Tribute à Vaughan Oliver »